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Cancer du sein, reconstruire sa féminité

Cancer du sein, reconstruire sa féminité


  • Publié le mardi 9 juin 2009

La chirurgie plastique a fait beaucoup de progrès pour restaurer la silhouette après une mastectomie. Mais le travail de reconstruction est aussi un combat personnel de réappropriation.

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Toutes les femmes ayant subi une ablation du sein peuvent a priori bénéficier d’une reconstruction mammaire. Elle peut être faite immédiatement après l’opération ou en différé. Dans ce dernier cas, il est même possible d’intervenir plusieurs années après.

Une intervention prise en charge par la Sécurité sociale

Quelle que soit la technique, l’intervention est prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale, au tarif conventionné, les mutuelles pouvant compléter en cas de dépassement d’honoraires.

Les techniques chirurgicales de reconstruction continuent de se perfectionner, pour des résultats de plus en plus naturels, durables dans le temps et laissant le moins de séquelles possible.

Toutes les femmes ayant subi une ablation du sein peuvent a priori bénéficier d’une reconstruction mammaire. Elle peut être faite immédiatement après l’opération ou en différé. Dans ce dernier cas, il est même possible d’intervenir plusieurs années après.

Une intervention prise en charge par la Sécurité sociale

Quelle que soit la technique, l’intervention est prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale, au tarif conventionné, les mutuelles pouvant compléter en cas de dépassement d’honoraires.

Les techniques chirurgicales de reconstruction continuent de se perfectionner, pour des résultats de plus en plus naturels, durables dans le temps et laissant le moins de séquelles possible.

Des opérations lourdes

Pourtant, il s’agit d’opérations lourdes, qui nécessitent en moyenne au minimum deux interventions sous anesthésie générale, entre lesquelles s’écoulent plusieurs mois : une première pour reconstruire un volume, une deuxième pour lui donner une forme la plus proche possible de l’autre sein. Parfois, une intervention sur le sein préservé est nécessaire pour harmoniser l’ensemble.

Enfin, la dernière étape se fait sous anesthésie locale afin de recréer l’aréole et le mamelon. Au total, il faut compter dix-huit à vingt-quatre mois avant d’obtenir un résultat définitif.

Trois types de techniques

Schématiquement, il existe trois types de techniques. La première, la plus simple et qui laisse le moins de séquelles, consiste à placer une prothèse en silicone sous le muscle pectoral. Cette intervention est également celle le plus couramment proposée.

Les deux autres se servent soit d’un muscle du dos (le grand dorsal), soit d’un muscle et de la peau ou de la graisse du ventre pour redonner le volume manquant. Ces deux techniques, plus lourdes, impliquent aussi une deuxième cicatrice au niveau du dos ou du ventre, là où a eu lieu le prélèvement. Mais elles donnent dans l’ensemble un résultat moins "figé" et moins sphérique que celui de la prothèse, mais aussi plus naturel et qui résiste mieux au temps.

Prendre le temps de se renseigner

La reconstruction mammaire est une démarche très personnelle. Certaines femmes y adhèrent d’emblée, d’autres ont besoin de plus de temps de réflexion ou préfèrent s’en passer. Il est conseillé de prendre au moins deux avis chirurgicaux pour être sûre de la technique choisie et du résultat à en attendre.

Rencontrer une femme qui a subi elle-même l’intervention peut être aussi très utile. Les généralistes et les gynécologues ne sont pas toujours au fait des dernières avancées chirurgicales, ce qui peut biaiser l’opinion des femmes.

"Prendre le temps de me renseigner auprès de spécialistes compétents m’a permis de mieux comprendre ce qui était faisable. Pour l’instant, la lourdeur de l’intervention m’effraie encore, je préfère attendre", note Françoise.

"Dans ma tête, on m’enlevait un sein mais on me le refaisait ensuite à l’identique. En discutant avec les chirurgiens, j’ai fini par réaliser que la reconstruction ne fait que restituer une forme. On ne me rendra jamais le sein vivant d’avant. Mais pour moi, il était inconcevable de vivre avec une silhouette amputée, alors je me suis lancée. Aujourd’hui, c’est un immense soulagement", commente Jocelyne.

Laisser agir le temps

La reconstruction n’est pourtant pas la baguette magique qui va restaurer à coup sûr sa féminité. "Ce sein reconstruit n’a pas de sensibilité, pas de vécu, et le sentiment de défiguration existe, même si l’intervention peut se faire immédiatement après l’ablation. Mais ce faux sein peut prendre vie à son tour si la femme a réussi à faire le deuil du sein perdu", constate Élise Ricadat, psychologue, co-auteur de "Après le cancer du sein, un féminin à reconstruire" aux éditions Albin Michel avec Lydia Taïeb.

Cette dernière, elle-même victime d’un cancer du sein, témoigne : "Ce sein tout neuf, je me le suis peu à peu approprié grâce au toucher, au massage, aux soins de kinésithérapie qui ont été nécessaires après l’intervention. Comme la peau, il faut que le psychisme cicatrise peu à peu de sa blessure. Aujourd’hui, ce sein réparé n’évoque plus la maladie. Il s’inscrit plutôt dans la continuité de ma vie de femme, constituée de joie et de moments plus difficiles."

Pour certaines, le deuil est laborieux et un soutien psychologique peut s’avérer nécessaire. Mais psychologues et médecins sont unanimes : dans la reconstruction de soi, le temps joue en faveur de la femme.

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