Asthme et allergies : le traitement d’abord !
Asthme et allergies : le traitement d’abord !
Un patient sur deux n’observe pas son traitement et ne soigne que les symptômes d’urgence. Erreur : les traitements de fond et de crise vont de pair !
Le traitement de fond délaissé
Au bout de six mois, toutes maladies chroniques confondues (allergies, diabète, hypertension…), la moitié des patients ont cessé de prendre scrupuleusement leurs médicaments et de suivre les recommandations d’hygiène de vie associées. Trop souvent, ils se contentent des médicaments à prendre en urgence - lorsque l’allergie s’aggrave, lorsque l’asthme décompense -, et ils négligent le "traitement de fond".
Sont regroupés sous ce terme tous les médicaments qu’il convient de prendre régulièrement pour que l’organisme soit moins réactif aux facteurs déclenchants des crises. En l’occurrence, pour l’asthme, les antileucotriènes et les corticoïdes inhalés ; pour les allergies, la désensibilisation (processus consistant à rendre l’organisme tolérant vis-à-vis des allergies).
La lassitude, voilà l’ennemi !
"Observer" son traitement, c’est le suivre à la lettre. "Si l’information est fondamentale, elle n’est pas suffisante ! Et l’on rencontre, y compris dans les catégories sociales les plus favorisées, des comportements de santé aberrants…", remarque le Dr François Saint-Martin, allergologue et formateur en éducation thérapeutique (projet Convergence). Pourquoi ?
Demandez-vous d’abord si, pour une angine ou une otite, vous respectez scrupuleusement la prescription. N’avez-vous pas tendance à oublier vos comprimés dès que vous vous sentez mieux ? Si on néglige déjà un traitement court, qu’en sera-t-il du suivi d’une pathologie chronique ? Même si la motivation était présente au départ, la lassitude finit par s’installer, d’autant que les bénéfices du traitement sont difficilement perceptibles.
Des bénéfices peu mesurables
"Un asthmatique constate immédiatement l’effet de la Ventoline ® qui stoppe miraculeusement une crise débutante, précise le Pr Pascal Demoly, pneumologue et allergologue, mais il a du mal à mesurer la diminution du nombre et de la sévérité des crises lorsqu’il prend bien son traitement de fond."
En France, la prévention est une idée neuve. On va chez le médecin pour faire taire au plus vite des symptômes gênants, pas pour "rester en bonne santé". S’y ajoutent d’autres raisons : peur des effets secondaires réels ou imaginaires, vacances, méconnaissance de la gravité de la maladie, déni…
Et puis le malade traverse des périodes critiques. De nombreux enfants se mettent à prendre leurs médicaments de façon désordonnée à l’adolescence. En France, un ado décède d’une crise d’asthme toutes les deux semaines.
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