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Anesthésie générale : faut-il en avoir peur ?

Anesthésie générale : faut-il en avoir peur ?


  • Actualisé le jeudi 23 novembre 2006

L'anesthésie générale n'est jamais vécue comme un acte anodin. En parler
avec l'anesthésiste, c'est arriver plus serein à l'opération.

Les craintes sont partagées : 64 % des femmes et 41 % des hommes avouent avoir peur de l'anesthésie. La peur la plus fréquente est celle de ne jamais se réveiller. Notre corps est inerte, notre conscience partie on ne sait où…

Le rôle de l'anesthésiste

Celui qui pilote le voyage, c'est l'anesthésiste, nos fonctions vitales sont entre ses mains. Jean a subi une banale opération de la prostate : "Pour moi, la personne la plus importante était l'anesthésiste, car je l'avais déjà vu lors de l'entretien préopératoire. Comme il m'avait posé plein de questions et expliqué le déroulement de l'opération, j'avais l'impression de le connaître. Ça me rassurait de penser qu'il était là en permanence."

Évaluer les risques

L'entretien aide le praticien à évaluer les risques. Il permet aussi au patient de s'informer, de poser des questions et d'accepter l'opération. Ceux qui sont émotifs se verront proposer de prendre un calmant pour aborder plus sereinement l'endormissement.

L'anesthésie générale a trois fonctions : endormir avec un narcotique, supprimer la douleur avec un morphinique et, éventuellement, paralyser les muscles avec un curare. Les risques graves (1 sur 100 000) comme les allergies, les problèmes cardiaques ou respiratoires font l'objet d'une attention constante durant l'opération. Le dispositif des appareils peut être impressionnant. Le Dr Jean-Jacques Charbonnier, anesthésiste réanimateur à Toulouse, rassure : "La rapidité d'action de certaines drogues a permis de généraliser l'usage des anesthésies dites “flash”, avec des réveils parfaits. On peut faire aussi des anesthésies générales prolongées de plusieurs semaines ou plusieurs mois, sans effets négatifs. C'est le cas dans certaines réanimations, où le patient doit être maintenu en coma artificiel pour supprimer la douleur et permettre un traitement long qui serait mal supporté chez un sujet conscient."

Un accompagnement de tous les instants

Après l'intervention, la surveillance ne s'arrête pas, car le réveil est un moment délicat. L'équipe contrôle la tension artérielle, l'oxygénation du sang, le rythme respiratoire et l'état neurologique. Jean raconte : "Au début, j'entendais plein de bruit, comme dans un aéroport. Puis une voix d'homme, proche et insistante, m'a demandé de me réveiller. J'ai eu la sensation d'une lumière crue, c'est à ce moment-là que je me suis dit que j'étais réveillé." Julie n'a pas vécu la même expérience : "Une fois réveillée, j'ai eu un moment de panique et… une crise de fou rire parce que le monsieur à côté de moi se battait avec son patron dans son sommeil. Puis il a pleuré. Moi aussi, j'ai senti que je pouvais passer du rire aux larmes."

Les effets après le réveil

Après la reprise de conscience, une autre question surgit : "Vais-je avoir mal ?" Aujourd'hui la douleur est prise en charge, car on sait qu'elle retarde le processus de guérison et limite la coopération aux soins de suite. Tout un arsenal antidouleur est à la disposition des praticiens : sédatif en comprimé ou en injection, pompe individuelle ou péridurale. Les douleurs les plus fréquentes liées à l'anesthésie sont les maux de tête et de gorge (quand il y a eu intubation). Elles peuvent s'accompagner de nausées, de sensations de froid, de vertiges et d'une fatigue générale qui peut durer plusieurs semaines. Les anesthésies ou paralysies prolongées sont rares. Les anesthésiants, proches des drogues, font craindre de délirer ou de perdre une partie des facultés mentales.

Les risques existent, mais ils sont souvent de courte durée. Les états de confusion concernent davantage les personnes âgées. Les amnésies sont variables d'une personne à l'autre. Jean-François sait qu'il a été conscient en salle de réveil, mais il n'en a aucun souvenir : "Je me suis réveillé dans mon lit, seul. Je ne me rappelle pas non plus mon entrée au bloc opératoire. C'est comme s'il ne s'était rien passé, sauf une douleur aux mâchoires opérées."

Vos réactions (2)

  • mardi 22 janvier 2008 / azerty

    les anesthésistes devraient davantage informer les patients sur la possibilité d'un réveil pénible : angoisses, confusion... Une fois préparé je suis sûre que les effets sont moindres.
  • samedi 28 juin 2008 /

    vous avez raison car je suis un etudient en anesthesie en tunisie et j'ai tant veçu ce sentiment chez les patients dans les services post operatoire

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