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Allergies : faut-il désensibiliser ?


  • Actualisé le lundi 9 juin 2008

Sommaire de l'article : page 2 / 5

Un résultat parfois spectaculaire

"Une fois l'agresseur démasqué, le premier traitement, lorsque cela est possible, consiste à l'éliminer de l'environnement, dit le Pr André-Bernard Tonnel, qui dirige le service de pneumologie et immunoallergologie de l'hôpital Calmette, à Lille. Le résultat est parfois spectaculaire. Si les médicaments antihistaminiques sont efficaces pris quelques jours par an, on ne va pas se lancer dans une longue désensibilisation. Mais si vous êtes allergique à un allergène que vous ne pouvez pas éviter et que vos troubles demeurent très handicapants malgré tous les traitements, la désensibilisation peut offrir une échappatoire."

La désensibilisation vise à corriger la réaction immunitaire provoquée par le contact avec certaines substances (les allergènes). C'est pourquoi les médecins parlent d'immunothérapie spécifique : on inocule au patient des doses croissantes de l'élément auquel il est allergique, de façon que son corps s'y habitue et modère ses réactions.

Identifier les substances responsables

Avant de planifier une désensibilisation, il faut d'abord avoir

vérifié que les symptômes proviennent bien d'une allergie, et être parvenu à identifier les substances responsables, à l'aide de tests cutanés.

Un résultat parfois spectaculaire

"Une fois l'agresseur démasqué, le premier traitement, lorsque cela est possible, consiste à l'éliminer de l'environnement, dit le Pr André-Bernard Tonnel, qui dirige le service de pneumologie et immunoallergologie de l'hôpital Calmette, à Lille. Le résultat est parfois spectaculaire. Si les médicaments antihistaminiques sont efficaces pris quelques jours par an, on ne va pas se lancer dans une longue désensibilisation. Mais si vous êtes allergique à un allergène que vous ne pouvez pas éviter et que vos troubles demeurent très handicapants malgré tous les traitements, la désensibilisation peut offrir une échappatoire."

Trois à cinq ans de piqûres

À condition que vous soyez prêt à vous embarquer pour trois à cinq ans de piqûres, à raison d'une par semaine pendant trois mois environ, puis une tous les quinze jours durant un ou deux mois, avant de passer à une par mois. On commence par des quantités minimes de "poison", qu'on augmente très progressivement.

Des contre-indications

Pour écarter tout danger, le traitement n'est pas utilisé contre un asthme sévère ou une allergie alimentaire. Enfin, il faut que seuls un ou deux allergènes soient en cause. En cas d'allergie à cinq ou six substances, pas question de vous transformer en passoire, ce qui, de plus, ne serait pas efficace !

Une méthode qui réussit deux fois sur trois

L'immunothérapie spécifique se pratique dès l'âge de 3 à 5 ans. Elle réussit mieux, d'ailleurs, chez l'enfant et l'adulte jeune. Un tiers des patients ne s'en trouvent guère améliorés, mais les autres notent un net soulagement de leurs symptômes et peuvent diminuer les doses de médicaments.

Le bénéfice persiste une fois le traitement achevé, comme l'a démontré une étude récente. D'autres travaux suggèrent même que la technique prévient l'apparition de nouvelles allergies. Ceux qui souffrent de rhinite auraient moins tendance à développer un asthme, et après avoir été désensibilisé pour les acariens on courrait moins de risques de devenir sensible aux pollens.


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