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Maternités : des accouchements sur mesure
- Publié le mercredi 30 avril 2008
Des techniques pour accompagner le travail
Pendant l’avancement du travail, et pour mieux gérer les contractions, on propose fréquemment aux futures mères de bouger, de prendre un bain pour soulager la douleur, de s’asseoir sur de gros ballons pour favoriser la dilatation du col, de s’étirer à l’aide de liens accrochés au plafond. Des sages-femmes utilisent l’acupuncture, les massages, voire l’hypnose. Elles peuvent aider les patientes, même sous péridurale, à trouver des postures permettant d’améliorer le travail : sur le côté, étirée, accroupie, etc.
La rupture artificielle de la poche des eaux peut être préconisée par la sage-femme pour accélérer un travail qui évolue peu. En cas de déroulement normal, ce geste est déconseillé par l’OMS, car il comporte des risques pour le fœtus qui n’est alors plus protégé.
Quand le déclenchement est décidé pour raisons médicales, la patiente ne peut s’y opposer. Elle peut aussi obtenir un "déclenchement de convenance" quand se posent des problèmes d’organisation personnelle, mais cela multiplie les consultations de fin de grossesse. En revanche, elle peut le refuser s’il est demandé par le service.
Enfin, la césarienne (18 % des accouchements), planifiée ou en urgence, est toujours pratiquée par nécessité médicale. La césarienne « pour convenance personnelle » (peur de la douleur…) peut être refusée par le médecin qui exerce sa clause de conscience. En cas d’acceptation, elle sera obligatoirement discutée - les risques ne sont pas nuls : hémorragies, embolies, diminution de la fertilité…
Des postures plus "spontanées"
Auparavant, la femme accouchait toujours dans la position dite "gynécologique", sur le dos, semi-assise. Il existe actuellement un mouvement important en faveur de postures d’accouchement plus spontanées, verticales (accroupie, assise, à quatre pattes) ou horizontales, c’est-à-dire sur le côté.
Elles respectent la physiologie, accélèrent le travail, permettent de mieux gérer la douleur, et donnent d’excellents résultats en termes d’efficacité de la poussée, de diminution des risques de déchirure, et de sécurité. Ainsi, plus de 300 maternités, publiques et privées, ont suivi la formation du Dr de Gasquet et peuvent proposer un accouchement dans n’importe quelle position, même avec une péridurale. Les accouchements dans l’eau restent anecdotiques.
"L’obstétrique occidentale, en position gynécologique, genoux écartés, et avec poussée bloquée, va à l’encontre de la physiologie et des mouvements accomplis spontanément", affirme le Dr Bernadette de Gasquet. Après avoir eu trois enfants, j’ai décidé de faire des études de médecine, et j’ai développé une méthode qui s’intéresse à la posture et à la respiration.
"Il ne s’agit pas d’une série de recettes mais d’une approche globale. Je préconise ainsi de bouger, de s’étirer, de profiter de la gravité, de libérer la pression sur le périnée ; et, pour l’expulsion, de ne pas pousser ses organes vers le bas, d’être en extension, sur le côté, ou à quatre pattes. Cette approche concilie la médecine, la biomécanique, la sécurité, et le respect de la position la plus spontanée. Elle n’est pas réservée à celles qui souhaitent un accouchement naturel : elle s’applique même sous péridurale, avec monitoring et perfusion. J’ai formé des centaines de sages-femmes libérales et des équipes dans la moitié des maternités de France."
