Santé/PsychoGrossesse

Des progrès dans la lutte contre l'infertilité


  • Publié le vendredi 8 février 2008

Sommaire de l'article : page 7 / 11

Vers moins de naissances mutiples

Autre élément facilitant, une meilleure sélection des embryons à réimplanter permet de réduire le nombre d’embryons transférés. On cultive les embryons jusqu’au stade du blastocyste (5 à 6 jours de vie), ce qui permet de reconnaître les embryons les plus viables.

Cette technique, largement utilisée aujourd’hui, évite les naissances multiples, qui présentent un risque pour la mère comme pour les enfants. Le déroulement de ces grossesses « de haut rang » est souvent délicat, avec un risque important de prématurité.

En juillet 1978, la naissance du premier bébé-éprouvette sonnait comme un coup de tonnerre dans les médias. L’arrivée de Louise Brown, une petite Anglaise, marquait le véritable départ de la procréation médicalement assistée (PMA).

Trente ans plus tard, sans être devenue banale - c’est toujours une aventure pour les couples qui s’y lancent -, cette technique s’est considérablement développée.

Une avancée significative

Chaque année, en France, quelque 44 000 "fécondations in vitro" sont pratiquées. Ajoutées aux 8 000 transferts d’embryons congelés, elles donnent naissance à environ 10 000 bébés.

Si nombre de scientifiques regrettent que ces techniques ne soient pas plus "efficaces", les progrès accomplis ces dix dernières années ont permis à de nombreux couples de réaliser leur projet d’enfant.

L'insémination artificielle a porté ses fruits...

Depuis longtemps l’homme tente d’agir sur la fertilité. L’insémination artificielle, qui consiste à déposer le sperme directement dans les voies génitales de la femme, a été la première méthode à porter des fruits.

... tout comme la FIV

La fécondation in vitro (FIV) - rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde dans un tube de laboratoire - a ensuite représenté un autre pas de géant dans la maîtrise de la procréation.

Initialement destinée aux femmes dont les trompes sont absentes ou obstruées, la méthode s’est ouverte à d’autres indications. Elle a bénéficié aux femmes qui ont des problèmes d’ovulation (absence d’ovulation, cycles irréguliers, insuffisance ovarienne…) et a été étendue aux stérilités sans cause connue.

Désormais, nombre de stérilités féminines, quelle que soit leur origine, peuvent être contournées grâce à la FIV.

Stérilité masculine : des solutions

Restait à résoudre le problème des hommes dont le sperme n’est pas fécondant. Jusqu’au milieu des années 1990, il n’y avait pas d’autre solution que le don de sperme.

Depuis 1992, grâce à l’injection intracytoplasmique (ICSI), ils peuvent espérer eux aussi devenir pères : un spermatozoïde paternel est injecté au centre de l’ovule de la mère pour donner naissance à un embryon, réimplanté dans l’utérus maternel

Des traitements moins lourds...

La PMA a ainsi progressé par petites avancées. "Les FIV sont plus douces et aussi efficaces, constate le Pr François Olivennes, spécialiste de la procréation médicalement assistée. Les traitements sont moins lourds, avec des stimulations hormonales modérées, et seuls quelques ovules sont récupérés. Certains protocoles permettent même de se passer totalement des traitements hormonaux, on pratique la FIV en cycle naturel, en prélevant l’unique ovule produit par la femme."

... à faire chez soi

Les stimulations hormonales s’étant allégées, les femmes peuvent faire leurs injections à domicile. Le suivi de l’ovulation s’est simplifié, car l’échographie permet des contrôles moins rapprochés et plus performants. Le développement de marqueurs sanguins aide à connaître les paramètres de l’ovulation de la patiente et une simple prise de sang indique comment elle réagit à la stimulation.

Vers moins de naissances mutiples

Autre élément facilitant, une meilleure sélection des embryons à réimplanter permet de réduire le nombre d’embryons transférés. On cultive les embryons jusqu’au stade du blastocyste (5 à 6 jours de vie), ce qui permet de reconnaître les embryons les plus viables.

Cette technique, largement utilisée aujourd’hui, évite les naissances multiples, qui présentent un risque pour la mère comme pour les enfants. Le déroulement de ces grossesses « de haut rang » est souvent délicat, avec un risque important de prématurité.

La nidation de l’embryon bientôt élucidée

Et demain ? Les principaux progrès sont à attendre de la "génomique". "Aujourd’hui, on a peu de moyens de savoir si un embryon va nidifier. Ça marche, ça ne marche pas, on ne comprend pas toujours très bien pourquoi, admet le Pr Olivennes. Les puces à ADN, qui permettent de décrypter l’expression de certains gènes, pourront être utilisées aussi bien pour connaître la qualité des ovules et des spermatozoïdes que pour déterminer le potentiel d’implantation d’un embryon ou encore évaluer la capacité de l’endomètre - la muqueuse de l’utérus - à recevoir ces embryons."

L’espoir de la congélation d’ovule

Autant d’informations qui permettront une meilleure préparation des candidates à la PMA, ce qui leur évitera de nourrir de faux espoirs et de subir des fausses couches précoces.

Considérée jadis comme un défi, la congélation d’ovules se développe et présente aussi un espoir.

Expérimentale, cette technique permet à celles qui risquent de devenir stériles du fait d’un traitement anticancéreux de mettre en réserve leurs ovules et de tenter une FIV une fois guéries.

La prise en charge de la PMA

La PMA est ouverte aux couples hétérosexuels formés depuis plus de deux ans, avec une dérogation si la femme a plus de 38 ans. Quatre FIV consécutives sont prises en charge à 100 % par la Sécurité sociale (hors dépassements d’honoraires).

Chaque naissance remet le compteur à zéro. "Promis depuis deux ans par l’Agence de la biomédecine, le “classement” des centres de PMA selon leurs résultats n’est toujours pas disponible. On ne peut donc choisir son centre que par le bouche-à-oreille", regrette le Pr Olivennes.

Les chiffres

  • Un couple sur six consultera un jour pour des problèmes de fertilité.
  • La fertilité diminue drastiquement avec l’âge : une femme sur dix est stérile à 35 ans, une sur trois à 40 ans, et neuf sur dix à 44 ans.
  • 20 % des troubles de la fertilité sont d’origine masculine, 30 % d’origine féminine, 40 % sont liés aux deux membres du couple, et 10 % sont inexpliqués (stérilité idiopathique).
  • Chaque FIV a une chance sur quatre de conduire à une grossesse, mais seulement 18,5 % de chances de mener à une naissance. Les résultats sont très variables selon les centres et l’âge des patientes…

Vos réactions (1)

  • mardi 19 février 2008 / Py

    C'est quand même beau le progres !
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