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Bien se soigner durant la grossesse
Bien se soigner durant la grossesse

Enceinte, la future mère est sujette à de petits maux… et n’est pas à l’abri d’un virus. Quels médicaments prendre quand la santé du futur bébé est en jeu ? Les réponses de nos experts.
Enceinte et responsable de la santé du bébé
Chaque année, autour de 850 000 grossesses sont menées à bien en France (871 000 en 2009, selon l’Insee). Sur ces futures mères, seules 5 % sont touchées par une hypertension artérielle et 6 % par un diabète gestationnel qui demandent un accompagnement médical particulier. Pour les autres, il ne se produit en général rien de bien grave, et il est toujours possible de consulter au moindre doute, pour toute situation de santé inhabituelle. Souvent l’indécision et l’anxiété peuvent envahir la future mère, surtout si c’est la première fois qu’elle est enceinte.
Laure, maman d’un enfant de 2 mois, se souvient : "Au premier trimestre, j’avais peur de le perdre, au deuxième, je craignais qu’il ne soit mal formé, et au dernier, j’étais terrorisée à l’idée d’accoucher prématurément. J’étais en permanence à l’écoute de mes petites douleurs, persuadée qu’elles étaient le signe annonciateur de complications."
Selon Arlette Garih, psychologue, ces émotions sont normales et saines : "Les futures mères que je rencontre ont souvent le sentiment que si la grossesse ne se passe pas bien, c’est leur faute. Elles se sentent responsables de la bonne santé et du bon développement du bébé. Dans une certaine mesure, ces inquiétudes peuvent être bonnes conseillères en évitant les prises de risques inutiles, mais si elles sont trop importantes, la femme enceinte ne doit pas hésiter à demander de l’aide. Toutes les maternités ont aujourd’hui des psychologues."
Les médicaments contre-indiqués pendant la grossesse
Ces craintes sont d’autant plus compréhensibles qu’il est difficile de soigner une femme enceinte. "Les trois quarts des médicaments sont contre-indiqués durant la grossesse", assure le Dr Christelle Charvet, gynécologue obstétricienne et homéopathe à Lyon. Ils traversent le placenta et peuvent entraîner des malformations cardiaques, pulmonaires, cérébrales, et des anomalies des membres chez le futur bébé. Ces risques varient selon le stade de gestation.
"Pendant les trois premiers mois, qui correspondent à la formation de l’embryon, la structure et les organes du corps se mettent en place, explique le Dr Loïc Sentilhes, gynécologue obstétricien au CHU d’Angers. À cette période, le futur bébé est très sensible aux effets des médicaments comme à ceux du tabac ou de l’alcool. Au cours du deuxième et du troisième trimestre, l’impact sur le fœtus est tout autre : peu de risques de malformations, mais une atteinte de sa croissance et une anomalie du fonctionnement de ses organes sont à craindre."C’est pourquoi certaines prescriptions autorisées au cours du deuxième et du troisième trimestre peuvent être contre-indiquées lors du premier. Et certains somnifères ou tranquillisants peuvent gêner le travail lors de l’accouchement. Selon le Dr Christine Damase-Michel, pharmacologue, responsable de l’unité médicament et grossesse au centre de pharmacovigilance du CHU de Toulouse, "la fréquence des malformations à la naissance dues aux médicaments est d’environ 3 %. Sans avis médical, il ne faut en aucun cas avoir recours à l’automédication".
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