Respecter ses parents : une obligation ?

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Respecter ses parents : une obligation ?

Doit-on respecter ses parents par principe ou seulement s'ils l'ont mérité ? Une fois adulte, peut-on couper les ponts avec ses géniteurs ? Face à ses aînés, difficile de ne pas se sentir redevable ou coupable. Pourtant, c'est en les acceptant que l'on s'accepte soi-même.

Des générations d’enfants ont vécu sous le joug de leurs parents, dans la soumission et la continuité : il était impensable de remettre en question l’éducation que l’on avait reçue. Combien de personnes se sont effacées pour "sacrifier" à leurs obligations filiales !

"C’est encore très fréquent, estime Muriel Mazet, psychothérapeute et auteure de "La femme et ses métamorphoses" aux éditions Desclée de Brouwer. De nombreuses femmes dépressives n’osent pas dire non à leurs parents, faisant tout pour se faire aimer d’eux sans réciprocité. Et combien d’hommes reprennent l’entreprise familiale pour ne pas décevoir, deviennent médecin pour que maman soit fière d’eux ou pour réaliser le rêve secret de papa ! Le poids de la tradition est certes devenu moins lourd, mais la culpabilité a pris le relais, nous maintenant dans l’attitude d’un petit enfant soumis à ses parents."

Se sentir redevable

Dans les familles éclatées, si maman est seule alors que papa s’est remarié, ne se sent-on pas obligé d’aller la voir le dimanche ou de l’inviter pour le réveillon ? Et la phrase si souvent entendue : "Ma mère est une sainte", ne dissimule-t-elle pas une bonne part de déni ? Parce que l’on se sent redevable, on ne s’autoriserait jamais à dire du mal d’un parent, même s’il nous a mal aimé.

Le règne de "l’enfant-roi"

D’autant que le regard social n’a pas disparu : nous n’avons pas envie que l’entourage nous juge, pensant que nous abandonnons nos géniteurs et que nous sommes un "mauvais enfant".

Sous le règne de l’individualisme triomphant, l’excès inverse semble cependant de plus en plus fréquent. L’égoïsme relègue les personnes âgées aux marges de la société et fabrique d’éternels "enfants-rois" qui évacuent tout ce qui les gêne.

Mireille, 57 ans, n’en est pas choquée : "Mes enfants ne me doivent rien, si ce n’est le minimum de respect dû à tout un chacun. Mes parents n’étaient pas honorables du tout et j’estime que je n’ai aucune dette à leur égard."

2 RÉACTIONS À L'ARTICLE
Par Denise F Mardi 06 avril 2010
réponse à "Perle"
je suis d'accord avec vous. Bien que j'ai toujours eu de très bons rapports avec mes parents maintenant disparus. Par mon travail d'auxiliaire de vie sociale, j'ai rencontré beaucoup de cas sur le terrain où l'entente ne régnait pas entre parents et enfants. Il existe aussi des belles-filles ou ex-belles-filles ou bien d'autres frères ou soeurs qui sèment la zizanie pour s'approprier de toutes les faveurs de leurs parents (jalousie ; égoïsme).
Même en coupant les "ponts", une maman capricieuse est aussi notre mère. De toute façon, la mère et la fille souffrent chacun de leur côté. Et un beau jour, l'entente revient. Bon courage et toutes mes amitiés.
Par perle782873321 Mardi 06 avril 2010
Personnellement je ne cède pas au nom du "pseudo respect familial" à une mère capricieuse. Je préfère couper les ponts. Il faut savoir que bien souvent ce sont les belles-filles et ex-belles-filles qui manipulent la situation et contribuent à l'explosion familiale.
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