Santé/PsychoEnfants

Parler de la drogue avec ses enfants

Parler de la drogue avec ses enfants


  • Actualisé le mardi 20 novembre 2007

Comment définir le mot drogue

Il s'agit d'abord de s'entendre sur le terme de drogue. La définition proposée par la MILDT pour l'alcool, le tabac, le cannabis, l'héroïne, la cocaïne, etc., est la suivante : "substances psychoactives qui agissent sur le cerveau".

Autrement dit, "elles modifient la perception de la réalité en agissant sur le système nerveux central", explique le Dr Curtet, qui refuse de faire la différence entre drogues dures et drogues douces, car "aucune drogue n'est anodine, même si les dangers sont différents". Leur usage expose à des risques pour la santé.

Parler des effets concrets

Mais parler santé à l'âge où l'on se sent invulnérable est peu efficace.

Lorsqu'il intervient dans les collèges, le Dr Curtet préfère parler de liberté : "Je demande aux élèves ce qu'ils pourront faire à 18 ans et la réponse est souvent “tout ce qu'on veut”. Je leur rétorque que la liberté, c'est surtout garder le contrôle, éviter de se mettre dans des situations qu'on ne maîtrise plus. L'argument est efficace, car ils n'ont pas envie qu'on les manipule. Pour eux, ce serait perdre le respect vis-à-vis d'eux-mêmes."

Parler des dangers immédiats de chaque produit permet de frapper les esprits.

Le cannabis présente ainsi trois risques : la démotivation ("tu n'as plus envie de rien"), la baisse de la vigilance et de la concentration ("tes réflexes sont ralentis et tu risques un accident, même sur un vélo ou un scooter"), et l'apparition de maladies mentales (un lien est établi entre la consommation régulière de cannabis et la schizophrénie).

Des produits plus puissants

Il est d'ailleurs bon de savoir que le cannabis d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celui qu'ont pu connaître les parents.

"Le taux de THC (tétrahydrocannabinol), molécule responsable du rôle psychoactif du cannabis, est passé de 3 à 6 % il y a vingt ans à 15 % aujourd'hui. Dans une saisie survenue dans le Val-de-Marne en 2006, on a relevé un taux de 30 %. C'est l'un des produits les plus puissants", indique le brigadier Le Glatin, policier formateur antidrogue, qui intervient dans les classes de collège.

Jouer sur la peur du gendarme

"Beaucoup de jeunes croient que le cannabis est toléré. Il faut donc leur rappeler les peines encourues", conseille encore le Dr Curtet. Pas de peine de prison pour les moins de 16 ans, mais une amende de 3 750 € pour moins de 5 g détenus. Leur statut de mineur ne les préserve pas d'un petit tour au commissariat.

"Les 10-13 ans détenant du cannabis peuvent rester en rétention pendant dix heures au plus ; les plus de 13 ans, vingt-quatre heures au plus", rappelle le brigadier Le Glatin.

Et n'oublions pas que la vente d'alcool et de tabac est interdite aux moins de 16 ans. Concernant ces deux produits, le comportement de l'adulte est essentiel. Un usage modéré de l'alcool est requis, qui permet de montrer qu'on peut gérer sa consommation. Si vous fumez, dites à votre enfant qu'il devra éviter, lui, de se faire piéger.

Vos réactions (2)

  • lundi 11 février 2008 / Gérard

    Si jamais j'attrape un de mes fils avec du canabis, je lui colle une de ces trempes !!! Les instituteurs laissent vraiment faire n'importe quoi de nos jours et c'est encore aux parents de s'occuper de tout...
  • mardi 1 avril 2008 /

    Mon pauvre Gérard, personne ne t'oblige à faire des enfants ! Alors oui c'est à toi de t'occuper d'eux. Je ne suis pas instit...Groc

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