Mon enfant mange mal
Mon enfant mange mal
Témoignage de Denise, mère de Pierre, à l'appétit capricieux.
"Pierre voulait du lapin ? Je lui faisais du lapin ! Mais dès que le lapin était dans son assiette, il se mettait à pleurer"
"Pierre a commencé à nous créer des soucis vers 6 ans, après une encéphalite virale. Il avait beaucoup maigri à l'hôpital et nous étions impatients de le voir se remplumer. Mais rien à faire, il n'avait jamais faim. Les médecins disaient que c'était normal, que Pierre nous en voulait et qu'en refusant de manger il nous faisait payer sa maladie. "N'entrez surtout pas dans son jeu”, répétaient-ils.
Au bout de six mois, j'ai craqué. J'ai décidé de lui préparer tout ce qui lui faisait plaisir. Pierre voulait du lapin ? Je lui faisais du lapin ! Pendant que je cuisinais, il restait toujours près de moi, il m'aidait, il goûtait la sauce. Il y mettait vraiment de la bonne volonté. Mais dès que le lapin était dans son assiette, il se mettait à pleurer. Une horreur !
C'est un voisin qui nous a sortis de ce cauchemar, un vieux monsieur très attaché à mon fils. Il a pris l'habitude de l'emmener se promener dans les champs, et en route, en discutant, il arrivait à lui faire avaler un morceau de saucisson ou une tartine de fromage. En quelques mois, tout est rentré dans l'ordre."
Interview du docteur Marie-France Le Heuzey, pédopsychiatre, hôpital Robert-Debré, à Paris.
"Les vraies pathologies du comportement alimentaire sont très rares chez l'enfant, et l'anorexie mentale est exceptionnelle. Depuis quelques années, on voit tout de même arriver dans le service de vrais anorexiques prépubères.
Ce sont des filles et garçons de 10 ou 11 ans, et même 8 ou 9, qui courent après un idéal de minceur, ou qui veulent ressembler à leur star préférée.En général, les repas se passent bien si une notion fondamentale est respectée : celle du plaisir de manger ensemble. En effet, quand les parents éprouvent du plaisir, l'enfant est content d'être à table. Il ne s'agit pas de préparer des bons petits plats tous les soirs, mais essayons de ne pas trop traîner les pieds. On sait qu'il y a davantage de troubles du comportement alimentaire dans les pays “à l'américaine”, où les gens consomment sans plaisir des aliments sans saveur.
C'est très bien d'emmener son enfant chez MacDo de temps en temps, mais montrons-lui aussi qu'il existe autre chose. Bien sûr, tout le monde ne peut pas avoir les mêmes goûts dans une famille et il faut savoir s'adapter. Si un enfant n'aime pas le plat principal, on peut lui proposer une petite chose à la place, sans toutefois tomber dans le piège du menu à la carte.
C'est aux parents de fixer le contrat, pas à l'enfant. Les parents qui se sentent vraiment dépassés doivent en parler à leur médecin généraliste. Une fois écartée toute maladie, il faut décrypter l'attitude de l'enfant. Parfois, une ou deux consultations avec un psychologue suffisent. Le cas échéant, on peut proposer une thérapie comportementale à l'enfant, à ses parents, ou à toute la famille, selon les cas. C'est souvent très efficace."
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L'émission e=m6 prépare actuellement un reportage sur les enfants difficiles à table.
Si vous aussi vous voulez témoigner sur ce thème en participant à l'émissions n'hésitez pas à contacter léa au 06 82 31 74 74 ou leacoyecques@hotmail.fr
Nous venons de lire votre message. Nous voudrions savoir si depuis, il y a eu du changement dans votre situation ? Dans notre cas, c'est notre filleule qui a 2 ans 1/2, elle ne mange rien. On ne voit que sa peau et ses os. Personne ne trouve de solution, à l'hôpital, les médecins prétendent que c'est une gastro, mais il n'y a pas de vomissement ni de colique ? avez vous trouvé une solution pour votre garçon ? nous espérons que vous lirez ce message si longtemps après. merci.
PS : 11 kg pour 2ans 1/2 est ce alarmant ?