Mon ado consulte des sites porno
Mon ado consulte des sites porno
La facilité d’accès aux sites pornographiques, nombreux sur Internet, représente une tentation à laquelle les ados ont du mal à résister. Le rôle des parents est de dialoguer et de mettre en garde.
Aujourd’hui, un jeune de 10 ans sur deux aurait déjà vu une image pornographique. Les sites porno ne manquent pas sur la Toile. Les images qui y sont diffusées ont de quoi bousculer une représentation de la sexualité encore incertaine et qui a besoin de temps pour se construire. D’où la nécessité de mettre en garde les enfants sur les risques qu’ils courent à regarder de telles scènes sur le Net.
"J’étais loin d’imaginer que Louis s’était déjà connecté à ce genre de sites", confie, gênée, Catherine, confrontée à une part insoupçonnée de son "petit garçon" de 11 ans. "Dans le domaine sexuel, l’effet peut être traumatique pour les plus jeunes, les plus sensibles, ignorants ou inexpérimentés", confirme le Pr Jean-Yves Hayez, pédopsychiatre.
Une certaine forme d’initiation
Cette forme d’initiation à la sexualité, aujourd’hui banalisée, est parfois subie par des enfants qui agissent plus pour imiter leurs camarades que par intérêt. "Ces incartades sur Internet sont avant tout des actes tâtonnants d’affirmation de soi, poursuit le Pr Hayez. Pourtant, chez certains jeunes en manque de modèle et insuffisamment socialisés, les images pornographiques peuvent avoir un effet d’entraînement."
Ces scènes stéréotypées, dans lesquelles le passage à l’acte est immédiat et la femme souvent assimilée à un objet, seront perçues par certains comme les modèles à reproduire.
La tâche est délicate pour les parents qui sentent la nécessité d’intervenir. Sandra a surpris Martin, 12 ans, et son copain secoués d’un rire nerveux devant des images plus que suggestives. Elle est restée interloquée et a coupé l’ordinateur sans pouvoir dire un mot. "Je n’ai pas su comment réagir", explique-t-elle.
Interdire ne suffit pas
"Mieux vaut se préparer à ce genre de situations pour savoir gérer ses émotions le moment venu, conseille le Pr Hayez. Avec les plus jeunes, dans un premier temps, il est nécessaire de se montrer ferme, de dire calmement mais sans détour à l’enfant qu’il n’est plus question de consulter de tels sites. Il faut aussi insister pour qu’il efface les images stockées quand il y en a."
Pour la majorité des enfants animés par le désir de défier les règles des adultes, cette interdiction clairement posée peut suffire. Mais la fermeté n’exclut pas le dialogue, et les échanges avec les adultes sont toujours à privilégier pour que la pornographie ne reste pas la référence exclusive en matière de sexualité.Plus tard, Martin et son père ont eu une conversation "entre hommes". Loin de lui faire la morale, son père lui a dit comprendre sa curiosité. Il ne s’est pas caché d’avoir lui-même parcouru des magazines en étant jeune. "C’était important pour que Martin entende aussi que la vie sexuelle est plus enrichissante si elle est associée aux sentiments", commente Sandra.
"C’est un point de vue qui prend du sens pour l’enfant lorsque prédomine ce mode d’échanges affectifs chez les adultes qui sont sa référence, appuie le Pr Hayez. L’enfant s’imprègne de leurs comportements. Implicitement, il comprend le désintérêt de délier la sexualité de l’affectif comme le lui proposent ces mises en scènes. Bien sûr, l’excitation que procure la vue d’images pornographiques peut demeurer, mais il ne restera pas enlisé dans cette fascination et passera vite à autre chose." Ce qui peut signifier aussi l’inciter à "privilégier plutôt l’invention de ses propres fantasmes érotiques", comme le suggère le Pr Hayez, dans la mesure où ceux-ci stimulent l’imaginaire en laissant la place à la complexité du désir.
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il est inconscient de dire que la masturbation abusive n'entraine aucun probleme, ce discours ambiant entraine des consequences facheuses chez beaucoup de jeunes hommes, et il est tres difficile par la suite de perdre ses habitudes