Jusqu’où accompagner les amours de nos ados ?
Jusqu’où accompagner les amours de nos ados ?
Rencontrer les parents de l’autre
Jacques-Antoine Malarewicz préconise une mise en relation des parents concernés : "Il est légitime que les parents des deux bords entrent en relation pour vérifier qu’ils sont sur la même longueur d’onde. Quand l’ado est invité, par exemple, ses parents ont le droit de savoir si les parents de l’autre sont au courant, s’ils seront présents, si les jeunes ont accès à de l’alcool, par exemple."
Il ne s’agit pas de tout contrôler mais il faut pouvoir dire non si les options des autres ne concordent pas avec ce qu’on juge bon pour ses enfants. L’ado en conclura que la famille de l’autre est formidable et la sienne épouvantable, aux parents d’accepter cette rivalité et d’en profiter pour discuter de la différence.
Ne pas laisser l’ado prendre le pouvoir
Il arrive qu’un père et une mère n’aient pas les mêmes exigences. François a exigé de Sarah qu’elle lui présente son petit copain, lui interdisant d’aller chez lui ou de le faire venir à la maison sans permission. Marianne le trouve trop rigide : "Enfermer une adolescente dans un carcan, c’est la pousser à désobéir ! Sarah ne supportera pas longtemps qu’on lui dicte sa conduite ! Je la comprends, à son âge je ne l’aurais pas supporté non plus."
Le risque en cas de désaccord entre parents est que l’un autorise en douce ce que l’autre interdit. Il peut alors se nouer une complicité malsaine, poussant l’adolescent à prendre le pouvoir en grignotant des faveurs. L’autorité parentale ne pourra plus s’exercer et l’adolescent y perdra en sécurité. "Les parents ont intérêt à discuter jusqu’à trouver une position commune", insiste Jacques-Antoine Malarewicz.
La tentation est grande chez certains parents de revivre leur adolescence à travers celle de leur enfant en lui accordant les libertés dont ils auraient aimé jouir ou en sollicitant ses confidences. S’il est important de fixer des limites, il l’est tout autant de rester discret. "Paradoxalement, si la règle posée est que l’ado doit tout dire, il n’y a plus de confiance possible. C’est parce qu’il y a du non-dit qu’on peut accorder sa confiance", conclut-il.
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