Index de tous les articles Aide à la recherche
Jusqu’où accompagner les amours de nos ados ?
Jusqu’où accompagner les amours de nos ados ?

Un ado amoureux place souvent ses parents dans une position inconfortable. Loin d’être adulte, il a encore besoin d’être encadré, mais il lui faut tout de même une certaine liberté pour faire ses premières expériences. Le bon dosage est délicat à trouver.
Kevin, 13 ans, ne ressemble plus à celui qu’il était il y a encore peu de temps. Il rentre de plus en plus tard du collège, n’a plus grand-chose à dire à ses parents, et passe des heures à "chatter" avec sa bien-aimée. "Il vit sur une autre planète ! Son père et moi respectons ce premier amour, mais il se montre trop passionné, il risque de souffrir et de compromettre sa scolarité. Nous ne savons pas trop comment lui parler sans le blesser", confie Brigitte. Pour le moment, Kevin n’a pas souhaité amener sa petite copine à la maison, et ses parents, craignant d’être trop intrusifs, n’ont pas demandé à la rencontrer.
À l’inverse de Brigitte, François a souhaité prendre les devants : "J’ai demandé à Sarah qu’elle me présente son amoureux. Je me méfie des garçons, ils sont souvent baratineurs. Je voulais le jauger et lui faire comprendre qu’il aurait affaire à moi s’il cherchait à embobiner ma fille, elle n’a que 15 ans !" Malgré l’évolution des mœurs, les craintes demeurent souvent plus vives pour les filles que pour les garçons.
Des ados mieux avertis
L’idée d’une relation sexuelle adulte entre adolescents hante les parents, et beaucoup s’imaginent qu’ils sont plus précoces que ceux des générations précédentes. Depuis la fin des années 1970, l’âge moyen du premier rapport n’a pas évolué : il reste de 17 ans et demi pour les filles et de 17 ans pour les garçons.
Si les ados d’aujourd’hui ne sont pas plus précoces, ils sont mieux avertis : depuis trente ans, l’absence de contraception lors du premier rapport ne cesse de reculer. Les cours d’éducation sexuelle dispensés dans les collèges, les campagnes sur le sida, l’intervention des parents portent leurs fruits. L’âge moyen n’est qu’une indication statistique, certains ados ont leurs premières relations sexuelles à 13 ans, d’autres à 20 ans, mais, d’une manière générale, ils se montrent plus prudents.
Anticiper sans être intrusif
En matière d’anticipation, chaque parent a sa façon de voir les choses, et chaque ado sa façon de réagir. Un adolescent dont on bourre les poches de préservatifs ou une adolescente qu’on embarque chez le gynécologue dès qu’elle a un petit copain risque de vivre cette précipitation comme une intrusion ou comme un encouragement à passer à l’acte.
"La question de la sexualité ne doit pas être éludée, c’est en cela qu’il est bon d’anticiper en abordant la question dès qu’ils ont 12 ou 13 ans. Un père peut acheter des préservatifs pour son fils pour le jour où il en aura besoin, mais sans être incitatif. Certains adolescents n’aiment pas parler de sexualité avec leurs parents, il ne faut pas les forcer, mais rester disponible afin qu’ils sachent que le sujet n’est pas tabou", conseille Jacques-Antoine Malarewicz, psychiatre et psychothérapeute.Page suivante : Rencontrer les parents de l’autre
Sur le même thème
Je reçois une alerte sur les sujets qui me concernent.
Question à l'expert






