Annoncer la mort d’un proche à son enfant
Annoncer la mort d’un proche à son enfant
Partager ses croyances
Et se méfier des formules classiques comme "il est au ciel", qui peuvent troubler les enfants. "Beaucoup sont traumatisés à l’idée que leur grand-mère les voit tout le temps, pendant qu’ils dorment, qu’ils sont aux toilettes ou qu’ils font une bêtise. Il faut leur expliquer que c’est une façon de parler, qu’ils peuvent y croire mais que ce n’est pas “pour de vrai”", note de son côté le psychiatre et psychanalyste Daniel Oppenheim.
De même, il est important de clarifier l’idée de la vie après la mort. Quelles que soient leurs convictions religieuses, les parents peuvent indiquer que c’est une croyance, et que tout le monde n’a pas les mêmes idées sur le sujet. "Lorsqu’on dit que grand-père est au paradis, ou bien qu’il repose au cimetière, ils pourront ainsi expliquer que c’est un lieu qui facilite le dialogue par la pensée", précise-t-il.
Sauf s’il s’y oppose, il n’y a pas de raison pour qu’un enfant ne voie pas le corps du défunt. "Cette confrontation peut lui permettre de réfléchir à cette disparition et l’intégrer. C’est à cela que servent les rites funéraires aujourd’hui devenus rares", affirme le Dr Ben Soussan.
"Il est préférable néanmoins que l’enfant ait pu suivre, à l’hôpital, à la maison de retraite, l’évolution physique du défunt. Et si la maladie ou l’accident ont trop déformé le corps, il vaut mieux attendre que la toilette mortuaire ait été effectuée. Enfin, il faut prendre soin d’expliquer que la personne était d’accord avec ce principe, afin que l’enfant n’ait pas le sentiment d’être voyeur ou intrusif", nuance le Dr Oppenheim.
Participer aux rituels funéraires
Quant à l’enterrement, il est important que les enfants y participent, car ce sont des moments qui appartiennent à l’histoire de la famille dans son entier. "Que la cérémonie soit religieuse ou civile, ils doivent y être associés et si possible en être acteurs. On pourra leur suggérer d’y contribuer à leur façon, avec un dessin, un bouquet, un texte…", propose le Dr Ben Soussan.
Sans oublier de rassurer les plus petits en leur expliquant qu’enterrer ou brûler le corps est une tradition, mais que ce corps est mort, qu’il ne ressent aucune souffrance et qu’il n’a pas froid. Et que cette "dernière demeure" - tombeau ou endroit où l’on aura dispersé les cendres -, est un lieu de souvenir.
Enfin, certains enfants peuvent rire, s’agiter, courir entre les tombes, bref "se tenir mal" et choquer l’assistance… Inutile de les culpabiliser : ils sont eux aussi troublés. "On peut leur expliquer que les parents ont besoin de ce moment pour se recueillir, et leur proposer de se faire accompagner par un adulte pour faire un tour, sans pour autant les écarter de la cérémonie", suggère le Dr Oppenheim.
Page suivante : Comprendre son deuil
Sur le même thème
Je reçois une alerte sur les sujets qui me concernent.









