Fin de vie, le droit au 'laisser mourir'

Page 1 / 2
Fin de vie, le droit au 'laisser mourir'

La loi relative aux droits des malades et à la fin de vie permet plusieurs avancées pour le malade, pour son entourage et pour les soignants et clarifie les responsabilités de chacun. Quelles sont–elles ?

"Laisser mourir oui, faire mourir non, c'est le sens de cette loi qui permet de respecter la vie et d'accepter la mort dit Claude Grange, chef de service de l'Unité de soins palliatifs de l'hôpital d'Houdan (Yvelines). La loi est bienvenue, elle lève toute ambiguïté. On ne parlera plus d'euthanasie passive ni de suicide assisté. Cette loi respecte à la fois la liberté des malades et la philosophie des soins palliatifs, elle protège les médecins et les soignants. Et surtout, elle remet le malade au centre du dispositif".

Aide à mourir : les limites

La loi ne prétend certes pas tout régler. La demande d'aide à mourir des personnes se trouvant dans une situation médicale sans issue ne peut toujours pas être prise en compte par le corps médical. Pour l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), le combat continue, jugeant que ce texte ne va pas assez loin. Il faut cependant reconnaître que la volonté du malade est aujourd'hui primordiale et que l'acharnement thérapeutique est condamné.

Le respect de la volonté du malade

Trois cas de figure obtiennent des éclaircissements :

La personne est tout à fait consciente de son état

illustration Expert
"Lorsqu'une personne en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, décide de limiter ou d'arrêter tout traitement, le médecin respecte sa volonté après l'avoir informé des conséquences de son choix".

Les thérapeutiques actives (alimentation artificielle, respirateur…) sont alors arrêtées laissant la place aux soins palliatifs pour assurer la qualité de sa fin de vie (confort, soulagement de la douleur…). La médecine a aujourd'hui les moyens de faire en sorte que personne ne meure de faim, de soif, étouffé ou dans la douleur. La dignité du mourant est ainsi sauvegardée. Dans un souci de transparence, la décision du malade est inscrite dans son dossier médical.

La personne n'est pas consciente

La loi prévoit que toute personne peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait hors d'état d'exprimer sa volonté. Elle peut donc indiquer par avance et par écrit les limites qu'elle souhaite fixer aux soins qu'on lui prodiguera. Ces souhaits seront pris en compte par les médecins s'ils ont été établis moins de trois ans auparavant, mais ils sont aussi à tout moment révocables. On peut donc changer d'avis jusqu'au dernier moment.

La personne n'est pas consciente ou ne peut plus décider

La loi permet de désigner une personne de confiance qui constitue un interlocuteur privilégié du corps médical pour toute décision à prendre. Par défaut ou par choix, il peut s'agir d'un membre de la famille, d'un ami, de son médecin traitant. "La personne de confiance n'a pas pouvoir de vie ou de mort sur le malade et ne peut imposer sa volonté au corps médical. Mais au moment des décisions graves, comme l'arrêt du traitement majeur, c'est son avis qui est sollicité", explique Jean Leonetti qui a présidé la mission d'information sur l'accompagnement de la fin de vie.

2 RÉACTIONS À L'ARTICLE
Par ethos Samedi 10 juillet 2010
OUI à l'aide au suicide, mais NON à l'euthanasie !
Au sujet de la différence entre l'euthanasie et l'aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement affirmer sans nuance qu'il n'existe pas de différence entre les deux : dans un cas c'est le patient lui-même qui s'enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l'autre c'est le médecin qui la retire. Il faut d'abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l'on se situe sur le terrain de l'éthique, on peut raisonnablement soutenir qu'il n'existe pas de différence. Cependant, si l'on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l'euthanasie (qualifié de meurtre au premier degré dont la peine minimale est l'emprisonnement à perpétuité) et l'aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d'emprisonnement). Dans le cas de l'aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l'aide au suicide constitue d'une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été décriminalisée au Canada en 1972 (et en 1810 en France), cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu'une complicité que s'il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide) n'est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l'aide au suicide est donc un non-sens.
En revanche, l'euthanasie volontaire est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à l'un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l'interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d'autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d'ailleurs aboli la peine de mort en 1976 (et en 1981 en France) ! Si l'euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l'esprit, conclure que l'euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d'un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d'abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d'exprimer leur volonté) et les risques d'érosion de l'ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont
Par ciberjak@wanadoo.fr Mercredi 15 octobre 2008
coment peut -on guerir un cancer du colomb avec des produits tellement agressifs,qu'ils provoquent vomissements,afaiblissement général,disparition totale du systeme imunitaire,et au bout de trois chimios en echec,on se retrouve en soins paliatif et on attend calmement les derniers instants du patient,c'est honteux,les infirmieres et les médeçins interdisent la prise de compléments alimentaire pour bouster l'imunitée ou si ils ne l'interdisent pas,ils refusent de s'en occuper,toute cette attitude va a l'encontre du serment d'HYPOCRATE,on est mieux soigné chez soi que sont devenu les mouroires des HP
Votre pseudonyme apparaîtra en signature de votre réaction.
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.


Règles de conduite

  • Tous les propos contraires à la Loi sont proscrits.
  • La publicité commerciale n'est pas autorisée.
  • En réagissant à cet article, vous autorisez la publication en ligne de votre contribution.
  • Une orthographe et une mise en page soignées facilitent la lecture : évitez majuscules et abréviations, pensez aux accents.