Santé/PsychoDroits et démarches

Fin de vie, le droit au 'laisser mourir'

Fin de vie, le droit au 'laisser mourir'


  • Actualisé le vendredi 19 janvier 2007

La loi relative aux droits des malades et à la fin de vie permet plusieurs avancées pour le malade, pour son entourage et pour les soignants et clarifie les responsabilités de chacun. Quelles sont–elles ?

"Laisser mourir oui, faire mourir non, c'est le sens de cette loi qui permet de respecter la vie et d'accepter la mort dit Claude Grange, chef de service de l'Unité de soins palliatifs de l'hôpital d'Houdan (Yvelines). La loi est bienvenue, elle lève toute ambiguïté. On ne parlera plus d'euthanasie passive ni de suicide assisté. Cette loi respecte à la fois la liberté des malades et la philosophie des soins palliatifs, elle protège les médecins et les soignants. Et surtout, elle remet le malade au centre du dispositif".

Des limites

La loi ne prétend certes pas tout régler. La demande d'aide à mourir des personnes se trouvant dans une situation médicale sans issue ne peut toujours pas être prise en compte par le corps médical. Pour l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), le combat continue, jugeant que ce texte ne va pas assez loin. Il faut cependant reconnaître que la volonté du malade est aujourd'hui primordiale et que l'acharnement thérapeutique est condamné.

Le respect de la volonté du malade

Trois cas de figure obtiennent des éclaicissements :

La personne est tout à fait consciente de son état

 : "lorsqu'une personne en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, décide de limiter ou d'arrêter tout traitement, le médecin respecte sa volonté après l'avoir informé des conséquences de son choix". Les thérapeutiques actives (alimentation artificielle, respirateur…) sont alors arrêtées laissant la place aux soins palliatifs pour assurer la qualité de sa fin de vie (confort, soulagement de la douleur…). La médecine a aujourd'hui les moyens de faire en sorte que personne ne meure de faim, de soif, étouffé ou dans la douleur. La dignité du mourant est ainsi sauvegardée. Dans un souci de transparence, la décision du malade est inscrite dans son dossier médical.

La personne n'est pas consciente.

La loi prévoit que toute personne peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait hors d'état d'exprimer sa volonté. Elle peut donc indiquer par avance et par écrit les limites qu'elle souhaite fixer aux soins qu'on lui prodiguera. Ces souhaits seront pris en compte par les médecins s'ils ont été établis moins de trois ans auparavant, mais ils sont aussi à tout moment révocables. On peut donc changer d'avis jusqu'au dernier moment.

La personne n'est pas consciente ou ne peut plus décider.

La loi permet de désigner une personne de confiance qui constitue un interlocuteur privilégié du corps médical pour toute décision à prendre. Par défaut ou par choix, il peut s'agir d'un membre de la famille, d'un ami, de son médecin traitant. "La personne de confiance n'a pas pouvoir de vie ou de mort sur le malade et ne peut imposer sa volonté au corps médical. Mais au moment des décisions graves, comme l'arrêt du traitement majeur, c'est son avis qui est sollicité", explique Jean Leonetti qui a présidé la mission d'information sur l'accompagnement de la fin de vie.

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