Travailler le plus longtemps possible

Il existe des solutions pour maximiser vos droits en fin de carrière et obtenir un montant optimal de retraite. - © svetikd

Vous êtes salarié du privé. Pour maximiser vos droits en fin de carrière et obtenir un montant optimal de votre retraite, des solutions existent. Choisissez celle qui vous convient.

1 – LES BONUS DU RÉGIME GÉNÉRAL

La surcote

Vous majorez le montant de votre retraite de base si vous travaillez au-delà de l’âge légal et de la durée d’assurance requise pour le taux plein. « Avec ce dispositif, vous continuez à acquérir des droits, ce qui n’est plus possible avec le cumul emploi-retraite », explique Françoise Kleinbauer, P.-D.G. de la société de conseil France Retraite. Autre avantage : vous continuez à engranger des points de retraite complémentaire.

Le bémol : vous devez exercer une activité salariée à l’âge d’ouverture de vos droits : or, selon le ministère du Travail (Dares), en 2016 le taux d’emploi des seniors en France dans la tranche d’âge 60-64 ans n’était en moyenne que de 28,1 % !

Les conditions : avoir au moins 62 ans (né à partir de 1955) ; et justifier du nombre de trimestres requis pour le taux plein selon l’année de naissance (166 trimestres pour les natifs de 1955-1956-1957).

L’impact de la surcote : chaque trimestre supplémentaire travaillé et cotisé augmente le montant de votre retraite de 1,25 %. Par exemple, Stéphanie, salariée non-cadre, née le 6 septembre 1957, 2 enfants, salaire annuel brut : 36 500 € (environ 29 000 € nets). Avec une retraite à taux plein à 62 ans, le 1er octobre 2019, le montant de sa pension du régime général s’élève à 15 206 € nets/an. Avec une surcote d’un an (de 1,25 % x 4 = 5 %), à 63 ans, le 1er octobre 2020, le montant de sa pension du régime général s’établit à 16 186 € nets/an.

La retraite progressive

Vous travaillez à temps partiel en fin de carrière et vous percevez, en plus de votre salaire, une fraction de vos retraites de base et complémentaires, calculée selon la durée de votre temps partiel. « La retraite progressive présente un réel intérêt à 60 ans, commente Françoise Kleinbauer. Si l’on ne peut pas bénéficier d’une retraite anticipée pour carrière longue, on peut rester actif plus longtemps en réduisant sa charge de travail, et obtenir ses trimestres pour une retraite à taux plein. » Autres avantages : vous continuez à acquérir des droits, et vous pouvez demander à cotiser sur la base d’un salaire à temps plein. Si votre employeur refuse, vous pourrez régler vous-même, à votre caisse de retraite, la part des cotisations salariales.

Le bémol : la durée légale du travail doit être exprimée en heures réparties sur la semaine ou le mois. « Or, les contrats des cadres en forfaits-jours sur l’année ne répondent pas à ce critère », précise Françoise Kleinbauer. Toutefois, cette exclusion pourrait être levée dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. À suivre...

Les conditions : avoir au moins 60 ans ; réunir au moins 150 trimestres, tous régimes confondus ; exercer une ou plusieurs activités à temps partiel d’une durée comprise entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle du travail ; obtenir l’accord de votre employeur si vous travaillez à temps plein. Si vous êtes déjà à temps partiel, rien ne vous empêche de demander une retraite progressive.

À noter : à l’arrêt de votre activité, le montant de votre retraite sera recalculé en tenant compte des cotisations versées pendant votre retraite progressive.

L’impact de la retraite progressive : par exemple, si Stéphanie choisit de partir en retraite progressive à 60 ans, le 1er octobre 2017, elle percevra 94 % de son revenu annuel net en travaillant à 80 %, et 86 % en travaillant à mi-temps.

Le rachat de trimestres pour partir à taux plein

Sous conditions, vous rachetez un ou plusieurs trimestres dans le régime de base si vous n’avez pas, à partir de l’âge légal, la durée requise pour le taux plein. Vous évitez ainsi une pension minorée. « Cette opération ne doit être envisagée que lorsqu’on est sûr de sa date de départ à la retraite pour ne pas racheter inutilement si, finalement, on décide de prolonger son activité, explique Françoise Kleinbauer. Au moins un an et demi avant votre départ, évaluez avec un expert retraite la rentabilité de ce rachat, qui dépend complètement de votre carrière et de votre taux d’imposition. » Autre avantage : les cotisations versées sont déductibles du revenu imposable.


Les conditions : vous pouvez racheter dans la limite de 12 trimestres : des années incomplètes (par exemple, si on a 2 trimestres au lieu de 4 sur une année) ; des années d’études supérieures sanctionnées par un diplôme.


Le coût : le rachat s’effectue selon deux options. L’une améliore le taux de votre retraite (option 1), la seconde augmente le taux et la durée d’assurance dans le régime général (option 2). Le coût du rachat dépend d’un barème qui tient compte de vos revenus, de votre âge et de l’option choisie.

Par exemple, Pierre, salarié cadre, est né en janvier 1960. Son salaire brut annuel s’élève à 61 659 €. Il totalisera ses 167 trimestres au 1er avril 2023, à 63 ans et 1 mois. Le montant de sa retraite annuelle nette globale est estimé à 30 956 € (hors malus sur les retraites complémentaires).

En rachetant 4 trimestres, il peut partir dès 62 ans et 1 mois. Avec l’option 1, sa retraite annuelle nette après rachat est de 29 769 €, et le coût du rachat (impact fiscal déduit) de 11 586 € amortis en 8 ans. Avec l’option 2,
 sa retraite annuelle nette après rachat est de 30 204 €, et le coût du rachat (impact fiscal déduit) de 17 170 € amortis en 10 ans.

2 – LA MAJORATION D’UN AN DE LA RETRAITE COMPLÉMENTAIRE

Si vous êtes né en 1957 ou après, vous êtes concerné par le « malus » des régimes complémentaires Agirc-Arrco, sauf si vous différez d’un an la date à laquelle vous pourriez prétendre au taux plein. « En plus, vous bénéficiez d’une surcote de 5 % sur votre retraite de base, indique Fanny Guillou Marre, expert retraite Agirc-Arrco. Et si vous reculez votre départ de deux ans ou plus, votre retraite complémentaire est majorée de 10 % à 30 % pendant un an et la surcote de votre pension du régime général augmente. »

Les conditions : pendant un an : + 10 % de la retraite complémentaire pour un départ différé de 2 ans par rapport au taux plein ;
 + 20 % pour un report de 3 ans ; + 30 % pour un report de 4 ans.

Le calcul : par exemple, Anne est née le 1er mai 1957. Elle peut partir à taux plein au régime général le 1er mai 2019. Sa retraite serait de 1 600 €/mois (régime général + retraite Arrco). En partant 2 ans plus tard (au 1er mai 2021), elle sera de 1 782 €/mois pendant un an, puis de 1 730 € par mois (retraite Arrco avec 10 % pendant un an et des points pendant 2 ans de poursuite d’activité, et retraite de base avec une surcote de 10 %), soit un gain de 1 560 € par an auquel s’ajoutent 624 € pendant 1 an.

La retraite d’office : pour qui ?

Un employeur est autorisé à mettre un salarié du privé à la retraite d’office à partir de 70 ans. « Avant cet âge, une mise à la retraite sera considérée comme un licenciement pour motif personnel, accompagné d’une indemnité de licenciement exonérée d’impôt et de cotisations sociales, dans une certaine limite », commente Pascale Gauthier.

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