Retraite progressive, un bon système ?

Retraite progressive, un bon système ?
La durée de votre temps partiel doit se situer entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle du travail. - © PeopleImages

La retraite progressive permet de travailler à temps partiel et de percevoir, en plus du revenu professionnel, une fraction de la retraite.

Qui a droit à la retraite progressive ?

Les salariés du secteur privé, les artisans et commerçants, les salariés et non-salariés du régime agricole, de nombreuses professions libérales (excepté les avocats, par exemple), les agents non titulaires de l’État et des collectivités locales peuvent, sous certaines conditions, demander une retraite progressive

La durée légale du travail doit être répartie sur la semaine ou le mois. Mais « les personnes qui ont des contrats de travail intermittents ou les salariés cadres en forfait jours sur l’année ne répondent pas à ce critère », alerte Françoise Kleinbauer, PDG de France Retraite, cabinet spécialisé dans l’information retraite. Les fonctionnaires n’ont pas accès à ce dispositif.

Combien de trimestres faut-il avoir ?

Vous devez avoir au moins 60 ans et justifier de 150 trimestres d’assurance vieillesse, tous régimes confondus. La durée de votre temps partiel doit se situer entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle du travail.

Si vous exercez déjà une activité réduite comprise dans cette fourchette et remplissez les autres conditions, vous pouvez demander une retraite progressive. Votre employeur n’a pas à se prononcer : il lui suffit de signer une attestation d’activité à temps partiel. 

Mais si vous travaillez à temps plein, vous devez obtenir l'accord de votre employeur pour réduire votre temps de travail. Il peut refuser, par exemple, si votre poste n’est pas compatible avec une activité réduite.

Faire une demande de retraite progressive

Si vous remplissez tous les critères, adressez votre demande de retraite progressive à votre caisse de retraite en joignant impérativement les documents suivants :

  1. votre contrat de travail en cours,
  2. déclaration sur l'honneur attestant que vous n'avez pas d'autres activités professionnelles,
  3. justificatif de non-activité si vous avez exercé des activités non salariées,
  4. attestation de votre employeur précisant la durée du temps de travail applicable de votre entreprise.

Quelle pension de retraite allez-vous percevoir ?

Pendant votre temps partiel, vous allez recevoir, en plus de votre revenu professionnel, une fraction de vos retraites de base et complémentaires, calculée ainsi : 

100 − quotité de travail = fraction de pension. 

Exemple : Marie est née en janvier 1956. En travaillant 24 heures par semaine au lieu de 35 heures, sa quotité de travail sera de 69 % [(24/35) x 100]. 

La fraction de sa retraite sera égale à : 100 − 69 = 31 %. 

« La retraite progressive prend tout son intérêt, notamment lorsqu’une fatigue importante se fait sentir en fin de carrière et que la personne ne remplit pas les conditions d’une retraite anticipée pour carrière longue », Françoise Kleinbauer. 

Quels sont les avantages de la retraite progressive ?

Sont concernés les salariés nés à partir de 1957 qui liquideront leur retraite à compter de 2019 : en continuant à travailler une année de plus que l’âge auquel ils ont droit à une retraite au taux plein, ils échapperont au malus (baisse de 10 % de la pension de retraite complémentaire pendant trois ans).

Autre avantage, si vous travaillez à temps partiel, vous pouvez demander à votre employeur de cotiser au titre de la retraite (de base et complémentaire) sur la base d’un temps plein. Résultat : votre salaire net sera moins élevé, mais au moment où vous liquiderez votre retraite définitive, vous ne subirez pas les effets de votre passage à temps partiel en fin de carrière. 

Enfin, et c’est l’atout majeur de ce dispositif pour les personnes n’ayant pas le taux plein, la retraite progressive permet de continuer à acquérir des trimestres d’assurance, ce que n’autorise plus le cumul emploi retraite.

Les petits salaires sont gagnants 

PIERRE, NON-CADRE, né le 30 avril 1956, prend une retraite progressive, en conservant son activité à 80 %, le 1er mai 2016. Il a 160 trimestres et un salaire net annuel de 16 665 €.
Pendant la retraite progressive
Il perçoit dans l’année 13 332 € net de salaires et 2 711 € net de retraite, soit une baisse de 4 % par rapport à son salaire à temps plein, alors qu’il réduit de 20 % son activité (avec un mi-temps, il percevrait − 10 %). 
Au moment de prendre sa retraite au taux plein
  • S’il a cotisé sur la base d’un temps plein, sa pension de retraite sera la même que celle qu’il aurait eue s’il avait poursuivi son activité à temps plein, soit 16 054 € net par an (1 338 € par mois).
  • S’il a cotisé sur la base de son temps partiel (80 %), elle sera de 15 995 € net par an (1 333 € par mois).
MARIE-CLAUDE, CADRE, née le 22 août 1956, prend une retraite progressive en conservant son activité à 80 % le 1er mai 2016. Elle a 155 trimestres et un salaire net annuel de 56 890 €.
Pendant la retraite progressive
Elle perçoit dans l’année 45 513 € net de salaire et 4 568 € net de retraite, soit une baisse de 12 % par rapport à son revenu à temps plein (− 30 % si elle travaillait à mi-temps).
À noter : le taux de remplacement (niveau de la retraite par rapport au dernier salaire) est plus faible pour les cadres que pour les non-cadres.
Au moment de prendre sa retraite au taux plein
  • Si elle a cotisé sur la base d’un temps plein, sa pension de retraite s’élève à 31 782 € net par an (2 649 € par mois).
  • Si elle a cotisé sur la base de son temps partiel (80 %), sa pension est égale à 31 053 € net par an (2 588 € par mois).