Médicaments  : faut-il en avoir peur ?

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Médicaments  : faut-il en avoir peur ?

Le scandale du Mediator a posé une question de fond : comment un produit conçu pour soigner peut-il se révéler toxique ? Au-delà des erreurs commises, l’histoire rappelle qu’un médicament est tout sauf un produit anodin.

Un Français sur trois déclare aujourd’hui se méfier des médicaments ! Une nouveauté dans un pays où la pharmacie représente 20 % de la consommation de soins, soit une dépense de 543 € par an et par personne, selon le Leem (organisation regroupant les entreprises du médicament). L’affaire du Mediator est évidemment dans tous les esprits. Cinq millions de patients ont absorbé à leurs risques et périls un produit inefficace et qui a fait entre 500 et 2 000 morts…

Après les victimes de l’Isoméride (coupe-faim), du Distilbène (hormone anti-fausse-couche), le retrait du Staltor (anticholestérol) ou du Vioxx (anti-inflammatoire), l’histoire a une fâcheuse tendance à se répéter. En mars 2011 encore, le Di-Antalvic (antidouleur) et le Fonzylane (vasodilatateur) étaient retirés du marché, tandis que plusieurs dizaines d’autres médicaments sont actuellement sur la sellette…

Les médicaments sont des substances actives : antibiotiques pour lutter contre l’infection, vitamines pour compenser des carences, anti-inflammatoires contre la douleur ou la fièvre, anticancéreux pour détruire les cellules malignes…

Médicaments : des effets indésirables inévitables

De tels produits ont forcément des effets collatéraux dans l’organisme, longtemps appelés « secondaires ». « C’est un terme que nous n’utilisons plus, pour ne pas suggérer qu’il s’agit d’effets minimes ou accessoires, explique le Dr  Bruno Toussaint, généraliste et rédacteur en chef du magazine « Prescrire », qui analyse en toute indépendance les données scientifiques des médicaments pour les médecins et pharmaciens. Nous préférons parler d’effets “indésirables”. »

Mais certains médicaments cumulent inefficacité et effets indésirables. « Le Vastarel, par exemple, en vente depuis 1965, n’a apporté aucun progrès par rapport aux bêtabloquants dans l’angine de poitrine, mais provoque parfois des symptômes parkinsoniens qui régressent en général à l’arrêt du traitement, poursuit le Dr Toussaint. Pourquoi est-il encore sur le marché ? »

Autre problème, celui de certains produits proposés en automédication, inefficaces et parfois dangereux. « C’est le cas des fluidifiants bronchiques, indique le Pr Jean-Paul Giroud, pharmacologue et membre de l’Académie de médecine. Ils sont inutiles et peuvent avoir des répercussions digestives ou allergiques non négligeables. Pourtant, il existe 135 sirops ou comprimés de cette famille thérapeutique. On trouve ainsi 10 000 à 12 000 médicaments dans nos pharmacies, alors que les Suédois se soignent avec 2 500 spécialités ! »

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