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Un code de bonne conduite pour les skieurs


  • Publié le mercredi 6 février 2008

Sommaire de l'article : page 6 / 7

La responsabilité pénale du skieur

Parallèlement, ne perdez jamais de vue qu’un comportement d’une extrême gravité (comme le délit de non-assistance à personne en danger ou de mise en danger de la vie d’autrui) peut engager la responsabilité pénale d’un skieur. Une victime peut toujours porter plainte à l’encontre de son agresseur.

Si l’affaire est renvoyée devant le tribunal, l’auteur des faits encourt alors une peine d’amende et/ou une peine d’emprisonnement. Aucune assurance ne couvre de tels risques… Alors, ayez deux maîtres mots à l’esprit : prudence et respect !

De plus en plus d’adeptes des sports d’hiver se côtoient sur les pistes, notamment pendant les vacances scolaires… À ski, en surf, seul ou en groupe, chacun suit alors le même objectif : arriver en bas… sans anicroche !

Pourtant, les accidents ne sont pas rares. Deux ans après sa collision qui lui a valu une semaine d’hospitalisation, Michaël se souvient : "Je sortais d’un télésiège, et j’ai très vite compris que le skieur qui arrivait de plus haut ne pourrait pas m’éviter… Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne maîtrisait pas sa vitesse ! Je n’ai rien pu faire…"

Respect des autres

S’il n’existe pas de "permis de glisse", chaque skieur doit toutefois se conformer aux règles de sécurité préconisées par la Fédération internationale de ski (FIS). Le "respect des autres" est la première d’entre elles.

À votre arrivée en station, prenez le temps de vous reposer avant de dévaler les pistes. Plus vous serez en forme, moins vous encourrez de risques. "Il est également souhaitable de s’échauffer et de ne pas démarrer par les descentes les plus difficiles", affirme Guillaume Riguet, directeur adjoint du service des pistes à Tignes.

Ne pas se surestimer

Mais le plus important est de toujours skier à son niveau et ne pas se surestimer : "Vous devez être capable de maîtriser votre vitesse et votre direction afin d’assurer la sécurité des personnes qui se trouvent en aval, c’est-à-dire en dessous de vous."

Rien ne s’oppose, bien entendu, à ce que vous doubliez d’autres skieurs, mais le dépassement doit s’effectuer de manière assez large pour prévenir les évolutions de ceux qui sont devancés. Évitez, par ailleurs, lorsque vous vous arrêtez, de stationner dans les passages étroits ou sans visibilité.

Attention aux skieurs en amont

À la fin de votre pause, lorsque vous repartez, surveillez les personnes en amont (au-dessus de vous) pour vous insérer en toute sécurité dans le flot. En cas de chute, libérez la piste le plus rapidement possible.

Si vous devez remonter ou descendre un bout de pente (parce que vous avez déchaussé et que votre ski est resté bloqué, par exemple), utilisez les bordures en prenant garde à ne pas constituer un danger pour autrui. Enfin, vous êtes tenu de connaître la signification du balisage et de la signalisation (pistes fermées, priorité…).

Sensibilisez vos enfants à toutes ces normes de sécurité et ne manquez pas de leur rappeler que limiter sa vitesse, c’est diminuer les risques de collision (car bien souvent ils n’ont pas conscience du danger). Le port du casque est fortement conseillé.

Pas de sanction immédiate

Si vous ne respectez pas l’ensemble de ces règles, sachez que vous n’encourez aucune sanction immédiate, car il n’existe pas de "police" des pistes autorisée à verbaliser les comportements dangereux.

En pratique, la sécurité des usagers relève de la compétence du personnel des stations (pisteurs, moniteurs…). "Nous arrivons à sensibiliser les vacanciers par le dialogue. Mais à Tignes nous utilisons aussi des sifflets, car il faut bien reconnaître que la peur du gendarme fait ralentir les plus pressés !" confie Guillaume Riguet.

Cette réalité ne signifie pas pour autant que le "code de bonne conduite" édicté par la FIS ne sert à rien.

La responsabilité civile du contrevenant au code

En cas d’accident, assureurs et juges s’y réfèrent pour établir le degré de responsabilité de chacun. Ils utilisent ainsi souvent la règle selon laquelle la priorité est due au skieur en aval. Dès lors, la personne désignée comme responsable doit indemniser les blessés. Si elle n’est pas couverte par une assurance, il lui appartiendra de régler les frais de sa poche.

Les tarifs d’intervention des secouristes varient selon les soins et l’éloignement. Comptez, par exemple, 35 € pour un simple bandage en bas des pistes et 535 € pour un secours hors piste. À cela s’ajoutent les éventuels frais d’hélicoptère médicalisé (45 € la minute) et les soins de santé.

La responsabilité pénale du skieur

Parallèlement, ne perdez jamais de vue qu’un comportement d’une extrême gravité (comme le délit de non-assistance à personne en danger ou de mise en danger de la vie d’autrui) peut engager la responsabilité pénale d’un skieur. Une victime peut toujours porter plainte à l’encontre de son agresseur.

Si l’affaire est renvoyée devant le tribunal, l’auteur des faits encourt alors une peine d’amende et/ou une peine d’emprisonnement. Aucune assurance ne couvre de tels risques… Alors, ayez deux maîtres mots à l’esprit : prudence et respect !

Partez bien assuré

Même si elle n’est pas obligatoire, au ski une assurance s’impose. Commencez par relire attentivement votre contrat multirisque habitation et celui de votre carte bancaire. Certaines de leurs clauses peuvent couvrir une partie des risques en montagne.

Mais si vous souhaitez des garanties supplémentaires (couverture pour les frais de secours, de recherche, les frais médicaux, le rapatriement, l’invalidité, l’interruption de séjour, le bris de skis, le remboursement du forfait…), il vous faudra souscrire une assurance spécifique pour votre séjour, soit avant votre départ, auprès d’un assureur, soit directement sur place, au moment de l’achat de votre forfait.

Dans ce dernier cas, il vous en coûtera 2,50 € par jour et par personne pour un "carré neige" (2,70 € en Haute-Savoie).


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