La visite du Paris médiéval

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La visite du Paris médiéval

Si Paris vaut bien une messe, le Paris médiéval vaut bien une visite. Celle que nous proposons, du Louvre à la tour Jean-sans-Peur, sur la rive droite de la Seine, raconte les origines de la capitale. Avec l’enceinte de Philippe Auguste en fil d’Ariane et un zeste d’imagination…

En partenariat avec Détours en France.

Photo : dbtelford

Du Louvre à Saint-Germain-l'Auxerrois

À quelques pas des divinités égyptiennes du Louvre, notre promenade commence sous terre. Sous la Cour carrée exactement, où se dresse, majestueuse, une épaisse muraille cyclopéenne. Un parcours fléché la contourne et mène à un imposant donjon circulaire. C’est ce qui reste de la forteresse du Louvre que Philippe Auguste érigea en 1204 pour défendre l’ouest de la capitale. Charles V transforme, au xive siècle, ce fort austère en élégant château. Les voûtes en ogive de la salle Saint-Louis, à deux pas de là, sont les uniques vestiges de ce Louvre embelli.

On remonte fouler le pavé parisien en surface, direction la rue de l’Amiral-de-Coligny. C’est ici que se dresse l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, l’une des plus vieilles de Paris. La tour qui la jouxte n’est pas son clocher, mais le beffroi de la mairie du Ier arrondissement, construit au XIXe siècle. Le porche de l’église, de style gothique flamboyant , l’un des seuls du genre à Paris avec celui de la Sainte-Chapelle, saluait au XIVe siècle le passage de la famille royale, installée au Louvre voisin, qui venait souvent y prier.

Entre tanneurs et bouchers du Moyen-Âge

À la même époque, le quai de la Mégisserie, que l’on remonte en direction du Châtelet, est le territoire des tanneurs, des selliers et des artisans du cuir. La Seine pourvoit à leurs importants besoins en eau. Au débouché du Grand-Pont ­(l’actuel pont au Change , qui doit son nom à la présence des changeurs établis par Louis VII), l’odeur du sang se mélange aux odeurs de cuir. La Grande Boucherie déverse tripes et boyaux dans le fleuve par des rigoles à ciel ouvert. Le bétail, vendu sur le champ de foire des Champeaux (les Halles), est abattu ici, à deux pas du palais de la Cité. La toponymie des rues en dit long sur l’activité locale : rue aux Bœufs, rue aux Veaux, rue de l’Écorcherie, rue de la Tuerie.

illustration Expert
La corporation des bouchers est si riche qu’elle finance à la fin du Moyen Âge la reconstruction de Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Cette église, qui possède une relique de saint Jacques, fait l’objet d’un important pèlerinage. Du sanctuaire, seul subsiste l’ancien clocher : la magnifique tour Saint-Jacques , édifice gothique récemment nettoyé.

De retour sur la place du Châtelet, il faut fermer les yeux pour imaginer le Grand Châtelet, cette large forteresse à tourelles où exerce le prévôt de Paris. Cet ouvrage, rasé sous le Premier Empire, occupe le terre-plein central entre les actuels théâtres du Châtelet et de la Ville.

1 RÉACTIONS À L'ARTICLE
Par ferpel Jeudi 09 décembre 2010
Bravo, enfin des infos exactes sur l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie.
Nous avons la faiblesse de croire que nous y sommes pour quelque chose.
www.saint-jacques.info
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