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En route vers Compostelle
En route vers Compostelle

Si plusieurs itinéraires mènent à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, le chemin au départ du Puy-en-Velay (Haute-Loire) reste le plus emprunté des pèlerins et peut-être le plus fascinant. Des collines du Velay aux horizons pelés de l’Aubrac, récit de cette première semaine de marche sur le GR 65 qui subjugue par ses paysages d’exception.
Photo : jean-louis zimmermann
En partenariat avec Détours en France
Avant le grand départ sur les chemins de Compostelle, c’est un petit bonheur que de déambuler dans les ruelles escarpées et vivantes du Puy-en-Velay. Cette ville de 20 000 habitants, qui donne son nom à la via Podiensis, est en effet un site d’exception par sa silhouette dominée par trois "sentinelles".
Le Puy-en-Velay, la cité aux trois sentinelles
Point culminant, à 132 m au-dessus de la ville sur les restes du cône d’un volcan, le rocher Corneille est couronné d’une immense statue, Notre-Dame de France, surplombant la cathédrale Notre-Dame, elle aussi élevée sur une hauteur issue du volcanisme. Cet édifice roman aux influences orientales, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, est doté d’un très beau cloître et abrite une mystérieuse Vierge noire vénérée par nombre de croyants depuis toujours. Un peu plus loin s’élève la vertigineuse chapelle romane Saint-Michel-d’Aiguilhe, édifiée au Xe siècle au retour de pèlerinage de l’évêque du Puy. Il faut grimper 268 marches pour y accéder… et découvrir une vue superbe sur toute la ville !
Un pèlerinage de 1600 km
Sacs à dos et chaussures de marche dans la cathédrale du Puy-en-Velay. Il est 7 heures du matin, l’heure de la messe-bénédiction des pèlerins. Parmi ce groupe de randonneurs lève-tôt, certains comptent marcher quelques jours, d’autres entendent bien effectuer l’ensemble du grand pèlerinage jusqu’en Espagne. Avant d’atteindre le sanctuaire où reposeraient les reliques de l’apôtre saint Jacques, ils devront marcher 1 600 km, soit un voyage de deux mois en moyenne.
"Environ 30 000 personnes partent chaque année du Puy, ville historique de départ du pèlerinage, explique Jean-Paul Grimaud, directeur de l’office de tourisme. Le GR 65, qui suit la via Podiensis, bien balisé, est probablement le plus international des chemins et celui à la population la plus atypique : les gens qui marchent, qu’ils soient pèlerins ou randonneurs, jeunes ou seniors, sont souvent en quête de “quelque chose”… Et les paysages traversés sont tout simplement grandioses !"
À peine quittée la ville, le chemin se transforme sans transition en un sentier qui crapahute sur les collines du Velay. Il conduit en cinq heures à la petite ville de Saint-Privat-d’Allier. Qu’il semble bon, le premier refuge qui accueille les marcheurs !
Au pays de la Bête du Gévaudan
La deuxième journée se passe au cœur des gorges sauvages et profondes de l’Allier. Par endroits, les hautes falaises sont sculptées de stupéfiants prismes basaltiques. Après Monistrol-d’Allier, une halte est bienvenue devant une chapelle dédiée à sainte Madeleine. Car la montée est harassante pour rejoindre le plateau du Gévaudan, où apparaît en fin de parcours le gros bourg de Saugues. Nuages menaçants au-dessus de la médiévale tour des Anglais (souvenir de la guerre de Cent Ans), nuit qui tombe, rues désertes… Le voyageur en viendrait presque à frissonner lorsqu’on lui rappelle que c’est le pays de la légendaire « bête », qui terrorisa la région au milieu du XVIIIe siècle !
Il reste ensuite deux jours de marche en Margeride, via Saint-Alban-sur-Limagnole. Les reliefs de cette région montagneuse qui culmine à 1 450 m s’enchaînent sans trop de difficulté. Les rares villages traversés ici sont d’une beauté austère : les imposantes bâtisses couvertes de lauze semblent élevées comme pour résister aux tempêtes et font presque corps avec le décor minéral qui les entoure.Page suivante : Le "désert" de l’Aubrac
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