La résidence secondaire, du rêve à la réalité

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RTT et week-ends prolongés

Ce deuxième "home sweet home" séduit d’autant plus qu’il colle à l’évolution de la société. Les 35 heures et leur cortège de jours de congé ont libéré de larges plages de temps pour les loisirs, multipliant les occasions de week-ends prolongés.

Par ailleurs, pour nombre de salariés passés par la case licenciement et ayant recréé une activité indépendante depuis leur domicile, la maison à la mer ou à la campagne devient un deuxième lieu de travail, connecté au monde via le téléphone et Internet. Sans oublier la nouvelle génération de seniors : les plus de 50 ans représentent plus de la moitié des investisseurs. Tous profitent de l’élargissement de l’offre de transports : le TGV a raccourci les distances et les compagnies aériennes à bas coûts permettent de traverser le territoire à moindres frais.

Paradoxalement, l’aggravation de la crise financière et économique actuelle ne semble pas freiner le phénomène. Du moins pour l’instant. Beaucoup de candidats acquéreurs tentent même d’en profiter ; ils seraient de plus en plus nombreux à solliciter des décotes sur les résidences qu’ils visitent.

Le rêve confronté à la réalité

Bien sûr, cette recherche d’une "autre vie" synonyme d’air pur et idéalisée en séances de jardinage loin du stress du quotidien provoque aussi des désillusions. Les déçus de l’aventure restent minoritaires, mais n’en existent pas moins : 5 % de propriétaires voient dans leur maison davantage de contraintes que de plaisir, et 5 % s’en estiment "prisonniers".

Comme souvent dans les histoires d’amour, la rupture n’intervient qu’après un certain temps, en moyenne au bout de dix ans. Selon les spécialistes de l’immobilier, les raisons invoquées par ceux qui finissent par revendre leur rêve sont diverses. L’éloignement trop important de la résidence principale y figure souvent en premier lieu. Mais il faut aussi compter avec une fréquentation à la baisse du fait de l’éclatement de la cellule familiale, une perte d’intérêt pour les vacances d’hiver au ski… Pour autant, rien ne dit que cet amour contrarié ne resurgira pas plus tard, en se portant vers un autre type de produit…

Après tout, 45 % des possesseurs d’une résidence secondaire l’ont acquise il y a moins de deux ans. Or la crise qui frappe le marché de l’immobilier ne touche pas que le secteur de l’accession à la propriété, il atteint aussi celui de la résidence secondaire, qui prend les difficultés de plein fouet. Entre une demande qui se raréfie et des conditions de crédit qui se durcissent, les transactions ont beaucoup fléchi. Résultat, les prix subissent des corrections parfois sévères, dont profitent ceux qui hésitaient encore à se lancer.

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