Les dépenses d’énergie des Français plus élevées à la campagne qu’en ville

Précarité énergétique

En France, entre 2 et 3 millions de foyers seraient concernés par la précarité énergétique et, selon le Crédoc, un tiers des ménages habitant les petites villes et la campagne se restreignent régulièrement sur le chauffage et le carburant. Le renchérissement du coût du chauffage et du carburant devrait accentuer le phénomène dans les années à venir.

Les Français ne sont pas égaux face à la dépense énergétique, et pour des raisons qui ne tiennent pas uniquement à leur niveau de revenu, tel est l’un des enseignements de la dernière étude de l’Observatoire du consommateur d’énergie Crédoc-GDF Suez 2012.

Les Français les plus vulnérables au renchérissement du coût des énergies sont ceux qui cumulent un habitat à mauvaise efficacité thermique et un éloignement des commerces et services,

peut-on lire dans le rapport. Car les deux postes les plus importants de la consommation énergétique des ménages sont le chauffage et les déplacements.

L’éloignement des services augmente les dépenses de mobilité

Plus les services (commerces, centres de santé, administrations) sont loin des domiciles et plus le recours à la voiture est élevé et plus la facture de carburant importante.

Plus de la moitié des ménages qui se trouvent à plus de 5 km des commerces qu’ils fréquentent habituellement dépensent au moins 120 € de carburant par mois, souligne le Crédoc qui précise :

Les dépenses de carburant pour la voiture individuelle pèsent un peu plus lourd que la facture d’énergie pour le logement (en 2006, 1 650  €/an pour les ménages utilisant une voiture, contre 1 450  €/an pour le logement). En y ajoutant les dépenses d’entretien, le coût de la voiture individuelle pour les ménages équipés atteignait 2 400 euros par an en 2006.

La double peine des bourgs et des campagnes

Les ménages qui habitent les petites villes ou les communes rurales ont des factures de chauffage plus lourdes : ils dépensent 23 % de plus que la moyenne des ménages, ceux qui habitent les communes de plus de 100 000 habitants dépensant 14 % de moins et ceux qui résident dans l’unité urbaine de Paris dépensant 27 % de moins.

Principalement en cause, le type de logement, le plus souvent des maisons individuelles, leur plus grande taille par rapport à ceux qui sont dans les villes et leur mauvaise efficacité énergétique, un tiers des Français déclarant habiter un logement comportant au moins « un défaut majeur de qualité ».

Résultat : dans les logements insuffisamment isolés et dont les systèmes de chauffage coûtent cher (fioul, électricité), les ménages ne chauffent que certaines pièces et réduisent leur confort thermique en hiver.

De 3,1 à 7,3 % du budget des ménages

La part de la facture d’énergie dans le budget des ménages connaît des écarts importants. Les ménages habitant les grandes villes et  l’agglomération parisienne ayant des revenus en moyenne plus élevés et des logements plus petits et de meilleure qualité sur la plan thermique, la part du budget qu’ils consacrent à leur facture d’énergie est moins de la moitié de celle des ménages habitant des communes rurales (3,1 % pour 7,3 %).

En revanche, le nombre de personnes qui vivent dans le foyer n’est pas un facteur important. Les facteurs essentiels qui jouent sur la consommation d’énergie sont au nombre de quatre, selon le Crédoc :

  • le système de chauffage (type d’appareils et d’énergie utilisée),
  • la surface du logement,
  • le type d’habitation individuelle ou collective,
  • l’ancienneté du bâtiment.

La période de construction du bâti joue sur la qualité des matériaux de construction, de l’isolation et des systèmes de ventilation : 65 % du parc français de logements date d’avant 1975 et échappe aux normes qui ont été introduites par les réglementations thermiques.

Enfin, la dépendance des Français aux différentes sources d’énergie est, elle aussi, fortement déterminée par la localisation résidentielle. Plus l’unité urbaine est importante plus les ménages sont alimentés par les réseaux électriques et de gaz. À l’inverse, plus la densité résidentielle est faible plus les habitations doivent s’alimenter avec des énergies issues principalement du pétrole, même si les énergies renouvelables progressent (bois, solaire, éolien).

L’enjeu du lieu de résidence

Plus on s’éloigne des centres des villes pour trouver à se loger plus grand et moins cher, plus les logements que l’on trouve sont anciens, insuffisamment isolés et/ou chauffés avec des systèmes plus onéreux parce que peu performants.

La véritable précarité énergétique est celle qui résulte de la relégation dans les espaces périphériques qui additionnent mauvaise qualité thermique et éloignement des services, commerces et services publics de base, ce qui accroît le coût des déplacements (plusieurs voitures nécessaire pour un même foyer, peu de transports en commun).

Au moment où la transition énergétique occupe une place importante parmi les préoccupations gouvernementales, le rapport souligne la nécessité de relever la performance énergétique des logements anciens par une politique de rénovation ambitieuse et/ou d’établir des filets financiers pour les ménages pauvres à travers des tarifs sociaux de l’énergie.

Mais ces voies seront insuffisantes si l’on ne se pose pas la question de l’accès aux emplois et aux services, aux réseaux de transport en commun et aux réseaux d’énergie.

Auteur : Ignace Manca
Date de première mise en ligne : 08/03/2013

1 RÉACTIONS À L'ARTICLE
Par IM Vendredi 08 mars 2013
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