Résidence secondaire : un achat raisonnable ?

Résidence secondaire : un achat raisonnable ?
Le marché des maisons de campagne s’est littéralement effondré, faute de candidats à l’achat. - © martin-dm

À la campagne, à la montagne ou à la mer : les prix ont beaucoup reculé, avec des taux de crédit toujours bas, c’est peut-être le moment de craquer ! Coup d’œil sur le marché des résidences secondaires.

La campagne à prix bradés

Frappé de plein fouet par la crise, le marché des maisons de campagne s’est littéralement effondré, faute de candidats à l’achat. Valérie et Frédéric en ont profité ! Le couple, qui n’avait pas les moyens d’acquérir sa résidence principale à Paris, rêvait de se constituer un petit patrimoine. Ils ont craqué pour une petite maison de 90 m2 avec 5 000 m2 de terrain pour 90 000 euros près de Mortagne-au-Perche (61). « Certes, la maison nécessite quelques travaux, mais elle est parfaitement habitable et nous sommes en pleine nature, ce qui permettra à nos enfants de découvrir la campagne », s’enthousiasme Valérie. Dans le Perche, selon les notaires, les tarifs ont chuté de 30 à 40 % en cinq ans.

La Seine-Maritime et l’Eure sont à explorer aussi. Une petite maison de 70 à 80 m2 s’y déniche pour à peine plus de 100 000 euros.
 « Se concentrer sur les biens proposés à la vente depuis longtemps offre des possibilités importantes de négociation », conseille Jean-Charles Connier, gérant de l’agence Cany Immobilier à Cany-Barville (76). En plein pays de Caux, une maison typique en brique et silex, de 70 m2 sur 1 300 m2 de terrain s’affiche à 120 000 euros avant rabais. Du côté de Pont-Audemer (27), une fermette à colombage de 133 m2 peut être acquise pour 88 000 euros. Mais attention, à ces niveaux de prix, de gros travaux sont souvent nécessaires. Autre secteur à prospecter : le Loiret. À Montargis, une ancienne ferme à retaper de 145 m2 s’est négociée à 99 000 euros.

Plus loin de la région parisienne, la Creuse offre de bonnes affaires. Près de Bourganeuf, une bâtisse de 121 m2 au confort rustique mais avec du potentiel (grange, garage, four à pain, etc.) sur 2 500 m2 est proposée à 74 500 euros. Moins chère encore, une maison de pierre de 90 m2 avec jardinet attend un acquéreur pour 44 800 euros. Ardèche, Bourgogne et Lorraine font également les yeux doux aux acheteurs de résidences secondaires. À Moulins-Engilbert, dans la Nièvre, une bâtisse de 160 m2 s’affiche à 86 000 euros. En Lorraine, « l’offre étant importante et la demande faible, les prix ont été fortement tirés vers le bas », indique Norbert Jacq de l’agence Pierres Lorraines à Domptail (88). Là, vous trouverez de petites maisons sans prétention à partir de 50 000 euros. Avec travaux à la clé.

Sur le littoral, peu de bonnes affaires

Près des dunes, falaises crayeuses et côtes escarpées, les prix ont chuté de 10 à 20 % depuis cinq ans. Ils reprennent aujourd’hui un peu de vigueur (voir tableau). Difficile d’y faire de bonnes affaires, sauf à sortir des sentiers battus. Entre 80 000 et 200 000 euros, seules de petites surfaces sont proposées en appartement, comme c’est le cas à Honfleur. Pour une maison, et encore, sans vue sur la mer, c’est un minimum de 200 000 euros. Plus loin du littoral, des fermettes à colombages s’acquièrent autour de 100 000 ou 120 000 euros en Normandie. En Charente-Maritime, « outre le bord de mer, les biens dans le calme de la pinède ou ceux à proximité des commerces sont les plus prisés, indique Carole Bouron, directrice de plusieurs agences Square Habitat du département. À Saint-Georges-de-Didonne, un T2 de 26 m2 à 50 mètres de la mer s’est récemment vendu 99 000 euros. Les maisons peuvent se négocier jusqu’à
 500 000 euros. Pour des prix abordables, il vaut mieux explorer des secteurs plus éloignés des plages, comme Mirambeau. Là, une maison de 150 m2 avec travaux et 360 m2 de terrain vient de se vendre 86 000 euros. »

Côté méditerranéen, les meilleures opportunités se trouvent en Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon). À Argelès-sur-Mer, une petite surface de 37 m2 dans une résidence avec piscine s’est récemment échangée à 85 000 euros, par exemple. Ailleurs, les prix restent franchement élevés
 et sont concurrencés par l’Espagne et le Portugal. À Rosas, sur la Costa Brava, un appartement avec deux chambres, balcon 
et vue sur la mer vient d’être cédé pour
 160 000 euros. Au sud du Portugal, « dans les stations de l’Algarve, des maisons neuves de 160 m2 avec piscine se négocient autour de 340 000 euros », note Cécile Gonçalves, directrice de l’agence Maison au Portugal. De tels biens s’évalueraient à 600 000 euros, voire 800 000, sur la Côte d’Azur. À ces prix alléchants s’ajoutent un coût de la vie moins élevé qu’en France et une fiscalité attractive au Portugal. Les retraites étrangères du secteur privé y sont exonérées d’impôt dix ans durant. Mais si vous envisagez l’achat dans l’un de ces pays, pensez aux frais de transport, forcément plus élevés, et aux systèmes de santé moins performants que dans l’Hexagone.

En montagne, pour des petites surfaces

En Savoie et Haute-Savoie, les prix s’envolent dans certaines grandes stations comme Méribel, Tignes, Val Thorens, Megève et Chamonix. Pour rester raisonnable, de petites surfaces à rénover se négocient autour de 3 000 euros le m2 à La Plagne ou aux Arcs. 
En moyenne montagne, sans garantie d’enneigement, les prix sont plus accessibles.
 À Villard-de-Lans (38), un studio de 24 m2 au pied des pistes s’est récemment négocié à
 68 000 euros. Des tarifs possibles aussi à Risoul et aux Orres (Hautes-Alpes), aux Rousses (Jura) ou à Cauterets (Hautes-Pyrénées). Un 3 pièces de 50 m2 s’y achète autour de 135 000 euros.

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