Le vrai coût d'une résidence secondaire

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Flambée des prix à l'achat, charges fixes à prévoir... : posséder une résidence secondaire devient un luxe.

L'Hexagone compte plus de 3 millions de résidences secondaires, contre 2,2 millions il y a quinze ans. Et les prix des maisons à la campagne explosent.

Des différences de prix

D'après l'étude de la SAFER (société d'aménagement foncier et d'établissement rural), les prix des maisons à la campagne a été multiplié par 2,6 en l'espace de dix ans. Ces chiffres cachent cependant de fortes disparités, notamment entre les zones proches du littoral et l'intérieur des terres.

Attention aux charges fixes

Au coût de l'achat proprement dit, il faut ajouter les dépenses annexes, souvent insoupçonnées au départ, car les propriétaires de résidences secondaires sont pour la plupart des citadins vivant en appartement, peu conscients des contraintes liées à l'entretien d'une maison et d'un jardin.

"Depuis qu'on a acheté notre maison de campagne, j'ai l'impression de faire sans cesse des chèques, plaisante Pascale, qui a acheté une fermette à colombages dans l'Eure en 2002. On avait surtout calculé le prix d'achat et les frais de notaire. En fait, les charges ne sont pas négligeables… Cela coûte cher, mais on ne regrette rien. On a plutôt l'impression d'avoir acheté des moments de bonheur en famille."

Comment évaluer ?

Pour évaluer le coût réel de l'opération, il est en effet nécessaire d'ajouter les dépenses courantes. Un domicile supplémentaire entraîne souvent le doublement des frais : une deuxième assurance habitation, un deuxième abonnement à EDF et au service d'eau. Certains ajoutent même à la liste l'installation d'un téléphone, voire d'une télévision.

Les impôts locaux

Dans son livre de comptes, il faut aussi intégrer les impôts fonciers (taxe foncière et taxe d'habitation), qui sont très variables d'un département à l'autre.

Le coût des travaux

La note ne serait pas complète sans les travaux. Rares sont les propriétaires qui s'installent sans effectuer quelques menus aménagements. D'autres se lancent dans de véritables chantiers. Il faut alors faire un choix : passer ses week-ends dans les gravats et les pots de peinture ou bien appeler un professionnel.

Mais quand le devis du couvreur ou du menuisier arrive, c'est souvent la surprise ! Faire appel à un artisan coûte cher, d'autant qu'ils sont actuellement en position de force. La pénurie de main-d'œuvre les contraint à limiter le nombre de leurs chantiers, et ils imposent souvent de longs délais avant d'entamer leur travail… Difficile donc de négocier les tarifs à la baisse.

Charges, entretien, travaux… Le retour sur investissement dépend surtout de l'usage que l'on fait de cette seconde maison. Si la famille se lasse d'aller toujours au même endroit, les factures peuvent être ressenties encore plus lourdement. Au contraire, si la maison devient un lieu intime où l'on vient souvent se ressourcer avant de retrouver l'agitation de la ville, les chiffres ont alors moins d'importance.

Les frais d'entretien

Le budget à prévoir doit aussi comporter les frais d'entretien des bâtiments et du jardin, qui, selon les professionnels, représentent chaque année environ 1 % de la valeur de la maison, 2 % lorsque celle-ci est confrontée aux vents marins ou aux chutes de neige, comme c'est le cas des constructions en bord de mer ou des chalets. Volets et portails à repeindre, ardoises à remplacer…

Même si ces réfections n'interviennent que tous les cinq ou six ans, elles sont à prendre en compte. D'autres factures reviennent plus régulièrement. Si vous décidez de fermer la maison pendant l'hiver, il faut faire vidanger les tuyaux et les siphons par un plombier afin qu'ils n'éclatent pas sous l'effet de l'eau gelée. Comptez 50 € pour un appartement ou une petite maison, 90 € pour une grande villa avec plusieurs salles de bains. Une dépense dont vous pourrez peut-être vous exonérer par la suite en observant attentivement le professionnel à l'œuvre…