Bien choisir son cuisiniste

Bien remplir un constat amiable

Évitez les mauvaises surprises en étant vigilant sur les contrats de fourniture et de pose de votre cuisine, les dates de livraison et les tarifs.

La cuisine n’est plus seulement la pièce où l’on prépare les repas. Elle est aussi devenue un lieu de vie, tant pour les activités de la famille que pour recevoir ses amis… Parfois ouverte sur la salle à manger, installée en plan linéaire, en L, en U, avec un îlot central, de style rustique ou design, elle se met en avant sans complexe.

Si vous avez décidé de réaménager cet espace convivial, autant le soigner. Comptez un budget entre 1 500 € et 5 000 €, selon la taille de la pièce, le choix des matériaux et des artisans. Cet investissement important nécessite de prendre certaines précautions.

Livraison, plans et pose sur mesure de votre cuisine

Il est essentiel de s’entourer de professionnels reconnus pour leur sérieux. Ces dernières années, des marchands de cuisines peu scrupuleux comme Spatial Cuisine ou Vogica ont été montrés du doigt pour leurs méthodes de vente agressives. Même si ces enseignes ne sévissent plus, leurs dérapages continuent à faire du tort au secteur.

Si l’enseigne est affiliée au Syndicat national équipement de cuisine, c’est un premier gage de sérieux, précise Pascal Raulot, son président. Vous êtes certain qu’elle respecte une charte précise touchant la formation des concepteurs-vendeurs, l’information des clients, le traitement de leurs réclamations… Seuls 500 magasins bénéficient de cette affiliation et beaucoup sont refusés.

Deux solutions sont à envisager :

  • vous adresser à un cuisiniste qui se charge du projet depuis sa conception jusqu’à son installation ;
  • acheter vous-même les meubles et les équipements électriques, puis assurer seul la pose ou la confier à des artisans de votre choix.

Aujourd’hui, la plupart des enseignes proposent des services à la carte.

Chez Ikea, vous avez la possibilité de repartir avec votre cuisine en kit, mais d’autres prestations plus complètes existent.

" Vous pouvez très bien vous sentir capable de faire certains travaux et pas d’autres ", rappelle Evelyne Mas-Dumas, responsable des ventes de cuisines chez le géant suédois, avant de détailler les services proposés à la carte :

  • livraison (tarif selon la valeur de la marchandise et la zone géographique),
  • déplacement d’un spécialiste pour vous conseiller et vous fournir un plan adapté (149 €),
  • simple visite d’un installateur à domicile pour vérifier les cotes avant de finaliser la commande (69 €) ;
  • mise en place d’une partie ou de la totalité des meubles (99 € l’heure ; 269 € la demi-journée et 499 € la journée).

Prenez conseil auprès d’un cuisiniste professionnel

Dans tous les cas, si on vous annonce dès votre entrée dans le magasin une remise de plus de 10 % qui grossit au fur et à mesure de la discussion, sans que le vendeur ait examiné votre projet dans le détail, mieux vaut quitter les lieux, avertit Pascal Raulot, président du Syndicat national équipement cuisine.

En dehors des périodes de soldes, de promotions exceptionnelles ou de remises sur le matériel d’exposition, cela signifie le plus souvent que les prix ont été artificiellement gonflés au départ. 

Tournez-vous plutôt vers un professionnel qui s’intéresse vraiment à votre projet, qui établit avec vous un inventaire de vos besoins et propose des solutions.

Souvent, les clients ne savent pas par quoi commencer, constate Guillaume Bellet, directeur d’un magasin Mobalpa à Paris. Je m’inquiète de savoir s’ils sont locataires ou propriétaires, s’ils veulent tout refaire ; s’ils cuisinent beaucoup et, bien entendu, de quel budget ils disposent. J’établis avec eux un cahier des charges qui sera le fil conducteur de leur projet.

Prenez le temps de la réflexion en visitant plusieurs enseignes pour obtenir des devis et comparer les tarifs. Exigez toujours des devis séparés, l’un détaillant la fourniture des meubles (éléments bas, éléments muraux, plan de travail…) et des appareils électroménagers ; l’autre pour la pose si vous la confiez au même professionnel.

Une fois votre choix arrêté, le cuisiniste doit se déplacer afin de procéder à un métré, c’est-à-dire un relevé des cotes prenant en compte l’emplacement des ouvertures (fenêtre, porte…), des branchements électriques, des arrivées de gaz et d’eau, de l’évacuation des eaux usées… Vous ne devez pas vous engager avant cette étape.

Si vous optez pour l’installation faite par le cuisiniste, deux documents distincts sont à signer : un bon de commande des meubles et appareils électriques et un contrat de pose.

Pour la pose, le cuisiniste doit préciser s’il fait appel à un sous-traitant. Si c’est le cas, il reste néanmoins votre seul interlocuteur sur le plan juridique. Si vous rencontrez des soucis avec le poseur (retard, mauvaise exécution des travaux…), c’est vers le concepteur-vendeur de la cuisine, qui coordonne le chantier, que vous devrez vous retourner.

Conception de votre cuisine : pensez aux fonctionnalités

Jean-François Laguenière, architecte d'intérieur livre quelques conseils pour ne rien oublier lors de la conception de votre cuisine : " Pensez dès le départ à prévoir le bon emplacement des prises électriques, des branchements du gaz, de l’eau, etc. 

Respectez la fonctionnalité entre les zones de cuisson, de lavage et de stockage des provisions : ce triangle d’activités doit être le plus réduit possible.

Contactez des professionnels afin que l’installation électrique soit conforme aux règlements en vigueur mis à jour par Promotelec, idem pour le gaz et la certification Qualigaz. 

Privilégiez les armoires à volet coulissant pour y ranger vos appareils électriques afin de libérer le plan de travail, les grands tiroirs plutôt que les meubles bas à étagères.

Créez des avant-projets avec les logiciels de conception de cuisine en 3 D mis gratuitement à disposition sur les sites des enseignes comme Castorama, Ikea, Lapeyre ou Leroy-Merlin.

Osez les associations de matériaux tels que les laques aux coloris variés, le bois, le métal, le verre, etc. Soignez l’extraction des vapeurs grasses, tout spécialement dans une cuisine ouverte sur le séjour. "

Comprendre le plan de votre cuisine

  • Contrat de vente ou de fournitures (bon de commande) : il reprend le numéro du devis détaillé, les conditions générales de vente, de livraison, la date du relevé de cotes obligatoire. Il inclut des plans de conception et des plans techniques, ainsi que les engagements du professionnel concernant les services liés à la vente.
  • Contrat de pose  : il reprend le numéro du devis détaillé, les conditions de paiement, la date de fin de pose, et informe ou non d’une sous-traitance de la pose.
  • Descriptif technique des meubles : il donne toutes les informations sur les caractéristiques des meubles, comme la nature des matériaux.
  • Plan de conception au sol  : il présente une sorte de vue aérienne qui matérialise l’implantation des meubles, des appareils électroménagers et des accessoires.
  • Plan en élévation : il présente sous forme de reproduction graphique verticale, les murs avec les fournitures de la cuisine.
  • Certificat de fin de travaux (ou procès-verbal de réception des travaux)  : il constate l’état d’achèvement des travaux et doit être signé par le client, le cuisiniste et le poseur.

Il peut contenir des réserves (en cas, par exemple, de travaux mal exécutés).

  • Plan technique  : il trace les contraintes techniques telles que plomberie, électricité, maçonnerie, suivant les normes de sécurité en vigueur en cas de nécessité de travaux préparatoires d’installation faits sous la responsabilité du client.

Contrat avec le cuisiniste : attention aux délais de réflexion

Si des gros travaux (maçonnerie, sol, plomberie, électricité…) sont nécessaires avant la pose de la cuisine, le professionnel vous fournit un plan technique à présenter à vos artisans. L’exécution de ces travaux se fait sous votre seule responsabilité, même si c’est le cuisiniste qui vous les a conseillés.

N’allez pas trop vite dans votre choix, car une fois le contrat signé, vous êtes définitivement engagé, rappelle Françoise Hébert-Wimart, juriste à l’Institut national de la consommation.

Vous ne disposez du délai de sept jours pour réfléchir et vous rétracter que si le contrat est conclu à la suite d’un démarchage à domicile. C’est aussi le cas si un professionnel vous invite par téléphone ou courrier personnalisé à venir chercher un cadeau en magasin.

Ce délai est même de quatorze jours en cas de crédit.

S’il s’agit d’un crédit « affecté», le bon de commande mentionne alors expressément que le financement du projet se fait à l’aide d’un prêt et le contrat de crédit stipule que les fonds sont destinés à la cuisine. Le remboursement du crédit ne débute que lorsque les premiers éléments sont livrés.

La conception, la livraison et la réalisation d’une cuisine demandent plusieurs semaines. Si les meubles sont fabriqués sur mesure, comptez au minimum six semaines avant d’être livré.

Quant à l’installation, elle peut nécessiter d’un à trois jours selon l’importance et la complexité de la tâche. Entre le moment où vous commandez et la pose de la dernière poignée ou des plinthes, échelonnez votre paiement, avec des acomptes de 25 % maximum.

Exigez de payer au fur et à mesure de l’avancement des travaux et conservez toujours un montant significatif, par exemple 30 %, à verser à l’achèvement total du chantier, conseille Françoise Hébert-Wimart. Il sera ainsi plus aisé de faire pression sur le cuisiniste s’il tarde à terminer. 

En cas de fournitures et de prestations supplémentaires après la commande initiale, demandez qu’elles fassent l’objet, dans le détail et avec les prix, d’un avenant au premier contrat.

En dehors de cette hypothèse, le cuisiniste n’a pas le droit de vous facturer des frais supplémentaires. Il doit chiffrer avec précision le coût du projet dès l’établissement du devis.

Des recours en cas de retard de livraison de votre cuisine

Dès que votre commande dépasse 500 €, le commerçant a l’obligation de mentionner dans les contrats la date de livraison des meubles et autres équipements, ainsi que celle de l’exécution des travaux.

Si ces dates sont dépassées d’au moins sept jours, vous disposez de soixante jours pour dénoncer les contrats, par lettre recommandée avec accusé de réception, et pour récupérer vos acomptes.

Si seulement certains éléments vous sont livrés à la bonne date, vous pouvez également annuler la totalité de votre commande. Les juges de la Cour d’appel de Nîmes ont en effet estimé, le 17 janvier 2005, que l’intérêt de l’achat d’une cuisine est de disposer d’un ensemble cohérent et harmonieux, ce qui n’est pas le cas si des éléments manquent.

Autre exemple, un juge de proximité a accordé 1 500 € de dommages et intérêts à une cliente qui avait attendu plus de trois mois que sa cuisine livrée soit installée, au lieu des trois jours promis sur le contrat ! (juridiction de proximité de Saint-Maur-des-Fossés, 2 mars 2006).

Quant à la qualité des travaux d’installation, souvenez-vous que si vous les avez confiés au cuisiniste, il est responsable, même s’il les a sous-traités à une autre entreprise. Bien entendu, il n’est plus concerné si vous avez commandé directement les travaux à un artisan de votre choix. 

Qui contacter cas de problème avec un cuisiniste ?