Envoyé par Cornil
le Jeu 23 Aoû 2007 15:04
Bonjour "mango13"
Je ne veux pas être le "répondeur attitré" de ce forum, avec lequel je n'ai aucun lien sauf d'internaute surfeur, alors je ne réponds pas immédiatement, laissant la priorité à d'autres (en priorité milou 27, primorépondeur "historique" de ce forum) , mais après 2 jours de "rade" (ohé milou27, que deviens-tu?) , je m'y colle!
RTT: la loi ne réglemente nullement les modalités de prise de RTT. Seuls les accords d'entreprise et conventions collectives (sans lesquels les RTT n'existent d'ailleurs pas)définissent les modalités d'acquisition de droits et de prise de RTT. Je t'invite à consulter tes propres dispositions collectives (que l'employeur doit permettre à tout salarié de consulter). Sur le principe, les RTT sont une forme de récupération d'heures supplémentaires précédemment effectuées, et donc, je suis d'avis que si un solde reste à exercer à la date de fin de préavis, il y a lieu à rémunération , mais aucune jurisprudence à ma connaissance n'est venue à ce jour confirmer formellement cet avis. Certains accords d'entreprise prévoient cependant une déchéance automatique des droits RTT que les salariés ne demandent pas à exercer, avec des conditions et délais divers. En tout cas, et là je suis plus formel, l'exercice de droits RTT ne prolonge pas le préavis(sauf disposition en ce sens des accords collectifs, que je n'ai jamais vue, et dont je doute d'ailleurs de la légalité), puisqu'il s'agit d'une modalité normale d'organisation des horaires de travail, en principe applicable en cours de préavis comme avant celui-ci.
CP: selon la jurisprudence les congés en cours de préavis mais FIXES AVANT le début de celui-ci suspendent le cours du préavis (ce qui revient à en repousser la date de fin). Cependant, il est possible de convenir formellement avec l'employeur de déroger à cette règle. Pour les NOUVEAUX congés en cours de préavis fixés après le début de celui-ci , la règle est inverse: sauf accord entre salarié et employeur, ils ne suspendent pas le cours du préavis. Mais de toute façon, rien n'oblige l'employeur à accepter ces congés.
Démission et ASSEDIC. Rien n'oblige le salarié à motiver sa démission. Cependant il est prudent, pour éviter une contestation des ASSEDIC ,de spécifier dans la lettre de démission, que celles-ci pourraient demander à fournir, que celle-ci a pour raison un déménagement lié à un suivi de conjoint. J'en profite pour signaler que, s'agissant d'un couple de fait sans lien juridique (ni pacsé, ni marié), il faudra justifier aux ASSEDIC de la résidence commune antérieure et de la résidence commune nouvelle (par bail aux 2 noms, factures EDF, tél, des deux personnes à la même adresse, etc..) . Aucune justification n'est par contre à fournir à l'employeur.
Raccourcissement du préavis: AVEC l'ACCORD DE L'EMPLOYEUR, cela est possible. Cependant il faut signaler que l'ASSEDIC n'admet pas les effets à son égard d'un tel "pacte", et donc tiendra compte de la durée totale du préavis, même si celui-ci a été écourté et non rémunéré , pour fixer le début d'indemnisation. Le préavis de démission n'est nullement régi par la loi, mais par les accords et conventions collectives. Je n'ai pas trouvé encore d'exemple où ces accords collectifs accordent un DROIT du salarié opposable à l'employeur pour raccourcir ce préavis en cas de déménagement pour suivi de conjoint.
Bon courage et bonne chance
Vieux syndicaliste du privé, "routier" du droit du travail, ne reste sur un forum que si la discussion y reste courtoise. Estime qu'un AR à une réponse (merci est un plus) y est une civilité normale. Ingénieur informaticien de profession (préretraite)