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Soutien scolaire gratuit à tous les âges
- Publié le vendredi 31 octobre 2008
Du primaire au bac, à tous les moments cruciaux de sa scolarité, l’enfant peut bénéficier d’un soutien gratuit. Être appuyé par un enseignant en petit comité permet le plus souvent de remettre le pied à l’étrier.
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Eviter l’accumulation des lacunes
Aujourd’hui, c’est dans le primaire que sont concentrées la plupart des interventions. Elles permettent de prévenir des dysfonctionnements (dyslexie, problèmes psychologiques ou psychomoteurs, par exemple), d’asseoir les bases des connaissances et d’éviter l’accumulation des lacunes. Au collège, l’aide a été étendue à l’ensemble des établissements publics et privés. Au lycée, l’effort est concentré sur les établissements accueillant les élèves faisant face à des difficultés scolaires particulières.
Eviter l’accumulation des lacunes
Aujourd’hui, c’est dans le primaire que sont concentrées la plupart des interventions. Elles permettent de prévenir des dysfonctionnements (dyslexie, problèmes psychologiques ou psychomoteurs, par exemple), d’asseoir les bases des connaissances et d’éviter l’accumulation des lacunes. Au collège, l’aide a été étendue à l’ensemble des établissements publics et privés. Au lycée, l’effort est concentré sur les établissements accueillant les élèves faisant face à des difficultés scolaires particulières.
Dès l’école primaire, l’étude
Faute de pouvoir lui payer une nounou qui surveillerait ses devoirs à la maison, la maman de Léonie l’avait inscrite à l’étude. "Je ne l’ai jamais regretté, avoue-t-elle aujourd’hui, c’est son maître qui surveillait les enfants. Avec lui, elle a appris à travailler toute seule et je n’ai plus jamais eu besoin d’être derrière son dos pour qu’elle fasse ses devoirs."
À l’école élémentaire, du CP au CM2, les élèves ont peu de devoirs écrits. Le temps d’étude est consacré au travail oral et aux leçons à apprendre pour le lendemain. Ce sont les mairies qui organisent l’étude. Elle se déroule après le goûter, de 16 h 30 à 18 heures. D’un coût modique (autour de 2 e par jour), elle est parfois conseillée par l’enseignant lorsqu’il remarque que l’enfant se décourage à travailler tout seul. Ce service est assuré par les professeurs ou du personnel municipal.
Parallèlement, depuis la rentrée 2008, les élèves du primaire n’ayant plus cours le samedi, les heures globalement dégagées permettent d’organiser un accompagnement éducatif pour les élèves en difficulté. Pour l’instant, seules les classes situées en zone d’éducation prioritaire (ZEP) bénéficient de ce dispositif, qui concerne près de 3 730 écoles, soit un peu plus de 10 % des effectifs. Ainsi, chaque semaine, pendant deux heures prises sur l’heure du déjeuner ou sur le mercredi matin, par petits groupes de cinq enfants maximum, les enfants approfondissent le travail fait en classe avec leur enseignant.
Des stages pendant les vacances
Par ailleurs, pendant les vacances scolaires, un stage dit "de remédiation" peut être proposé aux élèves de CM1/CM2. Il permet de bien préparer leur rentrée en 6e et d’éviter le redoublement. Toujours en petits groupes de cinq maximum, comme lors de l’accompagnement éducatif, les enfants viennent combler leurs lacunes. Ils fournissent un effort plus soutenu : quinze heures de cours dans la semaine. Au printemps et pendant l’été 2008, plus de 190 000 élèves ont participé à ces stages.
À Mantes-la-Jolie, Gwendoline, Aude ou Matthieu, sous le contrôle de leur maître Hervé Gaïffas, se sont entraînés à lire un texte en allant vérifier les mots inconnus dans le dictionnaire, puis à écrire un autre chapitre de l’histoire qui leur était contée. Dans la classe voisine, leurs copains renouaient avec les maths. "On ne peut pas rattraper les difficultés profondes, reconnaît l’enseignant, mais les enfants viennent avec plaisir et travailler en groupe les rassure."
Les parents sont demandeurs de ces cours qui donnent à leurs enfants l’occasion d’avoir une autre relation avec le maître. En petit comité, l’échange est plus positif. Une maman se félicite des progrès de sa fille, passée de 10 à 18 sur 20 en compréhension de texte : "Naila se lève sans rechigner, contente d’aller en stage. En classe, elle a peur, alors qu’en stage elle ose lever la main et demander des explications dès qu’elle ne comprend pas, sans crainte que le maître la punisse."
Le réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté
Une baisse brutale de la moyenne et un manque d’intérêt pour le travail en classe ne reflètent pas toujours une mauvaise assimilation des connaissances. Ils sont parfois des signaux révélateurs du mal-être de l’enfant. Dans ce cas, il est important de contacter le réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased).
Chaque école est reliée à un Rased, composé de spécialistes (un psychomotricien, un maître d’adaptation, un psychologue et un réadaptateur) formés pour déceler une dyslexie ou un trouble d’apprentissage, un problème de comportement ou une difficulté psychologique.Pour suivre une scolarité normale, les enfants ne se contentent pas d’apprendre leurs leçons, ils doivent également être capables de ne pas confondre les formes des lettres, d’accepter les règles de l’école et de se libérer des contraintes familiales.
C’est en jouant au Uno que Quentin, un petit garçon agité et agressif, a révélé qu’il avait un grand frère handicapé mental qui concentrait toute l’attention de ses parents. À travers les règles du jeu, en racontant ses soucis, l’enfant a peu à peu retrouvé la concentration qui lui faisait défaut.
Au collège, le soutien progresse
Après le primaire, l’aide scolaire se met progressivement en place, par petites touches. Ainsi, l’accompagnement éducatif, expérimenté l’année dernière dans les collèges publics et privés de l’éducation prioritaire, a déjà bénéficié à 221 500 élèves de 1 085 collèges. À la rentrée scolaire 2008, ce dispositif est étendu à l’ensemble des collèges.
De la 6e à la 3e, après la classe, les enfants qui le désirent se retrouvent en petits groupes de six à dix-sept maximum pour une aide aux devoirs, une pratique artistique ou sportive. Ils ont ainsi l’occasion, pendant deux heures, quatre fois par semaine, d’approfondir le travail fait en classe, de réaliser les devoirs demandés par les enseignants, d’effectuer des recherches documentaires ou d’apprendre à travailler avec méthode.
Un dispositif expérimental au lycée
Afin d’éviter que les lycéens, une fois sur les bancs de leur première année de fac, décrochent comme c’est le cas de plus de la moitié d’entre eux, des stages sont désormais proposés - sur la base du volontariat - pendant les congés scolaires (Toussaint, vacances d’hiver, de printemps et d’été) aux lycéens de terminale et aux jeunes bacheliers de 200 établissements d’enseignement général, technologique et professionnel faisant partie du dispositif expérimental de réussite scolaire au lycée mis en place par le gouvernement.
Son but : aider les adolescents en terminale à bien préparer leur année ou l’année suivante. En français, maths et langues, des révisions seront proposées avec exercices écrits, aide méthodologique (prise de notes, lecture d’énoncés, élaboration de plans) et entraînement à la prise de parole. Pour les bacheliers, il s’agira de consolider certains acquis et de maîtriser les bases méthodologiques indispensables à un bon travail en fac, où il faut savoir étudier seul et sans contrainte.
Un appui individualisé
En complément, pour prévenir les redoublements dans ces mêmes établissements, un appui individualisé est proposé aux élèves tout au long de l’année scolaire, en fonction de leurs besoins. Il s’effectue par groupes d’environ dix personnes. Les ateliers sont centrés sur une compétence (lire et comprendre un énoncé, élaborer un plan détaillé), un contenu disciplinaire (mathématiques, français ou langues) ou une aide méthodologique (entraînement à la prise de parole, organisation).
Pour les terminales, l’accent sera mis sur l’entraînement aux épreuves d’examen et l’élaboration d’un projet d’orientation. Au lycée des métiers de Marseille, le proviseur n’a eu aucun mal à mettre en place cette réforme : son établissement fonctionnait en école ouverte pendant les vacances depuis douze ans et il faisait déjà du soutien individualisé.
"Notre accompagnement s’effectue en semaine, de 17 h 30 à 18 h 30, précise Pierrick Breton. Il concerne un tiers de nos élèves, qui ont l’occasion de revoir une leçon de comptabilité, de droit ou d’économie et de l’apprendre en se faisant expliquer les mots qu’ils ne comprennent pas." Ils peuvent aussi vérifier ce qu’ils ont appris en le récitant avec leurs propres mots. "On s’aperçoit souvent, constate-t-il, que si les lycéens ne répondent pas à une question, ce n’est pas parce qu’ils ne savent pas, c’est plutôt qu’ils ne l’ont pas comprise."
Épauler, du primaire au bac, les enfants confrontés à des difficultés importantes, malhabiles en expression orale ou écrite, manquant d’autonomie pour travailler seuls et peu entraînés à prendre des notes… Le projet est ambitieux, mais partout où il a été mis en place, les enfants, les parents et les enseignants se sont montrés satisfaits.
Le coup de pouce des associations
Le CP est l’une des classes les plus importantes dans l’édifice scolaire de l’enfant. C’est pourquoi l’Association pour favoriser une école efficace (APFEE) a concentré son énergie sur les petits lecteurs. Ses clubs Coup de pouce accueillent tous les soirs, de 16 h 30 à 18 heures, cinq enfants d’une même classe choisis par l’enseignant pour leur fragilité en lecture.
La séance se déroule toujours sur le même schéma : l’enfant effectue 15 minutes de lecture à voix haute et s’il bute sur un mot, on lui souffle. Puis l’animateur lit une belle histoire. Autour de jeux et de discussions, le jeune élève retrouve le plaisir de lire.
Grâce à ces clubs, présents dans 200 villes, huit enfants sur dix échappent à l’échec précoce. D’autres soutiens proposés prennent, le plus souvent, la forme d’un accompagnement gratuit aux devoirs, financé par les pouvoirs publics, les mairies, les caisses d’allocations familiales, le Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations, ou les associations d’éducation populaire. Plus de 3 000 associations accueillent ainsi les élèves hors temps scolaire, dans un local associatif, à la bibliothèque ou au centre communal.
Un suivi thérapeutique
Il arrive que, malgré sa bonne volonté et son travail, l’enfant ne parvienne pas à obtenir de bons résultats. Interrogé, il est tellement paniqué qu’il ne se souvient même plus que 2 plus 2 font 4. Cette angoisse peut s’atténuer grâce à l’aide thérapeutique apportée par un centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), qui reçoit les enfants et les adolescents de 2 à 18 ans. Dans ce lieu de diagnostic dirigé par un médecin, enfants et parents abordent toutes les questions qui concernent leurs relations familiales, sociales et scolaires.
"Huit demandes sur dix proviennent des écoles, constate Florence Havel, psychothérapeute dans un CMPP du Val-de-Marne. Il est très rare que les parents nous consultent spontanément. Pourtant, ils le peuvent, car nous sommes ouverts à tous sans restriction." Selon le type de trouble dont il souffre, l’enfant se verra proposer une aide en orthophonie, en psychomotricité, une thérapie familiale ou un suivi psychologique.
Pour en savoir plus
Les Bulletins officiels de l’Éducation nationale (BOEN) sont disponibles sur le site www.education.gouv.fr
Soutien dans le primaire et accompagnement dans les collèges : BOEN n° 25 du 19 juin 2008.Stages au lycée : BOEN n° 24 du 12 juin 2008.
Chaque école est reliée à un Rased dont les coordonnées sont fournies au secrétariat de l’établissement.
APFEE (Coup de pouce) : www.apfee.asso.fr
Fiches familiales sur l’accompagnement à la scolarité : guide pratique téléchargeable sur le site www.travail-solidarite.gouv.fr
