Les devoirs de vacances, passage obligé ?

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Des concepts de plus en plus ludiques

Depuis quelques années, les éditeurs élargissent leur gamme à des formules plus ludiques. À côté de son classique Nathan Vacances, l’éditeur Nathan a lancé en 2007 la collection "L’énigme/C’est pas sorcier" (du nom de l’émission de France 3), du CP au CM2 (6,90 €).

"Cette formule allie la lecture - il y a une énigme à résoudre - et les révisions des maths et des sciences. Elle convient aussi bien aux enfants qui aiment lire qu’à ceux qui n’apprécient pas la lecture", indique Chrystèle Acquistapace. Le même éditeur propose aussi la collection "L’énigme des vacances" pour réviser le français, l’histoire, la géographie et l’anglais (6,90 €).

Hatier propose, depuis 2007, la collection "Mon carnet de vacances" dans un format original : un chéquier avec fiches détachables (5,20 €). Magnard, l’inventeur des cahiers de vacances (en 1933 !), innove cette année avec un cahier plus attrayant.

La plupart des cahiers de vacances classiques sont découpés en "séquences", de deux à huit pages suivant le niveau. L’enfant est censé remplir une séquence par jour. Les cahiers du primaire comportent généralement vingt séquences, soit vingt jours de travail. Il existe aussi des cahiers pour la maternelle. Mais, selon Chrystèle Acquistapace, ils ne présentent aucune valeur ajoutée par rapport aux magazines pour enfants des éditeurs pour la jeunesse (Bayard, Fleurus, Milan).

Une efficacité discutable

Malgré tous ces efforts de présentation, les enfants achèvent rarement leur cahier de vacances (quatre sur dix seulement, selon l’enquête de l’Insee). Ceux de Sylvie n’ont pas échappé à la règle : "Je leur en ai acheté une ou deux fois en primaire, puis j’ai arrêté. Ils ne les ont jamais finis et ont vécu ça comme un pensum. Cela aurait pu même être contre-productif !"

Cependant, depuis qu’ils fréquentent le collège, elle trouve plus fructueux le ciblage d’une matière. Elle donne également ce conseil - elle est professeur de français - aux parents dont les enfants présentent quelques lacunes à la fin du troisième trimestre. "Mais il faut s’en tenir aux matières fondamentales. Pour l’éveil, il vaut mieux aller au musée ou au cinéma", suggère-t-elle.

Selon une étude menée en 2000 sur 2 500 élèves de CM1, seuls ceux qui ont fini leur cahier ont progressé. Ceux qui ne l’ont utilisé qu’en partie n’améliorent pas davantage leurs connaissances qu’un élève n’ayant pas travaillé ! Et qui sont les enfants qui vont jusqu’au bout ? Principalement les élèves en avance ou de bon niveau, c’est-à-dire ceux qui prennent le cahier de vacances comme un jeu…

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