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Il décroche et veut abandonner ses études
- Publié le vendredi 30 mai 2008
Sommaire de l'article : page 3 / 5
S’interroger sur la décision
Dans le cas où l’enfant a pris la décision sans avoir réfléchi à son avenir, les parents doivent s’interroger sur l’origine de cette opposition : "Souhaitons-nous qu’il devienne quelqu’un qu’il n’est pas ? Notre système de vie est-il en cause ? Quel autre fonctionnement accepterait-il ?"
Il est préférable d’aborder ces questions dans la voiture ou en cuisinant, par exemple, plutôt que frontalement. Il faut éviter, avant tout, de lui demander sans cesse ce qu’il va devenir s’il ne retourne pas à ses études. Manifestez plutôt de l’intérêt pour ses activités (assemblage d’ordinateurs, par exemple), même s’il ne fait rien qui vous convienne. "S’il reste braqué, il faut laisser passer l’orage", ajoute Xavier Pommereau.
"Il faut d’abord éviter de se braquer et de se fâcher durablement avec son enfant", conseille Xavier Pommereau, psychiatre spécialiste des adolescents. Évidemment, plus le jeune approche de ses 18 ans, moins les parents peuvent contrecarrer son choix. Mais, quel que soit son âge, il est essentiel de maintenir le dialogue avec lui et de tenter de comprendre ce qui se passe dans sa tête.
Trop de pression sur la scolarité
Parfois, un jeune veut quitter l’école pour s’opposer à ses parents qui accordent une importance excessive à ses études. Certains doivent mener à bien le projet d’avenir que leurs parents ont imaginé pour eux, lequel ne correspond en rien à leurs aspirations. Une telle crispation engendre de la souffrance et ils finissent par craquer.
L’adolescent peut aussi se servir de cette manœuvre dans un but précis. Ainsi, lorsque des parents se séparent violemment, l’ado décroche à l’école pour qu’ils veillent tous les deux à le remettre en selle. Les voilà enfin d’accord sur un point et réunis autour de lui. Il arrive aussi que le jeune veuille stopper sa scolarité parce qu’il se retrouve à bout de souffle après avoir cumulé les échecs, souvent depuis le CP.
Rester ouvert sur les filières professionnelles
"Il est faux de croire que tout ado peut et doit entreprendre une formation de longue durée. Ses capacités intellectuelles ne sont pas ici mises en cause, seules ses aptitudes pour les études sont à revoir. La voie professionnelle, avec ses diplômes (CAP, BEP, bac professionnel), sera peut-être mieux adaptée à son profil que la plus réputée filière générale ou technologique", rappelle Xavier Pommereau.
Si le jeune envisage de devenir magasinier ou femme de chambre, il convient de faire preuve d’ouverture d’esprit. Des réflexions du type "cette idée est idiote ou nulle" sont à proscrire. En revanche, il est conseillé de l’interroger sur ses motivations et de le soutenir. "On peut lui suggérer d’exercer un job cet été pour découvrir le métier visé", conseille Claude Madelin-Mitjavile, pédo-psychiatre à Paris. S’il met en œuvre son projet, l’inciter à rencontrer des professionnels de la branche débouchera peut-être sur de nouvelles perspectives : suivre une formation interne pour évoluer rapidement, par exemple.
S’interroger sur la décision
Dans le cas où l’enfant a pris la décision sans avoir réfléchi à son avenir, les parents doivent s’interroger sur l’origine de cette opposition : "Souhaitons-nous qu’il devienne quelqu’un qu’il n’est pas ? Notre système de vie est-il en cause ? Quel autre fonctionnement accepterait-il ?"
Il est préférable d’aborder ces questions dans la voiture ou en cuisinant, par exemple, plutôt que frontalement. Il faut éviter, avant tout, de lui demander sans cesse ce qu’il va devenir s’il ne retourne pas à ses études. Manifestez plutôt de l’intérêt pour ses activités (assemblage d’ordinateurs, par exemple), même s’il ne fait rien qui vous convienne. "S’il reste braqué, il faut laisser passer l’orage", ajoute Xavier Pommereau.
Une période de répit
Certaines écoles privées, avec leur programme riche en activités sportives et en arts plastiques, offrent une alternative adaptée. Vivant mal le divorce de ses parents, Mathieu est devenu interne dans un tel établissement. Un an plus tard, il a pu reprendre sa scolarité dans son collège d’origine et habiter, en alternance, chez son père et sa mère. "L’autre solution consiste à lui accorder une année sabbatique, s’il l’a réclamée", préconise Olivier Revol, pédopsychiatre à Lyon.
Enfin, le bon élève qui décide soudainement de laisser tomber ses études traverse probablement un moment pénible. A-t-il vécu un événement traumatique ? Souffre-t-il d’une dépression, de troubles anxieux, de phobie scolaire ? Se drogue-t-il au cannabis ?…
Dans toutes les situations de décrochage, les parents trouveront une première explication auprès de l’équipe pédagogique qui entoure l’élève, puis une aide auprès des psychologues et des conseillères scolaires de l’École des parents et des éducateurs. Ceux-ci les orienteront, seuls ou avec leur enfant, vers d’autres spécialistes (conseiller d’orientation, orthophoniste, psychologue, psychiatre) pour cerner l’origine du trouble et le traiter.
Il abandonne juste avant l’examen
Votre enfant vise l’obtention d’un diplôme, mais voilà qu’il jette l’éponge avant les épreuves. "Cette attitude exprime une souffrance", explique Olivier Revol. Pour l’identifier, il est indispensable de consulter un psy qui aidera à comprendre les mécanismes inconscients en jeu.
Voici trois exemples de décrochage. Arnaud n’a pas confiance en lui et il préfère éviter de passer le CAP, auquel il s’est pourtant bien préparé, de peur de le rater. Adrien, quant à lui, n’a pas entendu son réveil le jour J ; l’année suivante, il s’est trompé de date, si bien qu’il a échoué au bac à deux reprises. Sa mère lui avait dit que lorsqu’il quitterait la maison pour aller en fac elle demanderait le divorce. Étudiante en droit, Marie multiplie les défaillances au moment des contrôles, car elle souhaiterait faire du théâtre alors que sa famille l’imagine déjà avocate…
