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Etudiants : le prix de l'indépendance

Etudiants : le prix de l'indépendance


  • Actualisé le mardi 23 octobre 2007

Souvent onéreuses, les formations supérieures se déroulent parfois loin du domicile parental. Comment financer les études de son enfant et choisir un logement en fonction de ses ressources ?

Les droits d'inscription s'élèvent à 165 € en première année à l'université. La scolarité est gratuite pour le jeune qui étudie en BTS ou en classes préparatoires aux grandes écoles dans un lycée public. En revanche, elle revient à quelque 6 000 € par an lorsqu'il intègre une école de commerce après le bac.

Pour peu que la formation soit dispensée loin du domicile familial, le bachelier doit se loger ailleurs que chez ses parents et prévoir ainsi un budget plus important pour payer un loyer et des frais de transport.

Des bourses sur critères sociaux

Environ 500 000 jeunes issus des milieux les plus modestes, soit 22 % de la population étudiante, reçoivent une bourse d'enseignement supérieur attribuée sur critères sociaux.

L'aide est étagée en six paliers, de l'exonération des droits d'inscription et de Sécurité sociale (échelon "zéro") à 3 753 € annuels (5e échelon).

Les allocations d'études, quant à elles, s'adressent aux étudiants ayant rompu tout lien avec leurs parents. En 2006-2007, 11 000 jeunes en ont bénéficié.

D'après l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE), les trois quarts des étudiants déclarent percevoir un versement régulier ou irrégulier de la part de leurs parents, somme qui représente 34 % de leurs ressources.

Trouver un logement

Plus de la moitié des étudiants logent hors du domicile familial. Les résidences collectives, privées et publiques, proposent seulement 275 000 places pour plus d'un million de "décohabitants". Le plus souvent, les étudiants s'installent donc dans une location privée. Un tiers des jeunes interrogés par l'Ove déclarent avoir trouvé un logement "difficilement" ou "très difficilement".

Résidences universitaires : priorité aux boursiers

Les Crous proposent 155 000 logements (chambres de 9 m2, studios et T2) dans plus de 500 résidences universitaires. "Chaque année, un tiers des candidats seulement voient leur demande aboutir, met en garde Isabelle de Lavergne, chargée de communication au Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous). La priorité est donnée aux boursiers et aux étudiants étrangers."

Pour l'année universitaire 2007-2008, il faudra compter environ 130 € par mois pour une chambre non rénovée, avec sanitaires et cuisine à l'étage, 203 € pour une chambre dotée de sanitaires intégrés et d'un réfrigérateur, et entre 230 et 250 € pour un studio. Ces tarifs ne tiennent pas compte de l'allocation de logement (entre 53 et 107 €). À la rentrée 2007, l'offre des Crous s'est étoffée de 4 000 logements supplémentaires.

Résidences étudiantes : confortable mais plus chères

On en dénombre environ 9 000. Elles abritent 120 000 studios meublés et équipés d'une kitchenette, d'une salle d'eau, d'un accès Internet et d'une prise téléphonique. Des services sont aussi proposés aux locataires : petit déjeuner, laverie automatique, linge de maison, service de ménage…

"Ces résidences conviennent mieux aux étudiants inscrits en première ou deuxième année d'enseignement supérieur. Grâce à leurs conditions de confort et de sécurité, elles rassurent les parents inquiets de voir leur enfant étudier loin de la maisoné, explique Henri Bouvet, délégué général de l'Association interprofessionnelle des résidences étudiants et services. Le montant du loyer varie selon la localisation. Pour un studio de 20 m2, il faut compter entre 410 et 630 € par mois…

Louer dans le privé

L'Ove estime à près de 35 % la part d'étudiants en location dans le secteur privé. L'offre de logements passe en grande majorité au travers d'agences immobilières. Les Crous, dans l'incapacité d'accueillir tous les étudiants dans leurs résidences, mènent une action baptisée "Logement en ville" pour rapprocher les jeunes demandeurs d'un logement et les propriétaires.

Au 1er semestre 2007, sur la France entière, les petites surfaces (studios et une-pièce) se louent en moyenne 15,50 €/m2, soit environ 310 € pour un studio de 20 m2. Évidemment, il existe des disparités géographiques. La région parisienne arrive en tête, il faut y prévoir de débourser entre 420 et 540 € par mois. En régions, le loyer d'un studio de 20 m2 oscille entre 200 et 380 € par mois.

Rattaché fiscalement à ses parents…

Même aidé par ses parents, un plus de 18 ans est appelé à déposer sa propre déclaration de revenus. Lorsque l'enfant étudiant reste à la charge de ses parents sur le plan fiscal, ces derniers conservent le bénéfice d'une demi-part fiscale (une part entière s'il s'agit d'un troisième enfant ou du seul enfant à charge d'une personne qui vit seule).

Les parents bénéficient également d'une réduction d'impôt de 183 € au titre des frais de scolarité. Autre avantage : si le nombre d'enfants à charge leur y donne droit, ils continuent de percevoir les allocations familiales jusqu'au vingtième anniversaire de l'enfant, sauf… si ce dernier perçoit parallèlement une aide au logement.

… ou indépendant ?

Si le jeune a pris son indépendance fiscale, ses parents perdent les avantages cités précédemment. En revanche, ils peuvent déduire de leurs revenus imposables la pension alimentaire qu'ils lui versent dans la limite annuelle de 5 495 € (chiffre 2006). L'étudiant inscrit cette somme sur sa propre déclaration de revenus.

Les étudiants de moins de 26 ans (âge retenu au 1er janvier de l'année d'imposition) qui travaillent pour financer leurs études sont exonérés d'impôt sur le revenu sur leurs salaires dans la limite de trois fois le Smic (3 840,21 €). Cette mesure profite tant au jeune imposable à titre personnel qu'au foyer fiscal des parents s'il y reste rattaché.

Obtenir une aide au logement

Distribuées par la caisse d'allocations familiales, deux allocations sont soumises à conditions de ressources (www.caf.fr). L'allocation de logement (AL) concerne plus de 591 000 étudiants qui résident dans une chambre en résidence universitaire, un studio ou un appartement n'appartenant pas à un membre de leur famille.

L'aide personnalisée au logement (APL) s'adresse à plus de 104 000 étudiants vivant dans un logement conventionné par l'État. Attention ! Lorsque l'étudiant perçoit l'AL ou l'APL, ses parents ne reçoivent plus les allocations familiales pour lui. Aussi, il convient de comparer les deux aides.

Par ailleurs, les étudiants boursiers sur critères sociaux et qui bénéficient pour la première fois d'une aide au logement recevront une allocation d'installation étudiante (Aline) forfaitaire de 300 €.

Vos réactions (1)

  • jeudi 29 mai 2008 / roux

    dans la déclaration de ressources à la caf l'étudiant majeur de 26 ans doit-il mentionner la pension que lui verse ses parents (quelle somme maximum pour les ressources 2007)?

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