Comment réagir face au racket à l'école ?
- Actualisé le vendredi 13 octobre 2006
Sommaire de l'article : page 2 / 7
Porter plainte au commisariat
Ensuite, il faut porter plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie. Le racket est un délit puni par la loi, d'une peine de prison (sept ans) et d'une amende (100 000 euros). "Trop peu de familles effectuent cette démarche, déplore Christian Gassien. Parfois, elles déposent main courante. Cela signifie qu'elles déclarent les faits mais refusent que l'auteur du racket soit poursuivi. Plus que la peur des représailles, c'est le sentiment de honte qui les anime. Dans les mentalités, rapporter, dénoncer, bref être une " balance ", n'est pas bien perçu", explique-t-il.
Concrètement, la victime et ses parents sont reçus, écoutés et interrogés par un policier ou un gendarme. La déclaration de l'enfant est prise hors de la présence de son père et de sa mère, mais il n'y a pas de règle absolue. Ensuite, une enquête d'investigation est menée et l'agresseur le plus souvent interpellé. La justice est saisie. Au final, un magistrat (un juge des enfants bien souvent) évalue la sanction : simple admonestation, réparation (présenter ses excuses et dédommager la victime si elle est d'accord), travail d'intérêt général, placement dans un centre spécialisé.Les symptômes
Ce sont les parents qui découvrent en général que leur enfant est racketté. Certains indices les mettent sur la piste. Ils remarquent à la maison la disparitions d'objets (téléphones portables, montres, vêtements de marque et de valeur, chaussures) ou d'argent. Parallèlement, ils observent des changements dans le comportement de leur adolescent qui devient soudain taciturne, replié sur lui-même. Il souffre d'insomnie ou de maux de ventre... Quant à ses résultats scolaires, c'est la chute libre.
Face à ces constats, une attitude s'impose : en parler au plus vite avec lui et le questionner en vue de recueillir le maximum d'informations : depuis quand te fais-tu racketter ? Et où ? Combien de fois en as-tu été victime ? Connais-tu ton agresseur ? Opère-t-il en groupe ?
Porter plainte au commisariat
Ensuite, il faut porter plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie. Le racket est un délit puni par la loi, d'une peine de prison (sept ans) et d'une amende (100 000 euros). "Trop peu de familles effectuent cette démarche, déplore Christian Gassien. Parfois, elles déposent main courante. Cela signifie qu'elles déclarent les faits mais refusent que l'auteur du racket soit poursuivi. Plus que la peur des représailles, c'est le sentiment de honte qui les anime. Dans les mentalités, rapporter, dénoncer, bref être une " balance ", n'est pas bien perçu", explique-t-il.
Concrètement, la victime et ses parents sont reçus, écoutés et interrogés par un policier ou un gendarme. La déclaration de l'enfant est prise hors de la présence de son père et de sa mère, mais il n'y a pas de règle absolue. Ensuite, une enquête d'investigation est menée et l'agresseur le plus souvent interpellé. La justice est saisie. Au final, un magistrat (un juge des enfants bien souvent) évalue la sanction : simple admonestation, réparation (présenter ses excuses et dédommager la victime si elle est d'accord), travail d'intérêt général, placement dans un centre spécialisé.Parmi les violences, le racket reste minoritaire
Sur l'année écoulée, les faits graves signalés par les établissements du second degré concernent à plus de 70 % les violences verbales. Viennent ensuite les violences physiques, pour plus de 22 % des cas, et le racket, 3 %. Ces phénomènes de violence, très inégaux selon les établissements, inquiètent les parents autant que les élèves. Depuis 1992, date du premier plan antiviolence, l'école et ses partenaires (police, gendarmerie, clubs de prévention, travailleurs sociaux, etc.) se mobilisent.
Le rôle des parents
La réussite d'une lutte contre les violences et les incivilités dépend de l'investissement de l'équipe pédagogique. Et aussi de la coopération des parents.
Drogues, vol, racket, violence, incivilités, le traitement de ces questions, en prévention ou en sanction, ne peut être laissé de côté à la maison.
Certains établissements sont plus difficiles que d'autres, aucun n'ignore complètement les bagarres, vols de trousses, de calculettes, de portables.
La vigilance vis-à-vis du comportement de leurs enfants, qu'ils aient tendance à subir l'agressivité des autres ou à jouer les petits caïds, l'attention portée aux faits de tous les jours et les relations nouées avec les responsables d'établissement en vue de renforcer la cohésion éducative, voilà la part qui revient aux parents.Le respect comme antidote de la violence
Le message des éducateurs, des associations de parents d'élèves, mais aussi des enfants eux-mêmes, est de faire comprendre que le racket n'est pas un jeu mais qu'il s'agit d'un délit.
La dernière campagne contre l'insécurité en milieu scolaire, "le Respect, ça change l'école" s'adresse à différentes cibles :
les éducateurs et les parents, par le rappel des textes officiels ;
les jeunes, par divers événements, en banlieue parisienne (collège Henri-Matisse de Choisy-le-Roi) et dans toute la France.
Le manifeste contre la violence dans le sport représente l'aboutissement de leurs réflexions. Ce texte a été diffusé à 900 000 élèves de 6e et débattu dans chaque établissement. Les rencontres ont été aussi l'occasion de créer des slogans, calligrammes, poésies, chansons, dessins, affiches contre la violence.Un phénomène d'extorsion rare
Le racket est un phénomène peu répandu par rapport à l'ensemble des autres faits de violence. Selon la dernière enquête Signa 2003-2004 du ministère de l'Education nationale, il représente 2,3 % des actes de violence enregistrés dans les collèges et les lycées publics, très loin derrière les agressions physiques sans arme (29,2 %) et les insultes ou menaces graves (24,7 %). Ce pourcentage chute même à 1,2 % à l'école primaire. Le racket n'existe pas que dans les banlieues défavorisées. Il touche également les centres-villes huppés, où les racketteurs agissent surtout aux abords des établissements scolaires. Originaires souvent d'un autre quartier, ils traînent devant l'entrée du collège ou du lycée, sans sac, ni cartable, à la recherche d'une "proie", puis agissent en groupe dans les rues adjacentes. Les garçons ne sont pas les seuls à se livrer au racket. Les filles aussi s'y adonnent. "Leur ton est plus agressif que leurs camarades masculins. De plus, elles mettent parfois à exécution leurs représailles", précise le commandant Gassien.
Prévenir le chef de l'établissement scolaire
Lorsque le racket s'est produit au sein ou aux abords du collège ou du lycée, les familles doivent en informer le principal ou le proviseur. Si l'agresseur est un élève de l'établissement, le conseil de discipline se réunira pour le sanctionner ! "Généralement, il vote son exclusion", précise Michel Richard, secrétaire national du syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN) et principal à Versailles.
L'enfant victime, quant à lui, aura peut-être besoin d'une prise en charge psychologique. Le racket est un acte très dévastateur, pouvant conduire au suicide dans des cas extrêmes. Tous les enfants ne vivent pas l'agression de la même façon. Mais certains d'entre eux sont aussi honteux que s'ils étaient coupables. Ils se sentent humiliés d'être faible, ils ont une mauvaise image d'eux-mêmes, comme s'ils ne valaient plus rien.Enfin, un changement d'établissement peut être bénéfique. Les jeunes rackettés éprouvent souvent le besoin de tourner la page. "Certaines familles vont même jusqu'à opter pour un nouveau cadre de vie, confie Michel Martinet, conseil principal d'éducation (CPE) à Grenoble. Tout en gardant le même travail, les parents prennent la décision d'habiter dans leur résidence secondaire. Cette démarche est salutaire mais réservée seulement aux plus privilégiés."
