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Bac : que valent les sociétés de soutien scolaire ?
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- Publié le lundi 30 novembre 2009
"Devenez bachelier ou soyez remboursé !" Quelques mois avant le Bac, cette promesse de grandes sociétés de soutien scolaire est tentante. Attention, le concept a aussi sa part d’ombre.
Les offres des grandes enseignes de soutien scolaire
La proposition d'Acadomia : contre 2 940 € par an votre enfant suit 80 heures de cours à domicile et en stage avec des professeurs présentés comme ultra-qualifiés. En cas d’échec, une consolation : Acadomia s’engage à vous rembourser près de la moitié de la somme versée, le solde étant défiscalisé.
Un contrat sans risque, donc. Du moins sur le papier.Dans la foulée, le prestigieux cours Legendre (numéro 3 du secteur) a lancé une offre sur le même principe. Anacours a aussi créé son pack, mais sans remboursement en cas d’échec… enfin, peut-être : "Si tous nos clients nous le réclament, nous y réfléchirons", hésite le directeur Stéphane Cohen. KeepScool a un projet "dans les cartons".
Seul le numéro deux, Complétude, opposé à l’offre packagée, reste sur le modèle des cours à la carte, à 40 € de l’heure en moyenne, sans remboursement en cas d’échec à l’examen.
Les offres des grandes enseignes de soutien scolaire
La proposition d'Acadomia : contre 2 940 € par an votre enfant suit 80 heures de cours à domicile et en stage avec des professeurs présentés comme ultra-qualifiés. En cas d’échec, une consolation : Acadomia s’engage à vous rembourser près de la moitié de la somme versée, le solde étant défiscalisé.
Un contrat sans risque, donc. Du moins sur le papier.Dans la foulée, le prestigieux cours Legendre (numéro 3 du secteur) a lancé une offre sur le même principe. Anacours a aussi créé son pack, mais sans remboursement en cas d’échec… enfin, peut-être : "Si tous nos clients nous le réclament, nous y réfléchirons", hésite le directeur Stéphane Cohen. KeepScool a un projet "dans les cartons".
Seul le numéro deux, Complétude, opposé à l’offre packagée, reste sur le modèle des cours à la carte, à 40 € de l’heure en moyenne, sans remboursement en cas d’échec à l’examen.
Le soutien scolaire se généralise-t-il ?
Que le bac 2009 ait été délivré à 86 % des élèves de terminale ne change rien à l’affaire. Tout parent a besoin d’être rassuré face à cet examen réputé indispensable pour poursuivre ses études comme pour attaquer la vie active. La ruée vers les cours de soutien à domicile a été bien réelle, encouragée par les aides fiscales.
Employer à titre privé une personne pour faire des cours à domicile donne en effet droit à une réduction ou un crédit d’impôt (foyers non imposables) égale à 50 % de la facture réglée à l’entreprise prestataire.
En 2008, les cinq premiers groupes du secteur comptaient environ 28 000 élèves-clients en terminale, dont 20 000 pour le seul Acadomia. Mais depuis peu, la conjoncture n’est plus aussi favorable et les cours privés piquent du nez. D’où cette nouvelle offensive marketing.
Comment les professeurs sont-ils sélectionnés ?
Comment savoir si ces belles promesses impliquent un vrai savoir-faire ? En début d’année, un reportage de France 2 a jeté un froid en remettant en cause les qualités pédagogiques des enseignants de ces cours privés.
Le fait que ces "professeurs" soient en large majorité des étudiants diplômés du seul niveau bac + 3 n’est pas en soi un problème. Encore faudrait-il que leur sélection soit effectuée avec la plus grande rigueur. C’est là que le bât blesse.
Les recruteurs eux-mêmes, rarement issus du monde de l’éducation, seraient pour la plupart des commerciaux sans formation pédagogique ni connaissance réelle et sérieuse des programmes de l’Éducation nationale.
"La recruteuse de Complétude m’a avoué qu’elle n’avait aucune compétence en maths et m’a demandé de lui expliquer les nombres complexes, comme à un élève. J’aurais pu lui dire n’importe quoi", confirme Patrick Jaud, professeur de mathématiques devenu indépendant après avoir travaillé en 2008 avec plusieurs agences. Il peut donc être utile de vérifier le cursus de son enseignant avant de signer.
Les labels peuvent être trompeurs
Depuis 2008, les grands groupes de cours de soutien scolaire mettent en avant des certifications Qualicert ou ISO 9001 comme gages de qualité. Or, si ces labels garantissent la conformité des services et le respect des règles d’hygiène et de sécurité, ils se montrent incapables d’évaluer les qualités des enseignants.
Qualicert, qui admet n’avoir aucun spécialiste de l’enseignement parmi ses inspecteurs, se contente donc de vérifier que tous les dossiers de professeurs contiennent bien les diplômes requis.
Sur sa plaquette, Acadomia promet "des enseignants spécialistes de la classe de terminale, alliant compétences et qualités pédagogiques, spécialement formés pour ce programme". Il faut le croire sur parole.
Très peu de professeurs qualifiés, en exercice ou à la retraite, rejoignent ces sociétés. Comment les blâmer ? Pour un tarif de 25 à 43 euros de l’heure facturée, l’enseigne ne reverse qu’entre 14 et 17 euros à l’enseignant sous mandat. "À ce prix, il faut encore payer ses déplacements, ses congés payés, et même l’encre pour imprimer ses fiches de paie", explique Didier Kropp, professeur de maths indépendant et auteur d’un blog très complet sur le sujet, qui a, lui aussi, décidé de se mettre à son compte après des passages chez Acadomia, Keepschool et Anacours.
Dans le cadre des « packs bacheliers », le salaire des profs n’est pas plus élevé. Chez Acadomia, il ne dépasse pas 17 euros nets de l’heure. "Impossible de faire mieux, avoue Philippe Coléon, Acadomia réalise 100 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 4 millions d’heures de cours par an, soit 25 euros par heure. Je n’ai donc quasiment pas de marge pour les augmenter, à moins de faire zéro bénéfice." C’est oublier les sommes énormes dépensées en publicité.
De 92 à 95 % de réussite au Bac pour les enseignes de soutien scolaire
Quelle efficacité attendre de ces produits chers ? Dans l’ensemble, les élèves comme les parents se disent satisfaits des cours privés.
Laura, lycéenne qui suit des cours de physique chez Acadomia, a vu ses notes doubler en quelques semaines. Chez KeepSchool, Jérôme Renaud assure que les notes des élèves progressent de 3 points en moyenne entre le premier et le troisième trimestre.
Dans l’ensemble, les enseignes ont enregistré l’an dernier des taux de réussite au bac de 92 à 95 %.Mais si de tels taux sont atteints, c’est avant tout parce que "très peu d’élèves sont mauvais, la plupart veulent surtout obtenir de bons dossiers pour intégrer les classes prépa", estime Didier Kropp.
Tout cela pourrait changer avec les "packs Bachelier", qui séduisent de nouvelles populations. "Les bons élèves ne sont pas attirés par ces programmes, car leur objectif va au-delà du bac, reconnaît Philippe Coléon. En revanche, il attire des élèves moins aisés et de niveau plus moyen. Nous avons deux fois plus d’inscrits habitant le département 93 que d’élèves du 92. Cela se ressentira dans les résultats 2010."
Les rattrapages avant le Bac ne comblent pas les lacunes
Est-il bien raisonnable de laisser croire que le bac peut s’acheter ? Pour les professionnels de l’éducation, faire miroiter que l’on peut ainsi rattraper de graves difficultés est une imposture.
"Hisser jusqu’au bac un élève moyen n’est pas très compliqué. Pour ceux qui ont de vraies lacunes, c’est différent", précise Didier Kropp. Plutôt que de recourir à ces offres marketing, mieux vaut, pour le même tarif horaire, se tourner vers de petites enseignes comme le cours Thalès, réputé pour le niveau de ses professeurs de maths, ou des réseaux d’enseignants indépendants.
