Mon enfant est homosexuel...
Mon enfant est homosexuel...
Dire et comprendre
Beaucoup de jeunes homosexuels sont désespérés de cette
incompréhension. Beaucoup vivent cachés et portent cette blessure comme un deuil déchirant (statistiquement, ceux qui n'ont rien dit jusqu'à 40 ans sont les plus malheureux, ils ont trop attendu, il est trop tard). Pourtant, l'homosexualité n'est ni un échec ni une maladie, c'est une composante de la personnalité. Au-delà de la gêne, de la peur, de la honte, enfants et parents ont plus de chances de s'en sortir ensemble quand la vérité voit le jour tôt.Quelles réticences ?
Pourquoi cette préférence souvent désignée comme une déviance est-elle si difficilement admise ? Un premier argument culturel apparaît fréquemment : un couple est censé se composer d'un homme et d'une femme, afin de perpétuer l'espèce. L'homosexualité constituerait donc une anomalie.
Et les parents souhaitent pour leur enfant un scénario de vie qui soit - au minimum - dans la norme. En outre, certains amalgames entretiennent la peur, telle la confusion avec la pédophilie qui constitue un délit. Or l'homosexualité se définit comme une relation égalitaire entre deux personnes consentantes. En cela, elle constitue un acte libre et légal.
Autre raison de se sentir déboussolé : les clichés associés à l'homosexualité (les "folles", certaines scènes de la Gay Pride, les lesbiennes aux allures de camionneur, les bars louches…).
S'ajoute à cela - quoique moins désormais - l'association homosexualité et sida. Rodolphe témoigne : "Je vivais seul avec ma mère, infirmière. Quand je lui ai révélé mon homosexualité, je me suis retrouvé à la porte du jour au lendemain, à 21 ans et sans un sou, sous prétexte que j'allais rapporter le sida à la maison."
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