Mon enfant est homosexuel...
- Actualisé le jeudi 23 novembre 2006
Quelles réticences ?
Pourquoi cette préférence souvent désignée comme une déviance est-elle si difficilement admise ?
Un premier argument culturel apparaît fréquemment : un couple est censé se composer d'un homme et d'une femme, afin de perpétuer l'espèce. L'homosexualité constituerait donc une anomalie.
Et les parents souhaitent pour leur enfant un scénario de vie qui soit - au minimum - dans la norme. En outre, certains amalgames entretiennent la peur, telle la confusion avec la pédophilie qui constitue un délit. Or l'homosexualité se définit comme une relation égalitaire entre deux personnes consentantes. En cela, elle constitue un acte libre et légal. Autre raison de se sentir déboussolé : les clichés associés à l'homosexualité (les "folles", certaines scènes de la Gay Pride, les lesbiennes aux allures de camionneur, les bars louches…).
S'ajoute à cela - quoique moins désormais - l'association homosexualité et sida. Rodolphe témoigne : "Je vivais seul avec ma mère, infirmière. Quand je lui ai révélé mon homosexualité, je me suis retrouvé à la porte du jour au lendemain, à 21 ans et sans un sou, sous prétexte que j'allais rapporter le sida à la maison."L'association Contact pour vous aider
Les parents n'échappent pas aux regrets et à la culpabilité. Marie-Thérèse, bénévole à l'association Contact, complète : "Il a fallu du temps aux enfants pour se faire à leur homosexualité. Il est légitime qu'on fasse aussi notre propre chemin d'acceptation. Pendant un moment, on va chercher un responsable : notre système d'éducation, une mauvaise influence ? Puis découvrir que la culpabilité ne
résout rien. Seules la confiance et l'estime sont gratifiantes. Pour eux, pour nous."Une écoute
L'association Contact est un lieu d'écoute pour les parents, les enfants homosexuels et leurs proches. Des permanences d'écoute et d'accueil, des groupes de parole, des entretiens individuels avec des psychologues... sont organisés.
Contact est une fédération d'associations présentes à Angers, Bordeaux, Brest, Dijon, Grenoble, le Mans, Lille, Lyon, Nantes, Paris, Rouen, Strasbourg, Toulouse et Valence.Elle édite une brochure, "Notre enfant est homosexuel". Claire, positive, celle-ci fait le tour de la question et dédramatise. Gratuite, elle vous sera adressée sur simple demande au 01 44 54 04 70.
Comment en parler ?
Vous avez un doute. La question vous brûle les lèvres, mais ça ne passe pas ? Tant mieux ! Lui demander sans préambule : "Es-tu homosexuel(le) ?" serait maladroit, vous risquez de le blesser car c'est une intrusion dans la vie privée de votre enfant. En revanche, il est facile d'aborder le sujet à propos d'une émission télévisée, de laisser traîner une brochure, un article… et de commenter : "Ce film était bien, je trouve cet article intéressant… Et toi, qu'est ce que tu en penses ?" Il est essentiel d'agir avec doigté et amour, afin qu'il (elle) ne se sente pas obligé d'avouer alors qu'il n'y a pas à avouer mais à dire. D'ailleurs, nombre de jeunes homosexuels tendent des perches à leur famille ; celles-là, il importe de les entendre, de rebondir : "C'est-à-dire ? Tu veux bien m'en parler… ?"
Et quand il (elle) s'est confié(e), essayez de rester vrai, d'admettre que vous êtes perturbé. Ce genre de révélation perturbe un couple mais il vaut mieux en parler ensemble. On doit partager. Ce sont nos enfants d'abord. On souhaite leur bonheur. Il est important de leur demander s'ils se sentent bien dans leur vie. Si la réponse est oui et si l'entourage confirme qu'ils ont l'air épanouis, alors ils sont dans leur chemin, quel qu'il soit. Et c'est ça qui compte !bénévole à l'association Contact
