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Mon enfant est homosexuel...


  • Actualisé le jeudi 23 novembre 2006

Sommaire de l'article : page 2 / 7

"Tout sauf ça"

Si les mentalités ont évolué, l'homophobie persiste. De nombreux parents affirment : "Tout sauf ça !" Des jeunes qui ont voulu se confier à leurs parents sont rejetés par leur

famille comme des criminels. C'est la honte, la trahison. Surtout dans les petites localités, où les proches se sentent déshonorés.

La qualité de la relation affective qui existait avant la révélation joue un grand rôle. Si elle était solide, il est moins malaisé de la perpétuer, de la réinventer. Si elle était agressive, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les portes et les cœurs se ferment… pour se rouvrir, parfois, plus tard.

Quoique moins tabou, l'homosexualité reste un sujet sensible. Reconnaître celle de son enfant comme légitime exige un long chemin semé de doutes, de crainte du qu'en-dira-t-on.

"On accepte, mais il reste des problèmes, des lames de fond qui reviennent parfois, admet Christine. J'avais bâti pour ma fille un scénario de vie. Il faut faire son deuil de l'enfant idéal. Mon mari a mis plus de temps que moi. C'est encore difficile de les voir s'embrasser…"

La révélation

Ça arrive un jour, dans un climat de confidence, il (elle) vous en parle. Ou bien, pour se donner du courage, vous présente l'amour de sa vie. Souvent, même si on s'en doutait, c'est un choc. On pleure, on se lamente sur les petits-enfants qu'on aurait tant voulu avoir.

On oublie que l'homosexualité comporte une part énorme d'affectivité, d'amour. Or c'est là que se situe le terrain d'entente le plus solide : ces couples connaissent des peurs et des joies, des doutes et des regrets, espoir et jalousie.

À une différence près, ils vivent comme nous. Pourquoi les bannir, même si cela nous déchire ?

"Tout sauf ça"

Si les mentalités ont évolué, l'homophobie persiste. De nombreux parents affirment : "Tout sauf ça !" Des jeunes qui ont voulu se confier à leurs parents sont rejetés par leur

famille comme des criminels. C'est la honte, la trahison. Surtout dans les petites localités, où les proches se sentent déshonorés.

La qualité de la relation affective qui existait avant la révélation joue un grand rôle. Si elle était solide, il est moins malaisé de la perpétuer, de la réinventer. Si elle était agressive, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les portes et les cœurs se ferment… pour se rouvrir, parfois, plus tard.

Dire et comprendre

Beaucoup de jeunes homosexuels sont désespérés de cette

incompréhension. Beaucoup vivent cachés et portent cette blessure comme un deuil déchirant (statistiquement, ceux qui n'ont rien dit jusqu'à 40 ans sont les plus malheureux, ils ont trop attendu, il est trop tard). Pourtant, l'homosexualité n'est ni un échec ni une maladie, c'est une composante de la personnalité. Au-delà de la gêne, de la peur, de la honte, enfants et parents ont plus de chances de s'en sortir ensemble quand la vérité voit le jour tôt.

Quelles réticences ?

Pourquoi cette préférence souvent désignée comme une déviance est-elle si difficilement admise ? Un premier argument culturel apparaît fréquemment : un couple est censé se composer d'un homme et d'une femme, afin de perpétuer l'espèce. L'homosexualité constituerait donc une anomalie.

Et les parents souhaitent pour leur enfant un scénario de vie qui soit - au minimum - dans la norme. En outre, certains amalgames entretiennent la peur, telle la confusion avec la pédophilie qui constitue un délit. Or l'homosexualité se définit comme une relation égalitaire entre deux personnes consentantes. En cela, elle constitue un acte libre et légal.

Autre raison de se sentir déboussolé : les clichés associés à l'homosexualité (les "folles", certaines scènes de la Gay Pride, les lesbiennes aux allures de camionneur, les bars louches…).

S'ajoute à cela - quoique moins désormais - l'association homosexualité et sida. Rodolphe témoigne : "Je vivais seul avec ma mère, infirmière. Quand je lui ai révélé mon homosexualité, je me suis retrouvé à la porte du jour au lendemain, à 21 ans et sans un sou, sous prétexte que j'allais rapporter le sida à la maison."

L'association Contact pour vous aider

Les parents n'échappent pas aux regrets et à la culpabilité. Marie-Thérèse, bénévole à l'association Contact, complète : "Il a fallu du temps aux enfants pour se faire à leur homosexualité. Il est légitime qu'on fasse aussi notre propre chemin d'acceptation. Pendant un moment, on va chercher un responsable : notre système d'éducation, une mauvaise influence ? Puis découvrir que la culpabilité ne résout rien. Seules la confiance et l'estime sont gratifiantes. Pour eux, pour nous."

Une écoute

L'association Contact est un lieu d'écoute pour les parents, les enfants homosexuels et leurs proches. Des permanences d'écoute et d'accueil, des groupes de parole, des entretiens individuels avec des psychologues... sont organisés.

Contact est une fédération d'associations présentes à Angers, Bordeaux, Brest, Dijon, Grenoble, le Mans, Lille, Lyon, Nantes, Paris, Rouen, Strasbourg, Toulouse et Valence.

Elle édite une brochure, "Notre enfant est homosexuel". Claire, positive, celle-ci fait le tour de la question et dédramatise. Gratuite, elle vous sera adressée sur simple demande au 01 44 54 04 70.

Comment en parler ?

Vous avez un doute. La question vous brûle les lèvres, mais ça ne passe pas ? Tant mieux ! Lui demander sans préambule : "Es-tu homosexuel(le) ?" serait maladroit, vous risquez de le blesser car c'est une intrusion dans la vie privée de votre enfant.

En revanche, il est facile d'aborder le sujet à propos d'une émission télévisée, de laisser traîner une brochure, un article… et de commenter : "Ce film était bien, je trouve cet article intéressant… Et toi, qu'est ce que tu en penses ?" Il est essentiel d'agir avec doigté et amour, afin qu'il (elle) ne se sente pas obligé d'avouer alors qu'il n'y a pas à avouer mais à dire. D'ailleurs, nombre de jeunes homosexuels tendent des perches à leur famille ; celles-là, il importe de les entendre, de rebondir : "C'est-à-dire ? Tu veux bien m'en parler… ?"

Et quand il (elle) s'est confié(e), essayez de rester vrai, d'admettre que vous êtes perturbé. Ce genre de révélation perturbe un couple mais il vaut mieux en parler ensemble. On doit partager. Ce sont nos enfants d'abord. On souhaite leur bonheur. Il est important de leur demander s'ils se sentent bien dans leur vie. Si la réponse est oui et si l'entourage confirme qu'ils ont l'air épanouis, alors ils sont dans leur chemin, quel qu'il soit. Et c'est ça qui compte !

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Vos reactions a l'article (2)

  • dimanche 17 janvier 2010 / drole2dame

    mon fils ne m'a pas encore avouée son homosexualité, il a 23 ans, et pourtant je le sais depuis qu'il a 16 ans en ayant intercepté des courriers émanant de ses petits copains et je sais pour en avoir encore eu la preuve récemment que ce n'était pas juste une expérience mais bien que telle est sa voie ...j'ai bien essayé d'en parler avec lui mais il "n'accroche" pas et détourne sans cesse la conversation...enfin compte au fond de moi j'espère qu'un jour il me réponde que je me suis trompée et qu'il est un homme qui aime les femmes mais hélas c'est un leurre ! bien sur que ce n'est pas grave en soi d'être homosexuel mais on préfère toujours que ce soit les enfants des autres qui soient ainsi. Le notre d'enfant on l'imagine "stéréotypé" car cela nous rassure quelque part, et quand ce stéréotype se fissure pour laisser apparaître un être différent de ce que l'on avait imaginé on n'arrive pas vraiment à faire face, on s'interroge constamment et puis moi je vous avouerai que le côté féminin qu'il prend par moment de part ses gestes, ses expressions, me hérisse plus que de savoir qu'il puisse embrasser ou faire l'amour avec un autre homme
  • lundi 7 septembre 2009 / LAU

    Pour moi ce qui est extrêmement difficile c'est d'admettre la sexualité de mon enfant, plus encore à mon avis parce que c'est un garçon. Admettre leur sexualité est déjà une difficulté en soi car c'est vraiment à cet instant que la séparation se fait, mais lorsqu'elle est "hors norme" malgré il me semble une grande tolérance, en tant que parents on vit ça comme une effraction psychique . Mon fils a choisi en plus de l'afficher sur facebook en montrant des photos de lui embrassant son petit ami : ses amis trouvent tous ça adorables ; je précise que c'est lui qui a choisi qu'il y ai un lien avec moi sa mère sur fb. je fais de mon mieux pour ne pas le stigmatiser dans mon esprit et lui assure que je l'aime tel qu'il est mais néanmoins ma première réaction à la vue de ses photos était plutot négative . bon j'essaye de relativiser mais c'est une épreuve !
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