Inceste : sortir du silence

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La victime doit comprendre qu'elle est victime

Les victimes se sentent coupables quand elles éprouvent une excitation physiologique. En outre, elles ont peur de faire voler leur famille en éclats en dénonçant l'agresseur, surtout si ce dernier leur a demandé de garder le silence.

La reconnaissance du statut de victime est pourtant le seul moyen de sortir du gel du temps, de mettre un terme aux conduites autodestructrices et d'empêcher la reproduction des agressions.

Quelle procédure suivre pour porter plainte ?

La victime d'un crime ou d'un délit sexuel commis par une personne ayant autorité peut porter plainte jusqu'à l'âge de 38 ans (pendant vingt ans après sa majorité), quel que soit son âge au moment des faits.Elle peut déposer sa plainte en écrivant au parquet. Elle peut aussi demander à un psy, un médecin ou un proche à qui elle se confie de faire un signalement au parquet.

Une enquête préliminaire est diligentée par les gendarmes ou la police. En fonction de ces éléments, le Procureur de la République décide des suites à donner à la procédure. Le dossier sera renvoyé devant un tribunal correctionnel pour un délit (exhibition, harcèlement, agression), devant une cour d'assises pour un crime (pénétration).Une plainte avec constitution de partie civile (de la part d'une association contre l'enfance maltraitée, par exemple) permet de saisir directement le juge d'instruction.

En l'absence d'aveux ou de preuves matérielles, la justice se fonde sur son intime conviction. La parole du plaignant contre celle de l'agresseur désigné peut être source d'erreur. L'instruction pénale, qui dure deux ans, permet toutefois de rechercher des témoignages concernant la souffrance du plaignant ainsi que d'autres faits semblables dont l'agresseur désigné aurait pu se rendre coupable.

avec M. Pierre-Olivier Sur, avocat et auteur de "Nul n'est censé ignorer la loi", éditions Lattès, 2004.

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2 RÉACTIONS À L'ARTICLE
Par Adeline. Mardi 01 juin 2010
Je crains malheureusement, qu'en tant que victime, nous souffrirons toute notre vie de ces actes horribles. Ce qui compte c'est de prendre goût à la vie, de croire en soi et de se battre pour réussir à vivre notre vie. Votre fille a la chance d'avoir une maman qui prend soin d'elle : la mienne a préféré me tourner le dos... Rester là pour elle, à tout moment, et parlez avec elle dès qu'elle en a besoin.
Par Nono Samedi 27 mars 2010
mon ex beau-père ayant abusé de ma fille à l'âge de 9 ans, a été mit en garde à suite suite à notre plainte, comme ce brave "pépé" n'a jamais avoue; on n'a pas pu prouver que c'était lui et pas quelqu'un d'autre !!! pourtant ma fille est passée par un expert psychiatre qui a affirmé ses propos...., il a bien précisé qu'elle n'affabulait pas, donc, il faut parler ou se taire ??? en attendant plus de 15 ans après ; ma fille en souffre toujours, même après avoir subit une psychothérapie.
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