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Inceste : sortir du silence

Inceste : sortir du silence


  • Actualisé le vendredi 14 mars 2008

L'inceste est un forfait sexuel commis dans la famille sur un mineur ou sur une personne faible.

L'inceste est un forfait sexuel commis dans la famille sur un mineur ou sur une personne faible. L'inceste n'est pas strictement physique, il est moral aussi. Il commence dès que quelqu'un ne respecte pas la libre disposition de l'autre, dès qu'il viole l'espace de son intimité physique ou psychique : "il y a des filles massacrées par leur mère qui les inonde de confidences sexuelles. Elles n'ont malheureusement aucune chance de faire valoir leurs droits devant un tribunal", explique Robert Neuburger, psychiatre et thérapeute de couple.

Conduites autodestructrices

Les conséquences sont souvent plus dévastatrices quand la victime est jeune et les abus répétés, mais le crime ne se mesure pas à l'appréciation extérieure qu'on peut en avoir. Il se mesure à la souffrance de la victime.

Sentiment de trahison, de honte, impression d'être salie, culpabilité à l'idée de ne pas s'être opposée à l'agresseur, terreur, envie de disparaître... La victime se sent brisée de partout. Une partie d'elle reste figée à l'époque où le crime a eu lieu, comme morte. Le temps est gelé et son identité se dissocie.

D'un côté, elle refoule l'horreur pour que la vie se poursuive. De l'autre, elle est plus ou moins consciemment poussée à adopter des conduites autodestructrices ou bien à s'identifier à l'agresseur, au parent aimé, et à devenir agresseur à son tour.

Des repères brouillés

Parler est difficile pour les victimes, car l'agresseur effectue un brouillage psychique et se présente, parfois, d'une manière ou d'une autre, comme représentant de la loi en exerçant son pouvoir. Elles ne comprennent pas bien ce qu'elles subissent quand on leur fait croire que c'est normal.

La victime doit comprendre qu'elle est victime

Les victimes se sentent coupables quand elles éprouvent une excitation physiologique. En outre, elles ont peur de faire voler leur famille en éclats en dénonçant l'agresseur, surtout si ce dernier leur a demandé de garder le silence.

La reconnaissance du statut de victime est pourtant le seul moyen de sortir du gel du temps, de mettre un terme aux conduites autodestructrices et d'empêcher la reproduction des agressions.

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