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Entrée à l'université : l'apprentissage de l'autonomie
- Actualisé le lundi 8 octobre 2007
Les parents seront aux côtés de leur enfant dans sa nouvelle vie d'étudiant en lui donnant plus de liberté et de responsabilités. Ils ont aussi un rôle d'information à jouer en matière de prévention sanitaire.
Cette même contradiction existe chez les parents, les mères en particulier, heureuses que leur enfant accède aux études supérieures, mais désireuses aussi qu'il reste à la maison pour mieux le contrôler.
Anticiper la séparation
Cette inévitable séparation sera d'autant mieux vécue qu'elle aura été anticipée. L'enfant qui a reçu de l'argent de poche tôt dans son existence a appris à le gérer en distinguant les achats indispensables des dépenses superflues. L'adolescent de 14-15 ans qui sait faire tourner la machine à laver le linge une fois par semaine sait prendre en charge ce genre de tâches domestiques.
Laisser son enfant se débrouiller
Si le grand saut entre le domicile familial et le logement étudiant n'a pas été préparé en amont, "il faut laisser le bachelier se débrouiller seul dans son nouveau quotidien", recommande Alain Braconnier, médecin psychanalyste, chef de service de la consultation pour adolescents du centre Philippe-Paumelle, à Paris.
Le rôle des parents consiste seulement à signaler leur présence rassurante : "Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à nous appeler." S'il ne doit pas revenir avant plusieurs mois, ils peuvent décider avec lui de lui rendre visite, à la Toussaint par exemple.
Ne pas entretenir les liens de dépendance
Laver son linge, glisser des plats préparés dans sa valise au moment du départ, lui recommander de se coucher tôt en semaine ou de surveiller ses dépenses, etc., autant d'attitudes déconseillées, car elles favorisent les liens de dépendance et freinent le passage à l'âge adulte.
Tant pis s'il ne mange pas de manière équilibrée ou s'il explose son budget le premier mois ! "L'étudiant doit apprendre la liberté et l'autonomie", insiste Xavier Pommereau, qui dirige le Pôle aquitain de l'adolescent (centre Abadie du CHU de Bordeaux).
Réussir la cohabitation
Lorsque l'enfant reste au domicile familial durant ses études supérieures, les parents doivent essayer de prendre en compte son nouveau statut d'étudiant. Il n'est plus lycéen ! Le moment est venu de lui octroyer une marge importante de liberté en respectant son espace, ses sorties, et ses décisions. Mais attention à ne pas se laisser "marcher sur les pieds" !
Il faut parvenir à un juste milieu : vivant sous le toit familial, il devra respecter les règles de la maison, assumer ses responsabilités, et surtout apprendre à s'entendre avec ses parents. Par exemple, s'il veut sortir le soir, il pourra le faire autant qu'il voudra, mais devra leur dire s'il revient ou non coucher à la maison, afin qu'ils ne s'inquiètent pas. Il est souhaitable que ces règles soient discutées et clairement établies.
Une nouvelle façon de travailler
Souvent, les parents se demandent s'il s'adaptera aux méthodes de travail qu'impose l'université et s'il parviendra à décrocher son premier diplôme. Une préoccupation légitime, car seuls 45,5 % des étudiants obtiennent le Deug en deux ans.
Dans ce domaine aussi, les parents doivent faire confiance à leur enfant et le laisser travailler comme il l'entend. Leur mission se limite à l'écouter s'il les sollicite pour résoudre une difficulté.
Le guide de l'étudiant, un outil indispensable
"L'autonomie ne vient pas toute seule, prévient Marie-Thérèse Maurer, vice-présidente du conseil des études et de la vie universitaire à Lyon II. Le secrétariat de chaque filière est débordé à la rentrée. L'étudiant trouvera les réponses à ses questions en fréquentant le SUIO, dont la mission consiste à accueillir les bacheliers à l'université. Ses coordonnées figurent dans le “Guide de l'étudiant” qui lui a été remis lors de son inscription."
Ne pas lier réussite et financement des études
Alain Braconnier, lui, observe : "Les parents ne peuvent exiger de leur enfant qu'il réussisse parce qu'ils participent au financement de ses études. Les notes ne s'achètent pas ! Le jeune doit s'engager dans sa vie d'étudiant pour lui. Il se sent déjà coupable d'être à la charge de ses parents. Lui demander un retour sur investissement renforcera ce sentiment et provoquera un manque de confiance en soi ou même de la révolte."
Stress et déprimes sont fréquents
La quasi-totalité des étudiants se déclarent en bonne santé physique, mais ils sont nombreux à souffrir sur le plan psychique. Selon l'étude de l'Union nationale des sociétés étudiantes mutualistes régionales (Usem) intitulée "La santé des étudiants en 2007", plus de 31 % des étudiants ont rencontré une période de déprime ou de perte de confiance supérieure à deux semaines au cours de l'année écoulée.
Certains se sont sentis seuls ou trop isolés (35,2 %), ont eu des difficultés à gérer leur stress (36 %), des problèmes de sommeil (18 %) ou des pensées suicidaires (8,8 %). À ces troubles s'ajoutent des conduites à risque : 15 % d'entre eux fument beaucoup, 12 % consomment du cannabis, 10 % boivent de l'alcool de façon excessive.
Prévenir le mal-être
La délicate transition entre le lycée et l'enseignement supérieur peut provoquer un sentiment de mal-être. Aussi les parents ont-ils un rôle d'information à jouer auprès de leur enfant pour l'inviter à se rendre dans le service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS) s'il éprouve, par exemple, des difficultés d'adaptation ou d'organisation, s'il se sent isolé, si le contenu des cours le déçoit.
Les trois quarts des étudiants méconnaissent ce service. "C'est un lieu d'écoute où travaillent médecins, infirmières, assistantes sociales et psys, explique Martine Rosenbacher. L'étudiant peut s'y rendre à tout moment, du lundi au vendredi, et bénéficier de consultations gratuites."
