Pour aller plus loin
Doit-on taire ses frasques de jeunesse ?
- Publié le mardi 8 janvier 2008
À nous voir, si pleins de nos responsabilités quotidiennes, nos enfants imaginent-ils que nous ayons pu faire les quatre cents coups ? Comment leur en parler ?
Montrer l’exemple aux petits
Les avis sont partagés et, à vrai dire, cela dépend du degré de la transgression et de l’âge des enfants. Avant 10 ans, ceux-ci ont tendance à idéaliser les parents. Ils les veulent solides, responsables et protecteurs, même s’ils font tout pour les déstabiliser.
"Ils testent nos limites" disent les psys. Les enfants nous poussent à assumer un rôle de premier plan, ils nous accordent d’emblée puissance et savoir-faire. Et en échange ils font leurs griffes sur nous, nous usant jusqu’à la corde.
On aurait parfois envie de crier "pouce, j’arrête", comme Marielle qui, à 34 ans, ne se sent pas une âme de maman bien rangée : "Une mère ou un père a aussi des envies de lâcher du lest, de ne pas toujours montrer le bon exemple… Mais la plupart du temps, on se contente de se remémorer son adolescence et les entorses que l’on a pu faire à la loi ou aux bonnes mœurs. J’en raconte parfois des bribes à mon fils Romain. Au fond de moi j’ai envie de dire : 'Moi aussi, je suis un être comme tout le monde, avec mes forces et mes faiblesses. Je ne suis pas qu’un distributeur de nourriture ou un toit protecteur. Je suis vivante, avec des envies, des désirs parfois loufoques et ma personnalité à moi.'"
Des parents pas si modèles
Le besoin de montrer une autre face, de sortir de son rôle de mère, c’est un peu dire à l’enfant que l’on est comme lui et qu’on n’a pas toujours envie d’être sage. Mais voilà, a-t-il envie que ses parents soient "comme lui" ?
Pour le petit, les parents sont "au-dessus de tout soupçon", puis l’enfant se construit en se distanciant. Pour cela, il a besoin de déboulonner ses anciennes figures mythiques . "Raconter ses anciennes frasques ? Pourquoi pas ? À condition que les comportements actuels soient fiables pour l’enfant, qu’il se sente en sécurité avec ceux qui l’entourent", conseille Geneviève Guéret, psychologue auprès d’enfants et d’adolescents.
"Le rôle des parents est d’être les 'porteurs de la loi', pas de l’incarner comme une statue de la Justice, poursuit Geneviève Guéret. On peut parfois s’interroger sur le sens que prend ce type de confidences : s’agit-il d’un rapprochement qui est en fait une rivalité ('J’en ai fait plus que toi') ? Ou d’un dénigrement de soi ('Ne fais pas ce que j’ai fait') qui offre un modèle négatif pour le jeune à défaut de lui proposer un chemin positif ?".
Vos réactions (1)
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lundi 10 mars 2008 / LLL
Mes parents ne m'ont jamais rien dit sur leurs "frasques". Ce n'est que vers 25 ans que j'ai découvert certaines choses. J'aurais vraiment préféré le savoir avant car j'ai vécu pendant toutes ces années avec une fausse image de mes parents. Je les ai crus malheureux, alors que pas du tout ! Et au final, ça change tout...
