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Choisir le prénom de votre enfant
Choisir le prénom de votre enfant

Un prénom doit permettre à celui qui le porte de trouver sa place dans le cercle familial et plus largement dans la société. De se construire avec, mais parfois aussi contre.
La sonorité comme premier critère de choix d'un prénom
Jusqu’en 1993, il n’était pas question pour des parents de choisir un prénom ne figurant pas sur une liste officielle préétablie ! L’officier d’état civil y veillait, au moment de l’enregistrement. Depuis, il n’a plus son mot à dire. Si un prénom lui semble ridicule, péjoratif, grossier ou s’il fait référence à un personnage déconsidéré dans l’Histoire, il doit se contenter d’en aviser les parents et le procureur de la République. Peu de prénoms sont donc refusés.
On peut attribuer à son rejeton le prénom d’une star du show-biz (Britney), du sport (Zinedine), de héros de séries TV (Samantha) ou même de marques prestigieuses (Nike). On peut même inventer un prénom ! Les classiques du genre Emmanuel et Marianne n’ont pas disparu pour autant, les prénoms rétro, tels que Jules et Adèle, non plus, souvent pour avoir été portés par la génération des arrière-grands-parents. Mais quelle incidence un prénom a-t-il sur le ressenti de l’enfant ?
"J’ai choisi d’appeler mon fils Enzo parce que c’est doux à l’oreille et que ça évoque le soleil de l’Italie", confie Stéphanie. La sonorité évoquée par un prénom est le premier critère de choix pour une majorité de parents. Une musicalité porteuse de sens : dolce vita pour les prénoms italiens ; dynamisme, argent, succès, pour les prénoms américains…
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le guide des prénoms
Le choix d'un prénom engage la vie de l’enfant
Derrière le choix d’un prénom, il y a toujours un projet pour l’enfant, une volonté de le rattacher à sa tradition familiale, sa religion, sa culture d’origine ou au contraire de l’en libérer. "Nous avons appelé notre fils Achille parce qu’un prénom mythologique est moins lourd à porter qu’un prénom de saint et martyr", témoigne Yves, issu d’une famille catholique qu’il juge asphyxiante.
Il arrive aussi que le choix parental soit dicté de façon inconsciente. On peut être plein d’amour pour un bébé et lui donner le prénom d’un enfant disparu. Féminiser un prénom choisi au départ pour le garçon qu’on espérait ou l’inverse, Frédérique pour Frédéric, par exemple. Attribuer le prénom d’une figure familiale - héros militaire, polytechnicien… - comme pour lui confier la mission de l’égaler.Quand le père et la mère maintiennent leur propre choix et finissent par s’accorder sur deux prénoms accolés, François-Gilles, par exemple, ils imposent à l’enfant de grandir avec ce compromis. S’ils attribuent à leur fils (ou fille) leur propre prénom - Jean de père en fils -, ils font de lui leur prolongement narcissique et entravent ses possibilités d’exister par lui-même…
"Ce n’est jamais le prénom en lui-même qui pose problème, mais les intentions inconscientes qui vont avec", explique Karine Segard, psychanalyste. "J’ai été dépitée en découvrant que mon fils n’était pas le seul Enzo de la maternelle", avoue Stéphanie. Quand le charme d’un prénom s’exerce en même temps sur un grand nombre de parents, il crée un effet de mode, pas toujours bien vécu par eux, ni par les enfants. "En CE2, la maîtresse a instauré "le coin des Élodie", j’ai détesté ça !", confie l’une des intéressées. Le plus sûr moyen d’échapper à la mode est d’opter pour l’insolite.
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