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Aider un enfant qui bégaie


  • Actualisé le jeudi 23 novembre 2006

Sommaire de l'article : page 2 / 4

Existe-t-il des "techniques" ?

Ensuite, privilégier le fond et non la forme : encourager l'enfant et lui faire sentir que l'on s'intéresse à son discours plutôt qu'à son énonciation est une règle majeure. Un bon exercice, mais qui doit toujours rester régi par le principe de plaisir, est de regarder à deux un livre d'images, de les commenter, de poser des questions, mais sans faire peser sur l'enfant l'obligation de répondre. Autrement dit, il s'agit de toujours faire sentir que l'important, c'est le dialogue.

Parallèlement, aux enfants d'une dizaine d'années comme aux adultes, l'orthophoniste peut enseigner quelques "trucs" de relaxation qui permettent de ne pas paniquer devant des syllabes difficiles. Cela suffit-il pour guérir du bégaiement ? "Chez les tout-petits, le bégaiement bien pris en charge disparaît sans laisser de traces, note Brigitte Deniort, orthophoniste. Chez les enfants plus âgés, on ne peut pas dire qu'il guérit, mais il s'estompe et cesse d'être une gêne dans la vie sociale."

Dans plus de deux tiers des cas, le bégaiement apparaît entre 3 et 7 ans. Ce trouble très largement masculin touche 600 000 personnes en France. Malgré sa fréquence, le bégaiement demeure un sujet tabou. Il désempare la famille, qui a pourtant un grand rôle à jouer pour aider l'enfant à renouer avec une élocution fluide.

La prise en charge précoce du bégaiement donne de bons résultats et évite l'installation durable du problème. "La première chose à connaître, c'est que dans un cas sur quatre ça ne passe pas tout seul", insiste Anne-Marie Simon, orthophoniste et secrétaire générale de l'Association parole et bégaiement (APB).

Savoir aider son enfant

Pour éviter une évolution douloureuse de leur enfant, les parents peuvent beaucoup. D'abord, ne pas hésiter à consulter, même si l'enfant est encore très jeune. Les orthophonistes prennent en charge les tout-petits, dès l'âge de 2 ans et demi-3 ans.

Il est important de vérifier que le spécialiste choisi a suivi une formation spécifique sur le bégaiement. Chez les très jeunes enfants, toute la thérapie passe par des conseils donnés aux parents, de préférence reçus tous les deux, en même temps que le petit patient.

Chez les enfants plus âgés, la prise en charge peut s'étaler sur quelques séances ou sur plusieurs mois. Dans tous les cas, l'entourage apprend à proscrire les attitudes susceptibles de renforcer le blocage.

Existe-t-il des "techniques" ?

Ensuite, privilégier le fond et non la forme : encourager l'enfant et lui faire sentir que l'on s'intéresse à son discours plutôt qu'à son énonciation est une règle majeure. Un bon exercice, mais qui doit toujours rester régi par le principe de plaisir, est de regarder à deux un livre d'images, de les commenter, de poser des questions, mais sans faire peser sur l'enfant l'obligation de répondre. Autrement dit, il s'agit de toujours faire sentir que l'important, c'est le dialogue.

Parallèlement, aux enfants d'une dizaine d'années comme aux adultes, l'orthophoniste peut enseigner quelques "trucs" de relaxation qui permettent de ne pas paniquer devant des syllabes difficiles. Cela suffit-il pour guérir du bégaiement ? "Chez les tout-petits, le bégaiement bien pris en charge disparaît sans laisser de traces, note Brigitte Deniort, orthophoniste. Chez les enfants plus âgés, on ne peut pas dire qu'il guérit, mais il s'estompe et cesse d'être une gêne dans la vie sociale."

Une origine incertaine

Plusieurs théories coexistent, dont aucune ne suffit à expliquer ce trouble encore mal élucidé. Une certitude : aucune malformation physique n'est décelable. Les organes de la parole sont intacts, et d'ailleurs un bègue ne bégaie pas lorsqu'il se retrouve seul et se parle à lui-même, ou bien lorsqu'il s'adresse, en dehors de tout regard extérieur, à un animal ou à un bébé.

Le bégaiement est toujours lié à un ensemble de causes, parmi lesquelles la génétique joue un rôle. La probabilité d'avoir un enfant qui bégaie est en effet multipliée par trois si l'on est bègue soi-même. Par ailleurs, certains éléments favorisants peuvent être identifiés après coup, comme la naissance d'un nouvel enfant, un déménagement, un changement d'école, certains climats familiaux (conflits, obligation d'excellence).

À la question "d'où cela vient-il ?", les thérapeutes de l'association Parole et Bégaiement (APB), créée il y a dix ans pour aider les personnes bègues et leurs familles, ont préféré "Que peut-on faire ?"

Pour contacter l'Association Parole et Bégaiement :

Tél : 0810 800 470
E-mail : contact@begaiement.org

Les attitudes à proscrire

  • Faire semblant de n'avoir rien remarqué.
  • Faire semblant de ne pas avoir compris, pour obliger l'enfant à reformuler sa phrase.
  • Manifester de l'impatience, en le pressant de parler ou en regardant ailleurs.
  • Finir ses phrases à sa place.
  • Exiger un langage irréprochable.
  • Lui conseiller de se calmer et de bien respirer.
  • Multiplier les sources d'excitation (trop de télévision, d'invités à la maison, emploi du temps chargé).

Vos réactions (1)

  • samedi 11 octobre 2008 / albi

    les attitudes à proscrire d'accord, mais alors mais quelle est l'attitude à prendre en tant que parent quand on est seul avec l'enfant pour ne pas le frustrer d'avantage mais plutot l'encourager?
    Merci
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