Orientation scolaire : choisir le lycée de son enfant

Batch operation process

Le printemps est à peine en vue qu’il faut déjà penser à trouver le meilleur lycée pour les collégiens de troisième. Le point sur ce que la suppression de la carte scolaire a changé.

Les parents peuvent sortir de la sectorisation en demandant que leur enfant intègre un lycée situé en dehors de leur district. Ainsi, lors de l’entrée en seconde, beaucoup de dérogations parviennent dans les rectorats à chaque rentrée. Encore peu de demandes obtiennent satisfaction, les capacités d’accueil des établissements n’étant pas extensibles. Alors, comment s’y prendre pour faire le bon choix ?

Carte scolaire : les parents y sont favorables

Alors que la plupart des parents déclarent y être favorables, l’assouplissement de la carte scolaire est dénoncé par l’ensemble des fédérations de parents d’élèves et des syndicats d’enseignants. Ils lui reprochent d’augmenter la ghettoïsation des établissements difficiles, qui perdraient ainsi au moins 10 % de leurs élèves.

Donner les meilleures chances à son enfant demande que l’on mette en place une stratégie précise. Fini le temps où, en fin d’année scolaire, les proviseurs faisaient leur marché parmi les dossiers des élèves. Depuis la rentrée 2008, Affelnet (affectation des élèves par le Net) s’en charge.

Ce logiciel informatique gère l’ensemble des demandes sans états d’âme, en fonction de critères préalablement définis. Il trie les dossiers en tenant compte des points accumulés par les postulants, dont la pondération varie d’une académie à l’autre.

Les critères scolaires déterminants

Trois critères demeurent partout décisifs.

La proximité géographique. Elle pèse 30 %. Choisir un établissement dans son secteur constitue un atout dont ne bénéficiera pas le choix hors secteur (qui se contentera de 10 % environ).

Les critères sociaux. Ils jouent un rôle prépondérant. Les élèves boursiers ou handicapés voient leur fragilité compensée d’un bonus de 30 % environ.

Les notes obtenues. Ce sont celles du contrôle continu qui comptent, car, au moment où vous remplirez vos vœux, votre enfant n’aura pas encore passé le brevet. Dans certaines académies, elles peuvent représenter jusqu’à 40 % du barème.

Effectivement, il existe des PAM (préaffectations multichoix) qui ne tiennent pas compte des notes pour les établissements du secteur, et… des PAM tenant compte des notes pour ceux dont les places sont contingentées.

Lycée : comment appuyer votre choix ?

Choisir une langue rare ne permet plus d’obtenir une place dans un lycée en particulier, car les enseignements de détermination qui s’ajoutaient au tronc commun disparaîtront à la rentrée prochaine au profit de l’enseignement d’exploration.

Le regroupement de fratrie, qui était un facteur de priorité au collège, ne compte plus beaucoup au lycée, car les enfants sont grands.

Au mois de mars de chaque année, vous devez effectuer, selon votre académie, entre trois et six vœux provisoires, en optant pour une spécialité et un établissement public (par exemple, agriculture au lycée de la Mer, à Sète).

Début juin, le principal du collège entre les vœux définitifs dans l’ordinateur. Ils seront pondérés par les notes et l’avis du conseil de classe. Pour éviter les erreurs, une feuille récapitulative sera remise aux parents pour signature.

Un lycée adapté à l’enfant

Il est capital de ne pas trop surestimer le premier choix. Un établissement hors secteur ne bénéficie pas du bonus de proximité et si la demande y est forte, ce seront les notes de l’élève qui feront la différence.

Soyez prudent et assurez vos arrières avec un deuxième choix accessible et dans le secteur géographique de votre domicile. En effet, lorsque les paramètres de tri sont intégrés, l’ordinateur mouline et attribue les affectations.

Après le premier tour, les places restées vacantes sont mises à disposition des établissements et un ou plusieurs tours sont à nouveau organisés jusqu’à ce que chaque collégien ait trouvé une place. Si le deuxième vœu de votre enfant est également surestimé, il dégringolera dans ses choix, car tous les lycées visés auront fait le plein. Il sera alors affecté dans un établissement non désiré et peut-être éloigné de son domicile.

Maîtriser le logiciel, c’est bien, encore faut-il savoir prendre les bonnes décisions pour votre enfant. Associez-le à vos recherches. D’abord, consultez le palmarès des lycées. Le ministère de l’Éducation nationale publie les indicateurs de performance des lycées sur le Web. Ils apportent des informations utiles à condition de ne pas se contenter de lire la colonne "taux de réussite au baccalauréat".

Un bon lycée accompagne les élèves tout au long de leur scolarité en évitant de les faire redoubler et de les mettre à la porte avant l’examen s’ils sont susceptibles d’échouer. Cette valeur ajoutée, la seule vraiment intéressante, se vérifie en regardant le "taux d’accès au baccalauréat".

Vérifiez les filières proposées

Examinez le projet pédagogique des lycées convoités. Profitez des journées portes ouvertes, organisées au printemps, pour sentir l’ambiance.

  • Les lycées de quartier peuvent s’avérer très novateurs.
  • À Lyon, des ministages sont organisés pour permettre aux collégiens de découvrir les voies professionnelles.
  • À Paris, le lycée Bergson a mis sur pied une classe "Louvre" qui permet aux élèves de visiter régulièrement le musée et d’apprendre l’italien ou l’anglais en parlant de tableaux.

Pour affiner votre choix, vérifiez les filières : tous les lycées ne proposent pas l’ensemble des filières du bac ni toutes les "prépas". Les trois séries générales (L pour littéraires, ES pour économie sociale, S pour sciences) sont les plus répandues.

Mais un enfant qui aime les matières scientifiques tout en ayant une fibre artistique sera moins à l’aise dans une filière S qu’en STI (sciences et technologies industrielles) qui ouvre vers les métiers du design et du dessin.

Et les filières STG (sciences et technologies de la gestion) sont bien adaptées aux prépas axées sur l’économie. Quant aux lycées professionnels, ils ont bien changé. Désormais, le bac s’y prépare en trois ans, et des passerelles existent vers d’autres séries pro ou la voie générale et technologique.

Enfin, n’oubliez pas que les établissements cotés sont les plus demandés. Désectorisation ou pas, certains lycées, comme Henri-IV et Louis-le-Grand à Paris, continuent de jouer en solo en pratiquant un recrutement personnel et national.

Par ailleurs, sachez que les classes à rythme aménagé (danse, musique ou sport) ne sont pas concernées par le dispositif Affelnet.