La rentrée à la fac sans déprime

Batch operation process

Les parents seront aux côtés de leur enfant dans sa nouvelle vie d'étudiant en lui donnant plus de liberté et de responsabilités. Ils ont aussi un rôle d'information à jouer en matière de prévention sanitaire.

Lors de sa première rentrée à la fac, le bachelier découvre un nouvel environnement. Cette rupture est marquée par des sentiments ambivalents. D'un côté, il se réjouit à l'idée d'être libre et autonome, de l'autre il éprouve beaucoup d'inquiétude.

Cette même contradiction existe chez les parents, les mères en particulier, heureuses que leur enfant accède aux études supérieures, mais désireuses aussi qu'il reste à la maison pour mieux le contrôler.

Avant l'entrée en fac, anticiper la séparation

Cette inévitable séparation sera d'autant mieux vécue qu'elle aura été anticipée. L'enfant qui a reçu de l'argent de poche tôt dans son existence a appris à le gérer en distinguant les achats indispensables des dépenses superflues. L'adolescent de 14-15 ans qui sait faire tourner la machine à laver le linge une fois par semaine sait prendre en charge ce genre de tâches domestiques.

Si le grand saut entre le domicile familial et le logement étudiant n'a pas été préparé en amont, "il faut laisser le bachelier se débrouiller seul dans son nouveau quotidien", recommande Alain Braconnier, psychiatre, psychologue et psychanalyste.

Les parents doivent seulement signaler leur présence rassurante

Le rôle des parents consiste seulement à signaler leur présence rassurante : "Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à nous appeler." S'il ne doit pas revenir avant plusieurs mois, ils peuvent décider avec lui de lui rendre visite, à la Toussaint par exemple.

Ne pas entretenir des liens de dépendance

Laver son linge, glisser des plats préparés dans sa valise au moment du départ, lui recommander de se coucher tôt en semaine ou de surveiller ses dépenses, etc., autant d'attitudes déconseillées, car elles favorisent les liens de dépendance et freinent le passage à l'âge adulte.

Tant pis s'il ne mange pas de manière équilibrée ou s'il explose son budget le premier mois !

"L'étudiant doit apprendre la liberté et l'autonomie", insiste le psychiatre Xavier Pommereau, qui dirige le Pôle aquitain de l'adolescent (centre Abadie du CHU de Bordeaux).

Réussir la cohabitation

Lorsque l'enfant reste au domicile familial durant ses études supérieures, les parents doivent essayer de prendre en compte son nouveau statut d'étudiant. Il n'est plus lycéen ! Le moment est venu de lui octroyer une marge importante de liberté en respectant son espace, ses sorties, et ses décisions. Mais attention à ne pas se laisser "marcher sur les pieds" !

L'étudiant doit respecter les règles du foyer

Il faut parvenir à un juste milieu : vivant sous le toit familial, il devra respecter les règles de la maison, assumer ses responsabilités, et surtout apprendre à s'entendre avec ses parents.

Par exemple, s'il veut sortir le soir, il pourra le faire autant qu'il voudra, mais devra leur dire s'il revient ou non coucher à la maison, afin qu'ils ne s'inquiètent pas. Il est souhaitable que ces règles soient discutées et clairement établies.

Faire confiance à l'étudiant

Souvent, les parents se demandent s'il s'adaptera aux méthodes de travail qu'impose l'université et s'il parviendra à décrocher son premier diplôme. Dans ce domaine aussi, les parents doivent faire confiance à leur enfant et le laisser travailler comme il l'entend. Leur mission se limite à l'écouter s'il les sollicite pour résoudre une difficulté.

L'autonomie ne vient pas toute seule, prévient Marie-Thérèse Maurer, directrice du Centre international d'études françaises à Lyon II. Le secrétariat de chaque filière est débordé à la rentrée. L'étudiant trouvera les réponses à ses questions en fréquentant le SUIO, dont la mission consiste à accueillir les bacheliers à l'université. Ses coordonnées figurent dans le 'Guide de l'étudiant' qui lui a été remis lors de son inscription."

Ne pas lier réussite et financement des études

Les parents ne peuvent exiger de leur enfant qu'il réussisse parce qu'ils participent au financement de ses études, observe Alain Braconnier. Les notes ne s'achètent pas ! Le jeune doit s'engager dans sa vie d'étudiant pour lui. Il se sent déjà coupable d'être à la charge de ses parents. Lui demander un retour sur investissement renforcera ce sentiment et provoquera un manque de confiance en soi ou même de la révolte."

Déprime et stress sont fréquents chez les étudiants

La quasi-totalité des étudiants se déclarent en bonne santé physique, mais ils sont nombreux à souffrir sur le plan psychique. Les étudiants rencontrent fréquemment une période de déprime ou de perte de confiance au cours de l'année.

Certains se sentent seuls ou trop isolés, ont des difficultés à gérer leur stress, ou rencontrent des problèmes de sommeil.

Des conduites à risque importantes

À ces troubles s'ajoutent des conduites à risque. 14,2 % d'entre eux fument tous les jours et 39,5 % boivent de l'alcool deux à quatre fois par mois, selon la huitième enquête sur la santé des étudiants CSA/emeVia publiée en juillet 2013.

Prévenir le mal-être

La délicate transition entre le lycée et l'enseignement supérieur peut provoquer un sentiment de mal-être.

Aussi les parents ont-ils un rôle d'information à jouer auprès de leur enfant pour l'inviter à se rendre dans le service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS) s'il éprouve, par exemple, des difficultés d'adaptation ou d'organisation, s'il se sent isolé, si le contenu des cours le déçoit.

Qui contacter ?

Centre d'information et de documentation jeunesse (CIDJ)
Il informe gratuitement les jeunes sur les études, les jobs, le logement
Site Internet : www.cidj.com

Centre régional des œuvres universitaires (Crous)
Il gère la restauration et les résidences universitaires, ainsi que les bourses.
Site Internet : www.cnous.fr

Service universitaire d'information et d'orientation (SUIO ou SCUIO)
Il informe les étudiants sur les filières et les aide à élaborer leur projet d'études ou professionnel.

Service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS)
Il met gratuitement à la disposition des étudiants une équipe médicale et paramédicale.