Il n’aime pas son prof, que faire ?

Réagir en cas de sanction disciplinaire à l’école

Entre l’élève et l’enseignant, la relation vire parfois à l’orage. Les parents peuvent aider leur enfant à affronter ces difficultés.

La plupart du temps, la scolarité se déroule sans souci majeur. Mais, lorsqu’une difficulté surgit, mieux vaut ne pas la minimiser, et engager si nécessaire le dialogue avec l’enseignant. L’implication des parents permet de meilleures progressions pour les enfants en difficulté.

Rester objectif

Tom, 6 ans, dit que sa maîtresse est méchante, qu’elle crie et qu’elle ne l’aime pas. Il faut examiner la situation avec une certaine distance en interrogeant l’enfant : "Que s’est-il passé ? Ah bon ! elle t’a mis une mauvaise note. Cela ne veut pas dire qu’elle ne t’aime pas. Tu n’as pas donné la réponse qu’elle attendait. C’est ton devoir qui n’est pas bien. Toi, tu es très bien", peut-on lui dire pour le réconforter.

S’il a été grondé parce qu’il parlait, rappelons-lui qu’en classe il est interdit de bavarder parce que les élèves ont besoin de calme pour se concentrer. Encourageons-le à être plus sage et à travailler davantage pour que sa maîtresse soit moins sévère.

Dans les petites classes (CP, CE1), la relation affective avec l’institutrice est très forte et le jeune élève attend des marques d’affection. Or les maîtres installent une certaine distance pour apprendre aux petits à devenir autonomes.

Essayer de rassurer l'enfant

Zoé, 7 ans, affirme que son maître ne s’intéresse qu’à ses chouchous. Le maître de Zoé n’est probablement pas parfait. "Il est possible qu’il préfère Noémie et Léo, mais qu’est-ce qui te fait penser cela ?" doit-on faire préciser à l’enfant. "Il est plus gentil avec eux, les interroge plus souvent, leur met de meilleures notes…" sera sans doute la réponse.

Nous pouvons alors encourager l’élève à devenir le chouchou (c’est encore bien vu dans les petites classes tant qu’on reste un bon camarade) en travaillant avec application. Même le maître le plus insensible ne reste pas de glace face à un élève qui fait des efforts pour progresser.

Nous pouvons aussi expliquer à l’enfant que lui non plus n’est pas ami avec tous les élèves de sa classe, qu’il a aussi ses préférés, et qu’au fond les adultes sont comme lui.

Quand l'enfant passe après son aîné

Lucas, 10 ans, est le jeune frère d’un élève qui a laissé de mauvais souvenirs. Cette réputation le précède : en voyant arriver le second de la fratrie, l’enseignant n’a pas pu s’empêcher de lâcher un bien peu pédagogique "ah ! la famille Untel, on vous connaît bien dans l’établissement…".

L’élève n’a pas d’autre solution pour casser l’a priori que de montrer qu’il est différent en ayant un comportement exemplaire et en donnant son maximum.

Les limites à ne pas dépasser

Martin, 12 ans, a été giflé par un enseignant à qui il avait mal répondu. À l’école, un certain nombre de règles doivent être respectées de part et d’autre. En giflant un élève, l’enseignant a franchi la ligne rouge. Les faits sont graves et nécessitent une réaction rapide.

Demandez au directeur de servir de médiateur et d’organiser un rendez-vous réunissant l’enfant, l’enseignant et l’un des parents. Il faut tenter de comprendre pourquoi l’adulte est sorti du cadre. Le but n’est pas de le faire condamner, mais de mettre en place un certain nombre de garanties pour empêcher que la situation ne se reproduise ou s’envenime.

Le bouc émissaire de la classe

Camille, 14 ans, est faible en maths, et son professeur l’humilie devant toute la classe… Le ressenti d’un enfant humilié ne peut pas être remis en question, quelle que soit la réalité des propos tenus par l’enseignant. Lui répondre : "Es-tu sûre qu’il t’a traitée de nulle et que ce n’est pas ton devoir qui était nul ?", c’est déjà mettre sa parole en doute.

Pour se faire une idée de la situation, il faut demander à Camille de décrire ce qui s’est passé : "Est-ce la première fois ? Dis-moi exactement ce qu’il a dit. Est-ce qu’il le dit aussi aux autres ?" Préciser la situation aide l’enfant à exprimer ses sentiments et le parent à déterminer si l’adulte a cherché à être humiliant.

Il est insupportable pour l’enfant de s’entendre dire : "Ce n’est pas trop grave", car, pour lui, ça l’est. Mieux vaut développer notre pensée : "Cela me fait de la peine que tu te sois sentie humiliée, mais ce n’est pas toi qu’il a traitée de nulle mais ta copie."

Prendre rendez-vous avec l’enseignant va permettre de mettre sur pied une stratégie de progression. Dites-lui : "Les résultats de ma fille me paraissent compromettre sa réussite dans la discipline, c’est pourquoi je viens vous voir." Et laissez-le vous donner des solutions avec des échéances de résultats précises.

Le look, l'identité des adolescents

Le look "gothique" de Marine, 16 ans, hérisse son professeur d’histoire-géo. Tant qu’elle respecte le règlement intérieur, Marine a le droit de s’habiller "gothique" pour aller en cours, mais elle devra assumer les conséquences d’une tenue qui la distingue des autres, car il sera difficile d’affirmer que son prof est plus sévère avec elle à cause de son look.