Étudier à l’étranger

Étudier à l’étranger
Le budget moyen pour un séjour de six mois à l’étranger est de 6 000 euros, d’après Campus France. - © fabioderby

Plus de 75 000 étudiants français tentent chaque année l’aventure, en grande partie grâce au dispositif Erasmus+, qui fête ses 30 ans. Mode d’emploi pour une expérience réussie.

S’il est un sujet sur lequel les étudiants sont unanimes, c’est bien celui-ci. « 95 % de ceux qui sont partis un temps à l’étranger se déclarent satisfaits de leur expérience à leur retour », souligne Didier Rayon, responsable des études à Campus France. Il serait dommage de s’en priver, d’autant que l’aventure est à portée de main, même pour les plus modestes.

Choisir sa destination

« La première motivation pour étudier à l’étranger, ce sont les langues, et d’abord l’anglais », explique Didier Rayon. Les pays anglophones, Royaume-Uni en tête, sont donc très prisés. Cela étant, d’autres pays européens, notamment scandinaves, proposent des cursus en anglais. Ainsi, Lise, 23 ans, étudiante en arts, est partie en Norvège dans une ville au bord d’un fjord, « entourée d’étudiants du monde entier, avec lesquels j’ai appris, tout en admirant les aurores boréales ». Partir en Europe, c’est plus simple, bien sûr. Nul besoin de visa. Et le programme Erasmus facilite grandement la mobilité étudiante. Rebaptisé Erasmus+ en 2014, il s’est élargi.

Outre les 28 pays de l’Union européenne, 
il donne accès à quelques pays frontaliers : Islande, Macédoine, Turquie... avec les mêmes avantages : pas de frais de scolarité, une aide financière et la reconnaissance des diplômes. Celle-ci est garantie par le système européen de « crédits » ECTS, qui permet de valider les unités d’enseignement acquises à travers tous les pays membres.

Plus loin, l’Amérique du Nord fait rêver, mais les frais de scolarité y sont exorbitants : une année à Harvard coûte
 43 000 euros ; à Berkeley, université pourtant publique, 37 000 euros... La meilleure solution consiste donc à intégrer d’abord une université ou une école française ayant noué un partenariat avec son homologue américaine, afin d’être dispensé des frais. Partir encore plus loin est plutôt recommandé aux étudiants assez matures (niveau master). « Après avoir déjà voyagé en Europe et en Amérique du Nord, je suis partie pour l’Inde parce que je voulais me lancer un défi et découvrir une culture vraiment différente », témoigne Marie-Cécile, 27 ans, diplômée d’une école de commerce nantaise. Pour les étudiants en commerce, un séjour en Asie est un bel atout sur le CV.

Déposer sa candidature

« Dans l’idéal, un projet d’études à l’étranger se prépare environ un an à l’avance, précise Graziana Boscato, directrice du Centre d’information et d’orientation de Strasbourg. Le premier réflexe doit être de contacter le service des relations internationales de son université ou de son école. C’est beaucoup plus facile que se débrouiller seul. » La plupart des établissements ont des accords avec des facultés à l’étranger. Le programme Erasmus+, ouvert aux étudiants à partir de la 2e année pour un séjour de trois à douze mois, est également géré par les établissements eux-mêmes. « Le dossier de candidature est à déposer dans sa fac. Il contient lettre de motivation, CV et bulletins scolaires », poursuit Graziana Boscato.

Les critères de sélection varient. Parfois, la motivation suffit. Au stade du master, les résultats scolaires sont déterminants. Sans être bilingue, il faut un niveau minimum pour suivre des cours dans une langue étrangère. Certaines universités anglophones imposent aux candidats de passer le TOEFL. Quand ce test précis n’est pas exigé, le certificat CLES (certification-cles.fr) est une alternative bon marché pour évaluer son niveau. Quel établissement pour quel cursus ? Vous pouvez consulter les classements universitaires mondiaux, dont le plus célèbre est le celui de Shanghaï (shanghairanking.com/fr). Si vous choisissez de postuler par vous-même, sachez que vous serez soumis aux mêmes obligations que les étudiants locaux pour le processus de sélection comme pour les frais de scolarité. Sans un très bon niveau de langue, autant passer son chemin. Un voyage préalable est parfois nécessaire pour passer tests et entretiens de sélection éventuels, dans la langue locale. Ensuite, « il vaut mieux rester le temps d’un cycle de diplôme complet – trois ans pour une licence – pour faire reconnaître son diplôme en rentrant en France », conseille Graziana Boscato.

À noter : hors de l’Union européenne, vous devrez faire une demande de visa étudiant auprès de l’ambassade du pays concerné, dès que l’établissement d’accueil vous aura fourni un document d’admission. Comptez en moyenne trois semaines pour établir un passeport, un rendez-vous à l’ambassade, etc.

Boucler son budget

Le budget moyen pour un séjour de six mois à l’étranger est de 6 000 euros, d’après Campus France. Mais il existe de fortes disparités. Commencez par évaluer le coût de la vie dans le pays choisi (voir tableau et numbeo.com), comme les frais de scolarité – nuls en Allemagne, très élevés au Royaume-Uni. Cherchez bien les informations par ville pour le logement. Vous paierez environ 30 % de moins à Berlin qu’à Munich, par exemple. Côté financement, tous les étudiants qui partent en Erasmus+ ont droit à la bourse européenne du même nom. Son montant varie entre 150 et 300 euros par mois selon la destination (jusqu’à 450 euros pour un stage). Les boursiers d’État peuvent décrocher une aide à la mobilité internationale attribuée sur dossier par leur établissement français (400 euros mensuels pendant deux à neuf mois).

Ces aides sont cumulables. Elles peuvent être complétées, le cas échéant, par une aide régionale. Et un petit job ? Dans l’Union européenne, c’est légal, comme au Royaume-Uni et aux États-Unis dans la limite de vingt heures par semaine, mais pas en Chine.