Étudiant : bourse, logement, prêt

Batch operation process

Souvent onéreuses, les formations supérieures se déroulent parfois loin du domicile parental. Comment financer les études de son enfant et choisir un logement en fonction de ses ressources ?

Les droits d'inscription s'élèvent à 184 € en première année à l'université. La scolarité est gratuite pour le jeune qui étudie en BTS ou en classes préparatoires aux grandes écoles dans un lycée public.

Pour peu que la formation soit dispensée loin du domicile familial, le bachelier doit se loger ailleurs que chez ses parents et prévoir ainsi un budget plus important pour payer un loyer et des frais de transport.

Des bourses universitaires sur critères sociaux

Les jeunes issus des milieux les plus modestes peuvent bénéficier d'une bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux. Celle-ci est attribuée en fonction de trois critères : les revenus du foyer fiscal, le nombre d’enfants à charge fiscale de la famille et l’éloignement du lieu d’études.

L'aide au mérite est réservée aux étudiants boursiers du ministère de l'Enseignement supérieur. Elle s’ajoute à la bourse sur critères sociaux. Seuls les étudiants qui ont bénéficié de l'aide au mérite en 2013-2014 peuvent la percevoir en 2014-2015.

Plus d'un étudiant sur deux reçoit de l'argent de ses parents

D'après l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE), plus de la moitié des étudiants déclarent percevoir un versement régulier ou irrégulier de la part de leurs parents, somme qui représente en moyenne 295 € par mois.

Obtenir une aide au logement

Distribuées par la caisse d'allocations familiales, deux allocations sont soumises à conditions de ressources (www.caf.fr). L'allocation de logement à caractère social (ALS) concerne les étudiants qui résident dans une chambre en résidence universitaire, un studio ou un appartement n'appartenant pas à un membre de leur famille. Le logement ne doit pas être conventionné par l'Etat.

L'aide personnalisée au logement (APL) s'adresse aux étudiants vivant dans un logement conventionné.

Pas de cumul possible avec les allocations familiales

Attention ! Lorsque l'étudiant perçoit l'ALS ou l'APL, ses parents ne reçoivent plus les allocations familiales pour lui. Aussi, il convient de faire un choix.

Trouver un logement étudiant

Plus des deux tiers des étudiants habitent hors du logement familial. Faute de place en résidences collectives, privées et publiques, les étudiants s'installent le plus souvent dans une location privée. 30 % jeunes ayant quitté le domicile familial déclarent à l'OVE avoir trouvé un logement "difficilement" ou "très difficilement".

Logements des Crous : priorité aux boursiers

Les Crous proposent environ 165 000 logements. La priorité est donnée aux boursiers. Les logements peuvent être situés dans des résidences universitaires traditionnelles (chambres et studios). Pour l'année universitaire 2014-2015, il faut compter environ 200 € par mois pour une chambre. Ce tarif ne tient pas compte de l'allocation de logement.

Les Crous offrent aussi des habitations situées dans des résidences étudiantes (studios, deux-pièces, trois-pièces). Chaque logement est équipé d'une kitchenette, d'une salle d'eau, d'un accès Internet et d'une prise téléphonique. Des services sont également proposés aux locataires : petit-déjeuner, laverie automatique, linge de maison, service de ménage…

Ces résidences conviennent mieux aux étudiants inscrits en première ou deuxième année d'enseignement supérieur. Grâce à leurs conditions de confort et de sécurité, elles rassurent les parents inquiets de voir leur enfant étudier loin de la maisonnée", explique Henri Bouvet, délégué général de l'Association interprofessionnelle des résidences étudiants et services.

Le montant du loyer varie selon la localisation. Pour un studio, il faut compter environ 400 € par mois.

Louer dans le privé

L'OVE estime à près de 35 % la part d'étudiants en location dans le secteur privé. L'offre de logements passe en grande majorité au travers d'agences immobilières.

Sur la France entière, les studios de 20 m2 se louent en moyenne 300 €.

Évidemment, il existe des disparités géographiques. La région parisienne arrive en tête, il faut y prévoir de débourser entre 400 et 700 € par mois. En régions, le loyer d'un studio de 20 m2 oscille entre 200 et 400 € par mois.

Impôts : rattaché fiscalement à ses parents

Même aidé par ses parents, un plus de 18 ans est appelé à déposer sa propre déclaration de revenus. Lorsque l'enfant étudiant reste à la charge de ses parents sur le plan fiscal, ces derniers conservent le bénéfice d'une demi-part fiscale (une part entière s'il s'agit d'un troisième enfant ou du seul enfant à charge d'une personne qui vit seule).

Les parents bénéficient également d'une réduction d'impôt de 183 € au titre des frais de scolarité. Autre avantage : si le nombre d'enfants à charge leur y donne droit, ils continuent de percevoir les allocations familiales jusqu'au vingtième anniversaire de l'enfant, sauf… si ce dernier perçoit parallèlement une aide au logement.

Les pensions alimentaires déductibles

Si le jeune a pris son indépendance fiscale, ses parents perdent les avantages cités précédemment. En revanche, ils peuvent déduire de leurs revenus imposables la pension alimentaire qu'ils lui versent dans la limite annuelle de 5 698 €. L'étudiant inscrit cette somme sur sa propre déclaration de revenus.

Les jeunes sont exonérés d'impôt sur le revenu... avec des limites

Les étudiants de moins de 26 ans (âge retenu au 1er janvier de l'année d'imposition) qui travaillent pour financer leurs études sont exonérés d'impôt sur le revenu sur leurs salaires dans la limite de 4 291 €. Cette mesure profite tant au jeune imposable à titre personnel qu'au foyer fiscal des parents s'il y reste rattaché.

Faut-il souscrire un prêt étudiant ?

L'étudiant pour qui le montant de la bourse ou le soutien familial se révèle insuffisant se tournera vers sa banque pour emprunter de quoi financer ses études. Elle lui proposera des prêts spécifiques. En général, les banques prêtent jusqu'à 30 000 €.

L'offre de crédit diffère selon les banques et le cursus choisis.

L'étudiant préparant un master se verra proposer un meilleur taux de crédit et un montant prêté plus élevé que son camarade qui entre en première année à l'université", prévient Marie-Anne Jacquot, juriste.

Caution parentale exigée

Pour faciliter les négociations avec la banque, le jeune a intérêt à se rendre dans l'agence de ses parents. Il peut aussi profiter des partenariats noués par son établissement d'enseignement supérieur. Dans tous les cas, la caution parentale lui sera demandée.

Les fonds prêtés peuvent être mis à la disposition de l'étudiant en une ou plusieurs fois. Un déblocage progressif constitue le meilleur moyen de s'assurer des revenus réguliers pendant la durée des études. Autre atout : le coût des intérêts est diminué.

Les deux étapes du prêt

Les formules proposées par les banques comprennent deux étapes. La première, d'une durée de deux à cinq ans, correspond aux études. C'est la période de franchise pendant laquelle le jeune a le choix entre deux solutions : soit il ne paie rien (hormis les primes d'assurance), soit il rembourse chaque mois l'assurance et les intérêts du prêt.

La seconde période commence en principe à la fin des études. Lorsque le jeune diplômé a trouvé du travail, il va être en mesure de rembourser totalement son crédit.

Remboursement possible au moins une année après la fin des études

Parfois, le contrat prévoit un remboursement une année au moins après la fin de la formation. L'ancien étudiant est ainsi dans une situation plus confortable. "Il a le temps de trouver du travail avant de commencer à rembourser le capital", précise Marie-Anne Jacquot.