Education : le projet d’Emmanuel Macron

Education : le projet d’Emmanuel Macron
Emmanuel Macron avant de prononcer son discours d’investiture, dimanche 14 mai à l’Elysée. - © François Mori – Pool New – Reuters

Le chef de l’Etat a fait plusieurs promesses sur cette thématique sensible.

Le nouveau président de la République, en fonctions depuis dimanche 15 mai, a consacré aux questions éducatives une large partie de son programme. Les syndicats d’enseignants expriment déjà leurs inquiétudes face aux engagements pris par Emmanuel Macron, qui a nommé mercredi Jean-Michel Blanquer ministre de l’Education nationale.

Plus de transparence dans l’attribution des places en crèche

Les mairies seront tenues de publier en ligne les conditions d’attribution des places en crèche. Les demandes des parents feront obligatoirement l’objet d’« un système de cotation », indique Emmanuel Macron dans son programme.

Les critères d’attribution des crèches seront orientés « vers des règles plus équitables ». Les financements nationaux des crèches seront modulés suivant l’importance accordée par la commune « aux critères sociaux ».

L’ancien candidat d’En marche ! promet de maintenir « un rythme élevé de création de places en crèche ».

Priorité à l’apprentissage des fondamentaux en maternelle et au primaire

Emmanuel Macron entend « donner la priorité à l’apprentissage des fondamentaux ‘‘lire, écrire, compter’’ dans le préscolaire, en maternelle et au primaire ».

L’application de ce principe passe par le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP+). Un projet que doivent porter 12 000 enseignants.

D’autres mesures sont envisagées :

  • élaboration de « bilans personnalisés » au début de chaque année scolaire, de la grande section de maternelle à la troisième, dans l’objectif que « les enseignants disposent d’une base fiable et utile pour mesurer les progrès de chaque élève, et qu’ils choisissent les meilleurs outils pour un enseignement adapté aux besoins de chacun » ;
  • développement « des supports numériques et des applications adaptées pour faire évoluer les pratiques pédagogiques » ;
  • création de stages de remise à niveau en fin d’été des élèves en difficulté à l’école élémentaire, menés par des enseignants volontaires, rétribués pour ce travail.

Renforcement de l’autonomie des établissements

Les chefs d’établissement et leurs équipes auront plus « de liberté dans l’élaboration de leur projet pédagogique, en contrepartie d’une responsabilisation accrue et d’une évaluation régulière ».

Possibilité pour les communes de revenir à la semaine de 4 jours

Les communes seront libres de revenir à la semaine de 4 jours en primaire et en maternelle, contre 4,5 jours actuellement.

Les municipalités « auront jusqu’en 2019 pour préciser leur choix », a expliqué l’équipe d’En marche ! au quotidien Le Parisien.

La réforme des rythmes scolaires a été mise en œuvre à partir de la rentrée 2013. Elle a abouti à l’instauration de temps périscolaires et à la réintroduction d’une demi-journée de classe supplémentaire (le mercredi ou, dans de rares cas, le samedi matin).

Renforcement de l’accompagnement et des dispositifs d’orientation au collège et au lycée

Dans le cadre du plan d’investissement de 50 milliards d’euros prévu pendant le quinquennat, le président de la République souhaite que soient formés « un million de jeunes sortis du système scolaire sans qualification ni activité ».

Les études dirigées vont rouvrir dans tous les établissements, réalisées par « les enseignants et des bénévoles ». Tous les étudiants devront exercer cette activité pendant un trimestre.

Comme à l’école élémentaire, des stages de remise à niveau seront destinés aux élèves en difficulté.

L’accompagnement des collégiens après la classe sera remis en place dans toute la France. Le dispositif avait été abandonné en 2015 (hors zones prioritaires).

Une meilleure information concernant l’orientation sera fournie aux collégiens et aux lycéens.

Développement de l’alternance

Considérée comme favorisant l’insertion professionnelle, l’alternance doit progresser durant le quinquennat.

Les périodes de pré-apprentissage et les filières en alternance dans tous les lycées professionnels seront développées.

Les branches professionnelles doivent être impliquées dans la définition des programmes et l’organisation des formations.

Les démarches des employeurs et des jeunes pour conclure des contrats en alternance seront facilitées.

Toutes les recettes de la taxe d’apprentissage nourriront son financement.

Réforme du baccalauréat

Le bac sera réformé : seules quatre matières obligatoires figureront à l’examen final, les autres seront évaluées en contrôle continu.

Rétablissement des parcours bilangues

Les parcours bilangues pourront être rétablis en 6e ainsi que, pour l’ensemble des classes des collègues, les parcours européens.

Recours à des jeunes en service civique

Des jeunes accomplissant leur service civique seront mobilisés en maternelle pour aider les professeurs, « particulièrement pour la maîtrise du langage ».

Amélioration de l’accompagnement des enseignants

Aucun enseignant ne sera plus affecté en zone prioritaire pendant ses trois premières années d’enseignement, sauf s’il fait un « choix motivé » en ce sens.

Les enseignants travaillant en REP+ seront mieux accompagnés. Ils recevront une prime annuelle supplémentaire de 3 000 € nets.

Les étudiants souhaitant devenir enseignants auront la possibilité de se former en alternance dès la licence.

Durant chaque année scolaire, tous les enseignants bénéficieront « d’au moins trois jours de formation continue ».

Plus grande ouverture de l’école aux parents

Emmanuel Macron l’a affirmé : « L’école sera plus ouverte aux parents, aux bénévoles et aux associations. »