Accompagner un enfant dyslexique

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5 % des enfants d'une tranche d'âge présentent des dérèglements spécifiques du langage. Un dépistage et une prise en charge précoces optimisent les chances de compenser ce handicap.

La particularité des troubles spécifiques du langage tient au fait qu'ils concernent des enfants ne présentant pas de déficience intellectuelle ni d'anomalie anatomique. Son origine est mal définie.

On a longtemps pensé que la dyslexie était liée à des désordres affectifs. Or il faut rester très nuancé sur son origine. Il est probable que plusieurs facteurs sont déterminants. Des recherches sont poursuivies sur les plans neurologique et génétique.

Soutenir l'enfant

À des degrés plus ou moins sévères, la dyslexie s'accompagne souvent de troubles durables : confusion entre droite et gauche, difficultés d'attention, problèmes de coordination des gestes, d'orientation dans l'espace et dans le temps (confusion entre passé, présent et futur).

D'où la nécessité d'accompagner les parents, de les déculpabiliser et d'assurer un soutien auprès des enfants pour rétablir leur propre estime. Ils tendent en effet à se dévaloriser après des échecs successifs.

Les signaux d'alerte

Certaines dyslexies sont précédées d'un retard de langage, ce qui doit amener les parents à demander une consultation avec un orthophoniste dès la maternelle.

Lors de l'apprentissage de la lecture, ils seront alertés si l'enfant peine à déchiffrer les sons complexes, s'il a des difficultés avec l'orthographe, des problèmes de mémoire immédiate, s'il ne parvient pas à assurer un bon découpage des mots et à acquérir un automatisme de la lecture après six mois d'apprentissage (quelle que soit la méthode utilisée), s'il accumule les inversions et les confusions de lettres ("b" et "d" par exemple), de syllabes ou de mots ("ne" et "en"…).

Etablir un bilan orthophonique

Les parents et/ou l'enseignant qui repèrent ces difficultés vont réclamer un bilan orthophonique. Il s'effectue chez un spécialiste ou dans le centre de référence hospitalier de la région, qui procède à un bilan global mais n'assure pas ensuite le traitement.

À l'occasion du bilan de santé du sixième anniversaire de l'enfant, le médecin scolaire peut également la détecter. Pour Sophie Servent, orthophoniste à Versailles, "on ne peut pas dire qu'un enfant est dyslexique avant la fin du CE1 ; il ne faut pas pour autant retarder une rééducation".

Intervenir au plus tôt

Plus les difficultés sont prises en charge tôt, mieux l'enfant peut ensuite acquérir des méthodes lui permettant de compenser son handicap. Car la dyslexie est reconnue comme un handicap, non comme une maladie. Les méthodes de compensation sont plus ou moins efficaces selon les difficultés de l'enfant et la prise en charge orthophonique.

Un suivi psychologique

À côté de la rééducation orthophonique, selon les cas, des séances de psychothérapie et/ou de psychomotricité sont souvent nécessaires. Les séances d'orthophonie en secteur libéral sont remboursées, sur prescription médicale, à 60 % par l'assurance-maladie (sur la base des tarifs conventionnels).

Les enfants plus sévèrement touchés peuvent être suivis dans un centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) ; les parents n'ont alors pas à faire d'avance de frais.

Adapter la scolarité

L'Éducation nationale préconise une scolarisation en milieu ordinaire, les établissements spécialisés étant réservés à des enfants sévèrement atteints et présentant plusieurs déficiences.

Une fois le diagnostic de dyslexie établi, un projet personnalisé de scolarisation est élaboré entre l'établissement et la famille, puis il fait l'objet d'un suivi durant les études primaires et secondaires. Le médecin scolaire peut proposer des aménagements pédagogiques. L'enseignant peut être aidé par des intervenants issus du réseau d'aide spécialisée.

Le rôle primordial de l'entourage

L'implication des parents reste primordiale, d'abord pour rassurer l'enfant et lui expliquer que, malgré ses difficultés, il est "le plus malin de la classe". Puis pour l'accompagner durant toute sa scolarité, l'encourager et l'assister dans son travail scolaire.

La dyslexie représente une lourde épreuve pour l'enfant et il convient de l'aider à la traverser le moins complexé possible. Car le chemin de la rééducation est long et, il faut le savoir, on ne se débarrasse jamais totalement de sa dyslexie.

Pour se faire aider

Apedys France (Association de parents d'enfants dyslexiques).

Sur son site, on trouve de nombreuses informations pratiques, notamment sur la Journée nationale de la dyslexie.

Coridys (Coordination des intervenants auprès de personnes souffrant de dysfonctionnements neuropsychologiques).

Renseignements sur les troubles du langage et liste des associations : www.coridys.asso.fr.

L'Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé).

La liste des centres de référence hospitaliers se trouve sur le site www.inpes.sante.fr.