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Naissance sous X : à la recherche de ses origines

Naissance sous X : à la recherche de ses origines


  • Actualisé le lundi 22 octobre 2007

Les femmes qui accouchent anonymement sont incitées, sous le sceau du secret, à laisser leur identité. Pour permettre à l'enfant devenu adulte de retrouver ses origines après accord de sa mère biologique.

Depuis le début des années 1990, le nombre d'enfants nés sous X - ceux dont la mère a décidé d'accoucher dans l'anonymat, les destinant de fait à l'adoption - est en diminution. De 780 en 1991, "il est passé à 500 cette année", note Marie-Christine Le Boursicot, ex-secrétaire générale du Conseil national d'accès aux origines personnelles (CNAOP).

On est loin des 10 000 cas annuels enregistrés dans les années 1960. Il n'empêche, au total ce sont environ 400 000 personnes qui sont potentiellement confrontées à la difficile recherche de leurs origines.

L'accouchement sous X est mieux encadré

Lors de l'accouchement, la mère peut demander que le secret de son identité soit préservé (article 341-1 du Code civil). Sensibilisés aux conséquences de cette réalité, les pouvoirs publics ont fait adopter, en 2002, un texte (loi n° 2002-93 du 22 janvier 2002) qui tente de concilier les vœux de la mère et les intérêts de l'enfant.

Tout en maintenant la possibilité pour les femmes qui le souhaitent d'accoucher anonymement, le texte a mis en place un dispositif d'accompagnement les incitant à laisser une trace à leur enfant.

Laisser des éléments d'identité

Il leur est ainsi proposé de communiquer des éléments de leur histoire, si ce n'est leur identité, sachant que ces informations seront tenues secrètes aussi longtemps qu'elles le souhaitent (même après leur décès si tel est leur vœu).

L'objectif est de donner aux enfants à la recherche de leurs origines la possibilité d'arriver à leurs fins si leur mère consent, au bout d'un certain temps, à lever le secret de son identité.

Un lieu d'accès aux origines

Si vous avez été adopté ou si vous avez la qualité de pupille de l'État et que vous souhaitiez connaître l'identité de vos parents de naissance, formulez une demande par écrit au Conseil national d'accès aux origines personnelles (CNAOP).

Précisez dans votre courrier le but de votre démarche, vos coordonnées, vos date et lieu de naissance, l'organisme qui vous a recueilli à la naissance, le tribunal qui a éventuellement prononcé l'adoption et, enfin, les recherches que vous avez déjà entreprises et leur résultat.

Le CNAOP mène l'enquête

Une fois qu'il est saisi, le CNAOP instruit votre demande. Dans un premier temps, il effectue des recherches au service départemental de l'aide sociale de votre lieu de naissance ou, le cas échéant, auprès de l'organisme privé d'adoption qui vous a recueilli enfant.

Si votre mère n'a pas accouché sous X ou si elle n'a pas demandé que l'on respecte le secret de son identité, vous pourrez accéder à votre dossier dans son intégralité et sans autre formalité. Dans le cas contraire, le CNAOP se charge de l'étudier pour vous.

Si votre mère (ou père) de naissance a déposé une déclaration expresse de levée de secret de son identité (de sa propre initiative, sans avoir été contacté par le CNAOP), son nom vous est communiqué sans délai.

Etablir le dialogue avec la mère

Si la levée du secret n'a pas été sollicitée ou si le dossier ne contient aucun élément identifiant vos parents de naissance, le CNAOP cherche à les contacter.

"C'est un fil que l'on tire petit à petit… Dans 55 % des cas, les dossiers aboutissent à l'identification de la mère. Le lien se fait par téléphone, on vérifie que la femme est seule et qu'elle peut s'exprimer librement, souligne Marie-Christine Le Boursicot. Après discussion, 53 % des femmes contactées acceptent de révéler leur identité."

Mais elles n'y sont pas tenues. Libre à elles de conserver leur anonymat. Le CNAOP s'engage alors à ne plus les contacter. Elles peuvent cependant revenir sur leur décision de leur propre initiative.

En cas de décès du parent

Si le parent de naissance identifié est décédé, le CNAOP peut communiquer son identité à l'enfant. Toutefois, si ce parent s'y était formellement opposé de son vivant, lors d'une précédente demande d'accès aux origines par le CNAOP par exemple, la communication des informations est impossible.

Faire des recherches individuelles

Le recours au CNAOP n'est toutefois pas obligatoire. Vous pouvez vous adresser directement au président du conseil général de votre département de recueil pour obtenir votre dossier.

Pour glaner d'éventuelles informations, pensez également à réclamer aux services administratifs concernés la copie intégrale (et non un extrait) de votre acte de naissance et votre dossier médical de naissance. En principe, leur communication ne peut vous être refusée.

Si tel était le cas, saisissez la Commission d'accès aux documents administratifs (Cada). Cet organisme rendra un avis sur vos chances d'obtenir ces documents et jouera le rôle de médiateur avec l'Administration.

Des associations pour les personnes nées sous X

Par ailleurs, des associations se sont créées afin d'accompagner les personnes nées sous X dans leurs recherches. N'hésitez pas à les contacter. Elles épaulent leurs adhérents et leur permettent de mettre en commun leurs expériences individuelles…

Vos réactions (3)

  • mercredi 19 décembre 2007 / elodie dubois

    Ne devrait-on pas supprimer l'accouchement sous X ?
  • lundi 11 février 2008 / Palazzi

    Je suis née sous X en 1952 et je trouve qu'il est tout à fait légitime de pouvoir connaître ses origines, savoir "d'où l'on vient". Pour moi ce n'est pas une priorité de retrouver la personne qui m'a mise au monde, car elle ne le souhaite peut-être pas, mais je voudrais connaître mes origines.
  • mercredi 26 mars 2008 / Auré

    Je suis seule malgrés les gens qui m'entourent , j'ai 30ans et je pleure toutes mes dates d'aniversaire , je n'ai pas de copain pas d'enfant , peur d'etre mere car je ne connais pas la mienne , tant que je ne saurai pas d'ou je viens je serai malheureuse , elle a guaché ma vie en ne me laissant pas de trace

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