Pour aller plus loin
Travail à distance : quelle vie de famille ?
- Actualisé le vendredi 30 novembre 2007
Gérer la vie familiale à distance nécessite d'avoir une bonne organisation matérielle et, plus encore, de prendre part à la vie quotidienne malgré l'éloignement.
Concilier carrière et vie familiale
Devenu courant, ce mode de vie suppose de pouvoir assumer les contraintes professionnelles sans pour autant sacrifier sa vie familiale.
C'est en ces termes que cette jeune femme, mère de deux enfants et cadre dans une grande entreprise, s'est posé la question : renoncer à une sérieuse avancée dans sa carrière ou faire l'expérience de la gestion de la vie de famille à distance ?
La question du lieu de résidence
"Aujourd'hui, nombre d'entreprises offrent à leurs salariés un accompagnement à la mobilité, avec prime d'installation ou aide à la recherche d'emploi pour le conjoint, précise Christelle Colbeaux, consultante en ressources humaines. Mais le choix du lieu de résidence relève indéniablement de la sphère privée."
Cette jeune cadre a donc fait le choix de passer la semaine hors de son domicile, avec le souci de ne pas désorganiser la vie de sa famille et de ne pas perdre certains avantages : écoles à proximité, environnement familial et amical dans la région, bonne situation professionnelle du conjoint.
Un contact quotidien avec ses proches
Pour ces "intermittents du foyer", aménager la séparation suppose un contact quotidien avec la famille. Les mails ou autres abonnements téléphoniques facilitent une relation au jour le jour.
Au cours des échanges au téléphone, "on fait le point de la journée", et beaucoup assurent parvenir à suivre les enfants à distance, à vérifier leur travail ou encore à donner des explications comme s'ils étaient présents.
Une organisation sans faille
Cette organisation suppose que le conjoint soit disponible et très coopératif pour assumer la charge de la famille au quotidien. Dans le cas contraire, la priorité est à l'organisation et à l'anticipation.
À l'exemple de cette mère de famille divorcée, que son travail de VRP oblige à parcourir les routes pendant la semaine. Elle affirme régler, avant de partir, les affaires courantes pour ses enfants, grands adolescents. Il lui arrive de passer commande au supermarché afin d'être plus disponible en rentrant, mais aussi de régler des urgences à distance.
Une condition toutefois à cet éloignement : un réseau d'amis et de voisins prêts à intervenir en cas de nécessité.
Se retrouver le temps du week-end
Pour celui qui revient, il s'agit d'être présent sans se laisser déborder par les préoccupations domestiques. "Sprint infernal", "course contre la montre", voilà ce dont témoignent des épouses et des mères qui, tourmentées par la culpabilité d'être absentes du foyer en semaine, se font un devoir d'assumer un maximum de tâches matérielles le week-end venu.
Il faut toutefois savoir ménager du temps pour le conjoint et les enfants, afin de profiter du plaisir d'être ensemble.
Pour certains "célibataires géographiques", la formule permet justement une plus grande disponibilité à la famille, une fois de retour à la maison. La liberté de travailler intensément, de prolonger les réunions tard le soir caractérise leur semaine, alors qu'ils goûtent pleinement leur tranquillité d'esprit le week-end.
Le couple à l'épreuve de la distance
Un point de vue discutable pour les conjoints qui se plaignent de la rareté des sorties en couple, d'un appauvrissement de la vie sociale et culturelle, celui qui rentre aspirant le plus souvent à passer un week-end en famille.
Culpabilité de celui qui part, solitude et attentes de l'autre, des sentiments qui ne font pas toujours bon ménage avec la vie de couple. "La capacité à supporter ce mode de vie est propre à chaque couple, note Christelle Colbeaux. Elle dépend de l'autonomie des conjoints, et bien souvent aussi de l'âge des enfants".
Un équilibre à trouver
Nombreux sont ceux qui affirment avoir trouvé leur équilibre dans cette relation à distance. Ce constat est celui de conjoints très investis dans leur travail mais qui savent se réserver des moments à deux, quitte à les prolonger quand c'est possible par des RTT.
Même si tous sont conscients de ne pas pouvoir soigner les petits bobos, ils estiment que l'essentiel est préservé, à condition d'y mettre de la bonne volonté et de concevoir de sérieux aménagements pour le bien-être de la famille. Une façon d'entériner le fait que la société a changé, et avec elle les modes de travail.
